France Dimanche > Actualités > Gérard Filippelli : C'était un drôle de charlot !

Actualités

Gérard Filippelli : C'était un drôle de charlot !

Publié le 8 mai 2021

.photos:bestimage
© BESTIMAGE -

Après Gérard Rinaldi, disparu en 2012, c'est Gérard Filippelli, le deuxième membre de cette bande de joyeux drilles qui a tiré sa révérence à 78 ans. Retour sur une fabuleuse épopée…

C'est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris la disparition, le 30 mars dernier, de Gérard Filippelli, à l'âge de 78 ans… Après Gérard Rinaldi, emporté par un lymphome le 2 mars 2012, c'est le deuxième membre des Charlots qui tire sa révérence…


Ces gamins facétieux s'étaient rencontrés à la fin des années 60 et ont commencé par accompagner Antoine en concert et en studio. Au début de leur carrière, « Phil », Luis Rego, Gérard Rinaldi, Jean Sarrus et Jean-Guy Fechner s'appelaient Les Problèmes, un nom qui leur allait comme un gant ! Car, des problèmes, ils n'allaient pas tarder à en avoir !

En 1966, le groupe de musiciens, qui s'appelle encore Les Problèmes et qui va prendre le nom de Charlots, accompagne Antoine.

Ces cinq garçons, qui se sont aussi produits en première partie de Françoise Hardy, Johnny Hallyday ou encore Claude François, se sont trouvés en plein cœur d'une guerre d'ego entre l'interprète des Élucubrations et celui de l'Idole des jeunes, une joute qui aurait pu tourner au vinaigre ! En effet, le premier chantait « Johnny Hallyday en cage à Medrano », ce à quoi l'autre rétorquait Cheveux longs idées courtes, et les cinq musiciens, loin de prendre parti pour l'un des deux, avaient décidé de prendre la route avec le rocker pour l'accompagner en tournée.

Ce manque de loyauté n'a pas vraiment plu au public : « Quand on était en concert avec Johnny, ses fans nous agressaient, on était obligés de se payer des gardes du corps, a raconté Jean Sarrus dans l'émission Micro miroir sur Melody. TV. Dans les arènes, l'été, on recevait des bouteilles, des tomates, ils venaient pour nous tondre, ils brandissaient des ciseaux géants. Pour aller des loges aux voitures, les policiers faisaient un cordon de sécurité pour nous escorter, et on passait accroupis. »

Après une rixe à Anghione, en Corse, où tous ses membres sont plus ou moins blessés, le quintet échevelé change de nom et continue, malgré tout, son petit bonhomme de chemin, se payant même le luxe de faire la première partie des Rolling Stones ! Un incroyable tremplin vers la gloire qui aurait dû remplir de fierté ces irrésistibles joyeux drilles : « On était insouciants, on jouait et on était contents, s'est souvenu Sarrus. Partir avec les Stones, c'est comme si on nous avait dit qu'on partait avec Rika Zaraï ! »

D'ailleurs, non seulement ils ne sont pas impressionnés par la popularité des Britanniques mais, en plus, ils vont jusqu'à interpréter à leur sauce Satisfaction, l'un des plus grands tubes du groupe de Mick Jagger, juste avant l'entrée en scène des rivaux des Beatles. Un faux pas que Sir Mick n'a pas trop mal pris, même s'il a fini par leur fixer des limites : « Je m'engage à ne jamais chanter Paulette, et en contrepartie, vous arrêtez de chanter Satisfaction ! », leur avait dit la star.

C'est à peu près à la même époque, à la fin des années 70 que les cinq garçons se lancent dans des parodies de chansons connues. Chagrin d'amour vire au Chagrin d'labour, Les Play-Boys de Jacques Dutronc deviennent sous leur plume chatouilleuse Les Plaies bois, et tandis qu'ils s'adonnent à un répertoire plus grivois, le cinéma leur tend les bras avec notamment la saga des Bidasses en folie, dont le premier film a été réalisé par Claude Zidi. Mais la bande de galopins ne va pas tarder à se séparer.

Après Luis Rego parti en 1971, et un détour par la télé où, en 1985, le groupe présente Demain c'est dimanche durant quelques mois sur Antenne 2, c'est Gérard Rinaldi en 1986 qui s'éclipse.

Le beau brun à la voix grave se lance alors dans le doublage et se voit offrir le rôle de Marc dans la série télévisée Marc et Sophie. Les Charlots, représentés aujourd'hui par Jean Sarrus, Jean-Guy Fechner et Richard Bonnot, se sont plusieurs fois reformés au fil des années, participant à quelques festivals.

Les trois anciens interprètes de Neurochimie mon amour et Merci patron préparent, paraît-il, un album inédit et une pièce de théâtre… Une bonne nouvelle qui pourrait nous donner envie de lever le coude en clamant « Vive l'apérobic » !

Clara MARGAUX

À découvrir