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George Clooney : “Ma femme est plus populaire que moi !”

Publié le 17 juin 2015

  Dans “À la poursuite de demain”, George Clooney interprète un scientifique dépassé par les événements. Mais dans la vie, le flegmatique comédien ne s’avoue � dominé � que par son épouse Amal.Dans “À la poursuite de demain”, George Clooney interprète un scientifique dépassé par les événements. Mais dans la vie, le flegmatique comédien ne s’avoue � dominé � que par son épouse Amal.

Alors que de nombreux observateurs outre-Atlantique verraient bien un jour George Clooney endosser le costume de président des États-Unis, la star nous a parlé d’amour, de politique et de cinéma, avec l’humour et le sens de l’autodérision qui la caractérisent.

France Dimanche (F.D.) : Comment avez-vous atterri dans À la poursuite de demain, le film de science-fiction de Disney ?

George Clooney (G.C.) : Brad Bird et Damon Lindelof [le réalisateur et le scénariste, ndlr] sont venus me voir en me confiant qu’ils avaient écrit un rôle pour moi. Je les remercie, commence à lire le scénario et tombe sur la description de mon personnage : « Has been de 55 ans aux cheveux poivre et sel ! » [rires] Lorsque j’avais 30 ans, je faisais des films dans lesquels je mettais les méchants hors d’état de nuire. Maintenant, je suis devenu le gars qui râle et pleurniche !

F.D. : Tout le monde affirme que vous feriez un bon président des États-Unis…

G.C. : Non ! La politique, c’est un métier. Ça ne s’improvise pas ! Ma seule ambition est de me servir de ma notoriété pour faire passer certains messages. Avec Amal, nous parlons beaucoup de la Syrie, dont la situation nous inquiète énormément. Quant à régler ces problèmes en tant que président, je m’en sens incapable. Et puis, qui voudrait d’un type comme moi ? J’ai fumé des pétards quand j’étais plus jeune et j’ai un gros penchant pour la tequila !

F.D. : On dit votre épouse particulièrement intelligente…

G.C. : Elle l’est bien plus que moi ! Il faut dire que ce n’est pas difficile. Je suis un saltimbanque. Amal, elle, gère des dossiers importants. Elle enseigne le droit international à l’université de Columbia. Je suis fier d’elle. Elle m’épate tous les jours ! Depuis que nous sommes ensemble, je ne vous raconte pas comme je suis heureux. C’est une perle rare ! J’adore lui préparer de bons petits plats pendant qu’elle travaille ses dossiers.

F.D. : Est-il vrai que vous avez frôlé la mort lors d’un séjour en Afrique ?

G.C. : Absolument ! Je venais juste d’être élu « messager de la paix » pour l’Onu ! Nous avions franchi sans encombre des postes de contrôle dans le Soudan du Sud quand des gosses de 14 ans, armés de kalachnikovs et de machettes bien tranchantes, ont arrêté notre véhicule. Je peux vous assurer que je n’en menais pas large lorsqu’ils nous ont menacés, mis en joue et ont volé tout ce qu’il y avait dans notre Jeep. Heureusement, nous avions bien planqué nos cassettes vidéo ! Ce genre de braquage est fréquent dans la région. Je ne pense pas qu’ils me connaissaient. Ils n’ont pas la télé là-bas. C’est peut-être ce qui m’a sauvé !

F.D. : Beaucoup de couples divorcent aujourd’hui. Pour quelles raisons ?

G.C. : Je l’ignore. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il y a aussi des ménages qui traversent les épreuves du temps ! Mes parents par exemple ! Mon père était maître de cérémonie du concours de Miss Kentucky lorsqu’il a rencontré ma mère. Elle était alors l’une des dauphines. Au premier rendez-vous galant, mon père – qui n’a jamais perdu le nord – lui a demandé sa main. Et ils sont toujours ensemble aujourd’hui. Comme quoi, le mariage ça peut aussi marcher et durer !

F.D. : Vous rappelez-vous de vos premiers pas au cinéma ?

G.C. : Quand je courais les castings, je me souviens que l’un de mes potes m’avait hébergé pendant des mois parce que je n’avais pas de quoi payer un loyer. Un autre copain a réglé le photographe qui m’avait tiré le portrait, car sans press-book pas de casting ! Ce que j’appréciais aussi chez mes amis, c’était leur franchise. Ils n’ont jamais été du genre à me dire : « George, dans ce rôle tu es vraiment brillant », alors que je savais que le film et ma prestation étaient mauvais. Pour Batman et Robin, par exemple, ils ne m’ont pas caché que mon jeu était franchement nul, et que le slip moulant de la chauve-souris me faisait passer pour un membre des Village People !

F.D. : Avez-vous conservé le costume de Batman ?

G.C. : Surtout pas ! J’ai appris un truc en tournant ce film, c’est de ne jamais plus porter un costume en latex avec des tétons dessinés dessus !

F.D. : Comment vivez-vous la célébrité ?
G.C. : C’est gratifiant, mais aussi très contraignant. Je ne peux jamais être de mauvaise humeur. Il y aura toujours un gosse de 7 ans pour me demander un autographe et il ne comprendrait pas pourquoi je lui aboie dessus. La notoriété, c’est aussi chasser les paparazzis avec un jet d’eau lorsqu’ils rôdent dans votre jardin, et maudire le journaliste qui vous descend en flammes alors qu’il n’a peut-être même pas vu votre film !

George Clooney afficheF.D. : Vous avez déclaré qu’exercer le métier d’acteur est à la portée de n’importe qui… Était-ce une blague ?

G.C. : Tout le monde peut faire ce job. Il suffit d’avoir un peu mémoire et de ne pas renverser son verre de vin rouge sur la chemise d’un producteur influent. Je suis acteur parce que je suis moins mauvais là qu’ailleurs…

F.D. : Avez-vous déjà songé à faire de la chirurgie esthétique ?

G.C. : Pourquoi ? Vous trouvez que je devrais me faire tirer la peau ? Paraître plus jeune, je m’en fiche ! Être plus jeune, en revanche, je ne dirais pas non. Si mes rotules avaient dix ans de moins, je pourrais sauter plus haut et mettre plus de paniers au basket. Mais bon, je suis très heureux comme je suis !

F.D. : Mais pourriez-vous, un jour, recourir au bistouri ?

G.C. : À Hollywood, je sais qu’il y a des tas de types qui passent entre les mains des chirurgiens. Je trouve ça inutile. Je vous explique : nous, les gars, nous prenons du ventre avec l’âge, c’est comme ça ! Quant à nos rides, elles sont plus prononcées que celles des femmes. En plus de ça, il nous arrive de perdre nos cheveux, voire de devenir complètement chauves. Pourtant, la majorité des hommes se fichent de leur propre apparence ! Ils sont fatalistes. Résignés. Alors qu’une femme, c’est différent, il faut toujours qu’elle se distingue, qu’elle se fasse remarquer. J’en connais qui ont 65 ans et font appel à la chirurgie pour en paraître 20. Pourtant, elles font toujours leur âge. Et vous savez pourquoi ? Parce que la jeunesse est une attitude que le plus doué des as du bistouri ne pourra jamais récréer. Martin Scorsese déclarait récemment que le Botox allait bientôt tuer Hollywood parce qu’à force de se faire injecter ce produit, les acteurs et actrices figeaient les expressions de leur visage. Il a raison. J’ajoute qu’au rythme où vont les choses, ceux qui ont recours à cette cure de rajeunissement bien éphémère risquent de tous avoir la même gueule ! [rires] C’est ce que j’appellerais du clonage volontaire ! Mais bon, chacun fait ce qu’il veut. Je ne juge personne !

F.D. : Votre épouse fait la une des magazines féminins. On loue son élégance, mais pas la vôtre. Pourquoi ?

G.C. : Pendant des années, j’ai porté le même smoking et les mêmes chaussures. Je les ressortais à chaque occasion importante. Et chaque année, on me déclarait « acteur le mieux fringué ». C’est injuste parce qu’une femme qui oserait porter la même tenue deux fois de suite risquerait de se faire lyncher ! Pour les hommes, il n’y a pas de mystère. Il suffit d’être « classique » pour ne lasser personne. N’importe quel débile sait qu’on ne met pas du bleu marine avec du noir ou des pantalons à rayures avec une veste à pois. Question de bon sens. Cela dit, il m’est arrivé de me planter. Il ne faut pas m’en vouloir, je viens du Kentucky, le pays du mauvais goût. Durant mon adolescence, ma mère m’habillait avec les vêtements qu’elle me fabriquait avec sa machine à coudre. Je me revois aussi mettre les anciens costards et les vieilles chemises de mon père. Années 70, col pelle à tarte, pantalon pattes d’éléphant et couleurs criardes pour bien se faire remarquer. C’est à cette époque-là que j’ai appris à couper les cols ! Histoire de ne pas être trop ridicule… Ce que je regrette aujourd’hui, c’est de ne pas avoir eu l’idée de couper mes cheveux plus tôt. Je les avais jusqu’aux épaules. Le gros avantage, c’est que personne ne me reconnaissait de dos. L’inconvénient, c’est qu’il existe encore sur le marché des photos de moi avec cette gueule de beatnik !

F.D. : Comment s’écoulent vos journées en Italie, dans votre maison du lac de Côme ?

G.C. : La première semaine, je dors ! Je recharge les batteries. Une fois que j’ai bien récupéré, je prends un bateau et je me fais une mégavirée dans les plus grands restaurants qui bordent le lac. Et là, je me régale !

F.D. : Et on vous laisse tranquille ?

G.C. : J’ai trouvé une nouvelle technique pour éviter d’être importuné par des chasseurs d’autographes ou des touristes curieux. Je compte d’ailleurs la faire breveter [rires]. Elle consiste à jouer les sourds à chaque fois que j’entends : « Hey ! George ! » C’est très efficace. Ma seule inquiétude, c’est qu’on se mette désormais à me siffler. Remarquez, depuis que je suis marié, je constate que ma femme est plus populaire que moi !

Frank Rousseau

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