France Dimanche > Actualités > Gérard Lenorman : “J’ai coupé les ponts définitivement avec ma mère”

Actualités

Gérard Lenorman : “J’ai coupé les ponts définitivement avec ma mère”

Publié le 14 octobre 2021

.photos:bestimage
© BESTIMAGE -

Dans un entretien bouleversant, Gérard Lenorman s’est confié avec émotion sur son enfance chaotique, meurtrie par la solitude et par une mère glaciale.

Gérard Lenorman l’avoue, il a été un enfant malheureux. Dans un nouvel album intitulé “Le goût du bonheur”, il livre en musique ses confidences sur cette période de sa vie, mêlée de tristesse et d’abandon.


Parmi les titres, Serge Lama signe “Maman”, un texte autobiographique pour Gérard Lenorman. À ce propos, il confie : "J'ai osé oui... Je n'ai jamais prononcé le mot "maman" pour m'adresser à ma mère... ce n'était pas évident. Ce n'est pas une question d'âge, même si elle n'avait que 16 ans à ma naissance. C'est surtout une question de psychologie et d'un manque terrible d'amour."

Il est vrai que, de sa mère, Gérard n’en garde que le souvenir d’une personne froide, qui n’était que rarement à la maison, et pour qui son fils représentait un poids : “Je suis toujours tout seul à la maison jusqu’à l’âge de 9-10 ans. Ma mère travaille ici et là, elle change souvent de boulot. Il n’y a pas de musique chez nous, elle est contre. Elle est contre tout ce qui me concerne, d’ailleurs. Je suis son problème. Dans le fond, je suis un enfant encombrant, si l’on peut dire. Mais je vis avec.”

À cette époque, le chanteur ne connaît que deux bonheurs : la chanson et sa grand-mère Augustine. C’est elle qui le soutiendra envers et contre tous, inlassablement, chaque été. Un sacré personnage qui a grandement contribué à l’épanouissement de ce petit garçon : “Mon premier public a été ma grand-mère quand je vais chez elle à Turqueville dans la Manche. Heureusement qu’il y a ces trois mois de vacances et de bonheur ! Là-bas, je suis l’enfant du pays, le petit-fils d’Augustine Lenorman. C’était quelqu’un ma grand-mère ! Elle faisait tout dans le village : infirmière, sage-femme… Elle était belle, je l’adorais.”

En grandissant, Gérard s’accroche tant bien que mal à l’espoir d’un peu d’affection de la part de sa mère, jusqu’au jour où celle-ci se marie. Avec une grande émotion, il raconte cette ultime blessure, celle qui mettra un terme à leur relation toxique : "C'était le jour de son mariage, avec un monsieur. Et là elle me dit, ne m'appelle pas maman devant les gens. Pour moi, ça a été une scène atroce parce que j'étais content que ma mère se marie. J'étais ravi de la voir se marier parce qu'elle allait avoir une famille. Pour moi, ça a été quelques heures d'espérances. J'ai été glacé très vite."

Désemparé, blessé et humilié, le chanteur décide d’en finir avec cette femme qui ne l’a jamais désiré. Il révèle alors : “J’ai coupé les ponts définitivement avec ma mère et mon beau-père quand je suis parti. Si, je suis resté ami avec mon demi-frère, je n’ai plus jamais revu ma demi-sœur. J’ai fait ma vie. Je n'ai plus du tout pensé à tout ça. Ce sont des boulets qui sont trop lourds et quand c'est trop, c'est trop."

On dit que le temps adoucit les peines, mais parfois, comme pour Gérard, il semble qu’il n’en soit rien.  

Andréa Meyer

À découvrir

Sur le même thème