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Geneviève de Fontenay : “Sylvie Tellier m’a poignardée dans le dos !”

Publié le 25 décembre 2019

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© BESTIMAGE Geneviève de Fontenay

Alors que Sylvie Tellier a récemment émis l’idée d’avoir une miss transsexuelle au concours, Geneviève de Fontenay se dit formellement contre !

Difficile de parler du concours Miss France sans penser à celle qui l’a brillamment incarné jusqu’en 2010. Nombreux sont ceux qui estiment encore qu’elle l’incarne toujours autant. Même si Sylvie Tellier s’évertue aujourd’hui à poursuivre la mission du mieux possible.

La directrice générale de la société Miss France a récemment déclaré ne pas être opposée à l’éventualité de candidates transsexuelles. À quelques jours de la grande finale qui doit couronner notre future reine de beauté au Dôme de Marseille, nous sommes allés recueillir les réactions de Geneviève de Fontenay. Et force est de constater que la dame au chapeau est « remontée » plus que jamais !

France Dimanche : Avez-vous prévu de regarder l’élection Miss France à la télévision ?
Geneviève de Fontenay : Absolument, comme tous les ans ! Je remarque d’ailleurs au fil des éditions que ça n’a plus rien à voir avec ce que je faisais par le passé. Aujourd’hui, ça ressemble plus à une émission de variétés qu’à un concours de beauté. Et il n’y a plus du tout d’égalité entre les candidates. On présente les jeunes filles par groupes de dix, avec des chorégraphies et des styles vestimentaires différents. C’est ridicule ! Comment peut-on juger deux individus avec des critères complètement différents ? À mon époque, on évaluait les concurrentes avec un réel souci d’équité. Ce n’est devenu qu’un simple défilé de mode. Ce n’est plus le concours Miss France tel qu’il devrait être.

FD : Et cela vous chagrine toujours autant ?
G de F : Encore un peu même si, pour moi, la page est bel et bien tournée. Depuis mon départ de la société Miss France, j’ai, de mon côté, organisé pendant cinq ans d’autres élections, histoire de montrer à Endemol [propriétaire de la Société Miss France, ndlr] qu’il fallait encore compter avec Geneviève, que je pouvais continuer sans eux. Aujourd’hui, je suis fière d’être la marraine du comité des Reines de Cœur. Il s’agit d’une élection de jeunes filles de la France entière, qui mettent chacune en avant une œuvre caritative. La finale aura lieu le 18 janvier, à Montpellier, dans une ambiance bien plus saine.


FD : Vous sillonnez donc encore toujours autant les routes de France ?
G de F : J’essaie d’être présente un maximum aux élections régionales. Il me faut surtout la possibilité de faire l’aller-retour dans la journée, car je ne veux plus dormir à l’hôtel.

FD : Pensez-vous souvent au jour où vous ne serez plus ?
G de F : Pas vraiment, mais un peu quand même. Je suis plus près de la sortie que de l’entrée. Bien sûr tout peut s’arrêter d’une seconde à l’autre. On part de chez soi le matin, sans savoir dans quel état on rentrera le soir. Quoi qu’il en soit, ma place est déjà réservée dans un cimetière, bien loin de là où reposent toutes les vedettes. Je souhaite des obsèques en toute simplicité, sans cérémonie. Pour ma part, j’estime qu’une fois qu’on est dans la « caisse », on n’entend ni ne voit plus rien. Il y a peu, j’ai aussi eu la désagréable surprise de lire un article sur Internet déclarant ma mort, due à d’une embolie pulmonaire. Ça m’a au moins permis de constater qu’on parlera en bien de moi lorsque je partirai pour de bon. Il avait beau être complètement faux, cet article était élogieux ! [Rires]

FD : Où en sont vos relations avec Sylvie Tellier ?
G de F : Il y a en fait eu un amalgame entre Sylvie et Endemol avec qui ça s’est très mal passé, précisément avec Virginie Calmels [la présidente du groupe France entre 2007 et 2013, ndlr]. Donc, contrairement à ce que beaucoup ont pu penser, nous n’avons jamais été vraiment en guerre. Nous nous sommes vues à plusieurs reprises ces derniers temps, dans un climat très paisible. J’ai été aussi très touchée qu’elle m’ait envoyé un magnifique bouquet de roses pour la sainte Geneviève. Néanmoins le mois dernier, j’estime qu’elle a dépassé les bornes. Je suis très en colère. J’ai été très choquée qu’elle ne m’ait pas consultée, avant d’évoquer dans Le Parisien la possibilité d’avoir des candidates ayant changé de sexe. Pour moi, c’est terminé ! Comment peut-elle ainsi remettre en question ce qu’elle appelle avec beaucoup d’indélicatesse « le vieux règlement de Geneviève de Fontenay ». Elle semble avoir oublié que c’est grâce à ce « vieux règlement » qu’elle est arrivée là où elle est maintenant. J’en profite d’ailleurs pour rappeler qu’elle a décroché son titre de Miss France 2002 d’extrême justesse. Elle n’avait plus trop l’âge et n’avait pas la taille réglementaire. C’est aussi moi qui l’ai recommandée pour prendre le titre de directrice de la Société Miss France. Elle me doit donc tout !

FD : Que lui reprochez-vous exactement ?
G de F : Je ne comprends pas comment elle peut imaginer un seul instant accepter une Miss France transsexuelle. C’est absolument contre-nature, à l’opposé de cette institution qui date de 1920 ! Je me demande si Sylvie n’a pas pété un plomb ! C’est un véritable coup de poignard dans le dos qu’elle m’a donné. Ils ont osé changer « née de sexe féminin » à « être de sexe féminin ». L’image Miss France est en train d’être démolie. C’est une attaque, un désastre. Quoi qu’on en dise, les Miss France sont à jamais associées aux de Fontenay !

FD : Ne craignez-vous pas que vos relations se distendent à nouveau après de tels propos ?
G de F : J’assume complètement. Elle l’aura bien cherché. Je prends sa prise de position comme une provocation. Elle ne pouvait quand même pas imaginer que je serais d’accord avec elle. Ou alors il y a vraiment quelque chose qui cloche chez elle !

Philippe CALLEWAERT

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