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Geneviève de Fontenay : Elle enguirlande le président !

Publié le 29 mars 2019

L’ex-patronne des miss Geneviève de Fontenay, toujours du côté des “Gilets jaunes”, ne se gêne pas pour tancer vertement son ami, Emmanuel Macron.

Elle et la langue de bois, certains diront, selon l’expression consacrée, ça fait deux ! C’est plutôt un bon début quand on a, comme le manifeste de plus en plus souvent Geneviève de Fontenay, l’intention de s’engager en politique et de faire changer les choses dans notre pays. L’ancienne présidente du Comité Miss France ne l’a jamais caché : elle a beau être l’une des personnalités du show-biz à avoir, dans son répertoire, le numéro de téléphone personnel d’Emanuel Macron, pas question pour cette femme sans concession de se taire si elle n’est pas d’accord avec ses réformes.

La dame à l’indémodable chapeau se targue même de pouvoir dire sans ambages au chef de l’État tout ce qu’elle pense de sa conduite, avec la même gouaille et le même vocabulaire que lorsqu’elle s’adresse à un voisin de palier, un journaliste ou à sa charcutière ! Avec Geneviève, pas de courbettes ni de lourde obséquiosité, les tirs sont directs et les piques font mouche, à chaque fois. « J’en ai connu, des présidents de la République, mais c’est le premier qui m’a donné son portable, vient-elle ainsi de confier au Journal du Centre. Son numéro n’a pas changé depuis son élection. Je lui parle régulièrement via des SMS. Je l’appelle Emmanuel. J’évoque avec lui tous les sujets d’actualité, comme la taxe d’habitation, la non-taxation des gens les plus riches… »


Une relation privilégiée, placée sous le signe de l’égalité et de la sincérité, qui ne date pas d’hier puisque la native de Longwy, dans l’est de la France, âgée de 86 ans, communique en toute franchise avec Emmanuel Macron depuis février 2017, du temps où il n’était encore qu’un simple candidat à l’élection présidentielle.

Une amitié sans faux-semblant qui, vous l’avez compris, permet à cette contestataire dans l’âme de faire certaines remontrances à la va-comme-je-te-pousse au fondateur de La République en marche (LREM). Ainsi qu’elle l’a confié dans les pages de notre confrère, elle l’accuse carrément d’avoir « une banque à la place du cœur » et regrette, cette fois dans nos colonnes, le soutien qu’elle a apporté à sa candidature, nous lançant avec amertume au téléphone : « Et dire que j’ai voté pour lui au second tour ! »

Et si l’élu du peuple se croyait assuré d’avoir une alliée en la personne de Madame de Fontenay, malgré son insatisfaction permanente et ses textos critiques, le moins qu’on puisse dire c’est qu’il s’est trompé d’adresse et devrait peut-être envisager sérieusement de changer son « 06 » !

Car celle qui a longtemps chaperonné les plus belles femmes de France s’écarte de plus en plus, non pas de sa ligne téléphonique, mais de sa ligne politique ! En témoigne sa prise de position en faveur des « gilets jaunes » : « C’est la seule opposition politique, cette France qui se soulève, a-t-elle en effet déclaré. C’est ma France, celle chantée par Jean Ferrat. Il ne faut pas résumer leurs actions à cette minorité de casseurs ou d’antisémites que je condamne fermement. » Et d’en profiter pour tancer vertement les dirigeants de tous bords qui en prennent eux aussi pour leur grade : « Il leur faudrait un leader. Les autres partis, on ne les entend plus. Pour le PS, le temps de Jaurès est bien loin… Mélenchon, c’est un tribun, mais il a scié la branche sur laquelle il était assis. » Tiens, prends ça, l’Insoumis !

Mais le coup de grâce de l’inénarrable octogénaire au caractère bien trempé reste sa décision de vouloir désormais s’engager réellement dans la conquête du pouvoir : « Il faudrait créer un nouveau parti politique, “Les démocrates républicains”, a-t-elle aussi avancé. Je suis prête à en prendre la présidence. » Une menace que cette énergique rebelle à la langue bien pendue est tout à fait capable de mettre à exécution 

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que cette ancienne esthéticienne évoque le désir de se lancer en politique. En 2002, elle avait soutenu la candidature d’Arlette Laguiller qui arborait les couleurs de Lutte ouvrière à la présidentielle. Plus récemment, celle qui avait soutenu la candidature de Ségolène Royal en 2007, puis de François Hollande en 2012, avait lancé, en 2018, une initiative avec l’ex-bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot – qu’elle n’appuie cependant pas politiquement – contre « la politique antisociale » d’Emmanuel Macron. Une alliance qui n’a pas duré… 

Si Geneviève venait à lancer son propre parti, lui serait-il moins aisé d’entretenir sa correspondance avec le chef de l’État ? C’est peu probable car il semble bien qu’entre la frondeuse Geneviève et le bienveillant Emmanuel, ce soit pour la vie : « Un jour, je lui ai proposé d’arrêter mes critiques, a encore raconté l’ex-mannequin. Il m’a dit : “Non, non, continuez !” » Nous voilà donc rassurés…

Clara MARGAUX

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