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Gérard Depardieu : D’effroyables révélations !

Publié le 26 octobre 2014

Dans son autobiographie, “Ça s’est fait comme ça”, l’acteur raconte de telles horreurs à propos de son enfance qu’on se demande s’il a vraiment vécu et commis toutes ces atrocités…

Parfois, on se demande pourquoi personne n’a encore eu l’idée d’apposer sur la couverture des livres, comme on le fait pour les films, une petite pastille qui indiquerait que certains sont vivement déconseillés aux enfants de moins de 10, 12 ou 16 ans ! Si ce système existait, l’autobiographie de Gérard Depardieu, Ça s’est fait comme ça, que vient de publier XO Éditions, aurait immanquablement écopé d’une interdiction aux mineurs et aurait été vendue aux adultes sous Cellophane hermétique.

Si le livre est léger (plus de 150 pages écrites en gros caractères et avec beaucoup de « blanc »), il « balance du lourd », comme on dit. Lorsqu’il parle de son enfance et de son adolescence, Gérard atteint même des sommets dans le crapoteux : à côté de la famille Depardieu, les Groseille de La vie est un long fleuve tranquille passeraient facilement pour des aristocrates raffinés.

L’acteur des Valseuses se vautre avec une telle obstination dans la fange de ses souvenirs qu’on en vient rapidement à se poser la question cruciale : que sommes-nous en train de lire ? Une véritable autobiographie, comme annoncé sur la couverture du livre, où tout est scrupuleusement exact ? Ou, au contraire, une sorte de nouvelle provocation, qui correspondrait assez bien aux manières du personnage ?

Évidemment, on n’en saura rien. Mais, tout au long de notre lecture, la question « Est-ce vrai ? » revient sans cesse faire écran entre nous et le récit halluciné qui s’étale sous nos yeux.

Depardieu livreGlauque

Est-ce vrai que, dès l’âge de 3 ans, le petit Gérard, troisième de la fratrie Depardieu, s’est entendu raconter par sa mère Alice, dite « La Lilette », comment elle avait tenté d’avorter de lui à coups d’aiguille à tricoter ? Une mère peut-elle pousser la cruauté inconsciente jusqu’à ce point ? Si cela est vrai, c’est assez monstrueux. Mais, à tout prendre, pas plus que la suite, telle que nous l’assène l’auteur dix pages plus loin. Attention, les âmes sensibles sont priées de passer directement au paragraphe d’après.

Car toujours à propos de sa mère, Gérard Depardieu écrit : « […] Puis la voilà de nouveau enceinte. J’ai 7 ans lorsque Catherine pointe son nez en 1955, et c’est moi qui la mets au monde. Le Dédé [René Depardieu, le père, ndlr] est sorti se bourrer la gueule et la sage-femme est bien contente de me trouver là.

Je fais chauffer des bassines d’eau, j’apporte des serviettes, quand la dame crie à La Lilette de pousser fort, j’ajoute ma voix à la sienne : “Vas-y maman, pousse ! Pousse !” Quand la petite tête apparaît, je fais comme dit la femme, je tire avec elle […]. C’est encore moi qui coupe le cordon, et puis elle me la fourre dans les bras. […]. Et puis ensuite on a tout le liquide qui descend, du sang, beaucoup de sang, un autre truc jaunâtre, une espèce de peau… »

Après cette scène éprouvante, Depardieu explique qu’il a de nouveau « été d’accouchement » pour ses frères Éric et Franck. Pour ce dernier, on franchit un nouveau cran dans le glauque. «Mais cette fois, La Lilette nous fait une descente d’organes. Là, tu ne vas pas t’amuser à trier, hein, tu remets le tout bien à l’intérieur comme tu peux, tu mets une couche bien serrée et ça se remet en place petit à petit. »

Vous êtes choqués ? Gérard vous assure qu’il n’y a pas de quoi, que ce n’est pas plus terrible d’accoucher sa propre mère que « d’égorger un mouton »… Du coup, on se dit que si tout ce qu’il raconte de son enfance est vrai, le futur grand acteur a des excuses d’avoir mal tourné au moment de son adolescence. Mais on ignorait jusqu’où il était tombé. Et, là encore, on se demande s’il dit la vérité ou s’il se moque ouvertement de nous. Par exemple, lorsqu’il raconte ses équipées nocturnes avec un certain Morille, dont la spécialité est de… dépouiller les morts !

Depardieu« Il suit les enterrements des familles bourgeoises de Châteauroux et, la nuit suivante, avant que la pierre soit posée, il retourne au cimetière, déterre le cercueil, soulève le couvercle et embarque tout ce qu’on a laissé de précieux sur le macchabée, les bagues, les broches, les souliers… Un type beaucoup plus âgé que moi qui me demande à l’occasion de l’aider. Et je l’aide bien sûr […]. »

Des « services » à des messieurs plus âgés que lui, Gérard Depardieu en rend d’autres, à peu près à la même époque. Ces services sont d’un genre différent, mais tout aussi choquants : « Que je plais aux homosexuels, je l’ai su très jeune, à 10, 12 ans, quand des types qui me prenaient en stop me proposaient de me sucer la b… et que je leur réclamais du pognon. »

Vous criez « pouce » ? Vous n’en pouvez plus des anecdotes de ce genre ? Le problème, voyez-vous, c’est que vous n’en trouverez à peu près pas d’autres, dans ces maigres 171 pages. Vous n’apprendrez rien de neuf sur les gens qu’a pu connaître Depardieu, des femmes qu’il a aimées, de ses enfants, des nombreuses stars que sa prodigieuse carrière l’a amené à rencontrer, aussi bien à Hollywood qu’en France.

À la place, un échantillon de considérations filandreuses sur la vie, le destin, la mort, etc., balancées sans aucun souci d’ordre, à la va-comme-je-te-pousse.

Une conclusion ? Elle sera brève : à grand acteur inoubliable, tout petit livre très oubliable.

Pierre-Marie Elstir

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