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Georges Pernoud : Victime d’une mutinerie

Publié le 4 juillet 2015

    Depuis quatre décennies, Georges Pernoud est aux commandes de Thalassa. Un anniversaire gâché par la révolte de son équipe…  Depuis quatre décennies, Georges Pernoud est aux commandes de Thalassa. Un anniversaire gâché par la révolte de son équipe…Depuis quatre décennies, Georges Pernoud est aux commandes de Thalassa. Un anniversaire gâché par la révolte de son équipe…

Cela fera quarante ans cette année qu’il tient fermement la barre d’une émission phare (au propre comme au figuré) de France 3. Quatre décennies que Georges Pernoud, 68 ans, vieux loup de mer cathodique, présente Thalassa, qui, tous les vendredis soir à 20 h 50, nous emmène bourlinguer de port en port à travers les sept mers.

Un succès au long cours, malgré une baisse sensible des audiences au fil du temps (passées de 24 % à la fin du siècle dernier à 8 % aujourd’hui). Et, jusqu’à présent, aucun de ses marins n’avait osé contester l’autorité du seul maître à bord, après Dieu, de ce navire amiral de la télévision publique.
Mais, selon un article publié sur le site Médiapart, cette époque est désormais révolue, et au calme plat vient de succéder la tempête. Pire encore, c’est à une véritable mutinerie que doit faire face un skipper de plus en plus contesté par son équipage !

Treize des quinze reporters de l’émission ont approuvé le texte de la société des journalistes de Thalassa dénonçant l’immobilisme, l’absence de ligne éditoriale et le sous-emploi des effectifs (avec 35 % de production en interne). L’un des journalistes s’est même, sous couvert d’anonymat, attaqué à son patron en des termes peu amènes : « Georges s’accroche comme une bernique à son rocher, il craint de disparaître de l’antenne. Il fera tout pour rester. »

Cyclone

Traité de vulgaire mollusque, l’intéressé était d’humeur orageuse à l’heure de répondre à cette pique douloureuse : « Quelques journalistes se prennent pour des auteurs, a affirmé Georges Pernoud, toujours d’après Médiapart. Mais j’ai des dossiers sur eux. Certains, du temps qu’aucune prérogative financière ne leur était accordée, ponctionnaient sans vergogne les droits qui allaient aux seuls cameramen. » Ambiance !

Il est loin le temps où tout ce beau monde lavait son linge sale en famille ! Georges Pernoud n’est certes pas le seul à subir les foudres d’une rédaction en colère. La direction de la chaîne, accusée de délaisser les sujets abordant les questions sociales et environnementales, est aussi dans l’œil du cyclone.

On lui reproche d’avoir commandité un audit à la société Think Out, qui, entre autres conclusions, recommande « d’éviter les personnages antipathiques qui ne donnent pas envie de voyager. » La rédactrice en chef de Thalassa, Laurence Bobillier, n’est guère mieux perçue.

Elle pousserait les employés vers la sortie en lâchant des sentences sonnant comme des verdicts : « Si vous ne vous sentez plus fier de cette émission, vous savez ce qui vous reste à faire […] Aux plus vieux, on donnera de l’argent et ils partiront. »

Mais c’est cependant Georges Pernoud, celui qui a permis à tant de téléspectateurs de larguer les amarres sans quitter leur fauteuil, qui vit le plus mal cette situation. « Certains ne me disent plus bonjour. Ils se plaignent de quoi ? Je ne savais pas que je les frappais. »

Souhaitons à Georges Pernoud de rétablir le dialogue avec son équipage, pour ne pas se retrouver le héros malgré lui d’un mauvais remake des Révoltés du Bounty. Il serait vraiment dommage qu’une aussi belle aventure se termine par un naufrage !

Claude Leblanc

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