France Dimanche > Actualités > Geneviève de Fontenay : Brisée par la mort d'une Miss France !

Actualités

Geneviève de Fontenay : Brisée par la mort d'une Miss France !

Publié le 4 septembre 2020

.photos:bestimage
© BESTIMAGE -

Geneviève de Fontenay pleure la disparition de Claudine Cassereau qui avait été sacrée reine de beauté en 1972 dans des conditions très particulières…

Des deuils qui laissent des traces indélébiles, Geneviève de Fontenay en a connus, perdant, à trois années d'intervalle, son compagnon, Louis Poirot, et leur fils aîné, Ludovic, qui s'est donné la mort en mars 1984, laissant sa maman inconsolable.


Bien qu'anéantie, elle s'est efforcée de rester digne se raccrochant à cette autre famille, fondée en 1954 par Louis et Guy Lévy, le comité Miss France. Pendant près de cinquante-six ans, elle s'est totalement investie dans cet illustre concours de beauté, qu'elle a dirigé avec son plus jeune fils Xavier, avant de créer, en 2010, sa propre élection, Miss Prestige Nationale, qu'elle présidera durant six ans.

Après toutes ces années passées à chaperonner les heureuses élues, elle a gardé pour toutes ces demoiselles pleines de grâce beaucoup d'affection. Alors forcément lorsque l'une d'entre elles manque à l'appel, c'est un peu comme si on lui arrachait le cœur.

À peine remise de la disparition de Gaëlle Voiry, élue reine de beauté en 1990, qui a trouvé tragiquement la mort le 28 septembre 2019, fauchée par une voiture lors d'une promenade à vélo, la présidente du comité Miss France doit aujourd'hui faire face à un nouveau drame.

Il y a quelques jours, en effet, Geneviève apprenait, abasourdie, la disparition de Claudine Cassereau, élue Miss France 1972. Ce 5 août, la douce Claudine, qui avait gardé la blondeur de sa jeunesse, a rendu, à l'âge de 66 ans, son dernier souffle à l'hôpital de Fréjus après avoir bataillé sans relâche contre une longue maladie.

L'on peut imaginer sans peine l'immense tristesse de Geneviève de Fontenay, qui, une nouvelle fois, affronte la perte de l'une de ses petites protégées. Pour la dame au chapeau, le choc doit être d'autant plus violent que Claudine avait hérité du titre de Miss France dans des conditions très particulières, ce qui lui valait de tenir dans son cœur une place à part. Et c'est sans doute avec beaucoup d'émotion que Geneviève repense à l'année de règne de Claudine qui fut pour le moins agitée.

Pour cette Miss pas comme les autres, tout commence en 1971. Forte du titre de Miss Poitou, elle pense avoir toutes ses chances au concours Miss France. Blonde comme les blés, elle est grande, élancée et pleine de charme. Mais, malgré ces indéniables atouts, c'est finalement Miss Paris, Chantal Bouvier de Lamotte, qui endosse l'écharpe tricolore lors de l'élection à Épernay le 31 décembre 1971. « Mais j'ai été élue Miss Élégance », avait tenu à préciser Claudine Cassereau, au journal La Nouvelle République.

Âgée tout juste de 18 ans, la jeune fille née à Loudun, dans la Vienne, où elle repose désormais, deviendra Miss France un peu plus tard, à la suite d'un incroyable concours, non de beauté cette fois, mais de circonstances. En effet, quelques semaines à peine après son élection, la gagnante, victime d'une mauvaise chute de cheval, est contrainte de démissionner. C'est donc sa première dauphine, Claudine, qui est officiellement sacrée durant le tirage au sort des quarts de finale de la Coupe de France 1972, qui a lieu au siège de la Fédération française de football.

Ce revirement de situation inédit fit à l'époque couler beaucoup d'encre. Et la jolie blonde, qui préparait alors un CAP de coiffure, ne s'y attendait pas ! Elle quitte sa campagne où ses parents dirigent une exploitation agricole, pour voyager aux quatre coins du monde. Sous la protection de Geneviève, la juvénile Claudine débute son périple à Estoril au Portugal pour le concours de Miss Europe où elle terminera à la sixième place.

Puis l'apprentie coiffeuse s'envole pour Porto Rico pour l'élection de Miss Univers. « Elle s'est déroulée sous haute tension, car les organisateurs redoutaient une tentative d'enlèvement de Miss Israël. C'était un peu plus d'un mois avant la prise d'otages tragique aux Jeux olympiques de Munich… 950 policiers étaient mobilisés pour assurer notre sécurité. Nous étions surveillées jusque dans nos chambres… » se souvenait-elle dans une interview récente. Puis, lors d'une escale à New York, Claudine, accompagnée de l'ambassadeur de France, est accueillie à l'ONU par le président Richard Nixon en personne ! Un moment unique qu'elle n'oubliera jamais.

Enfin, destination Londres, au Royaume-Uni, pour l'élection de Miss Monde qui se tient au Royal Albert Hall en décembre 1972. « Le prince Philip, mari de la reine d'Angleterre, était membre du jury », aimait à se souvenir Claudine. Y concourrait la sublime Lynda C a r t e r, qui était alors Miss Amérique. « Elle deviendra célèbre à la fin des années 70 dans la série télévisée Wonder Woman », précisait la Miss France 1972, pas peu fière de s'être mesurée à une telle beauté. Au cours de tous ces déplacements qui éblouissent cette jeune fille issue d'un milieu rural, Geneviève est toujours là, couvant d'un regard affectueux celle qui a su relever le défi de remplacer au pied lever, et sans en prendre ombrage, Chantal Bouvier de Lamotte qui avait pourtant obtenu les faveurs du jury.

Depuis, l'ancienne reine de beauté qui s'était tout d'abord lancée dans la restauration à Tours, s'adonnait, à Cogolin, dans le Var, à sa passion, la peinture. « J'ai commencé à dessiner dès l'âge de 8 ans. J'adorais peindre les chevaux et les célébrités », racontait cette maman de deux filles, grand-mère de trois petits-enfants.

Nul doute que les souvenirs partagés avec cette Miss si méritante hanteront encore longtemps la mémoire de Geneviève de Fontenay…

Valérie EDMOND

À découvrir