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Ghislaine Arabian : “Je ne veux pas mourir. Je refuse qu’il me tue !”

Publié le 8 avril 2016

La seule femme à avoir décroché deux étoiles au “Guide Michelin” a subi des � violences conjugales�. Ghislaine Arabian nous a raconté comment sa vie avait basculé un soir de janvier…

L’ancienne jurée de Top chef m’a raconté pourquoi elle avait dû déposer plainte contre son ex-compagnon, avec lequel elle vivait depuis seize ans. Une confession si douloureuse que Ghislaine Arabian a versé des larmes.

Je l’avais accompagnée au tribunal correctionnel de Paris pour le procès, le 30 novembre 2015. Mais le 11 janvier 2016, lors du délibéré, le juge a prononcé, la relaxe de son agresseur, au bénéfice du doute.

Toutefois, madame Arabian et le procureur ont décidé de faire appel. L’affaire étant toujours en cours, cette battante a préféré ne pas révéler l’identité de cet homme.

->Voir aussi - Ghislaine Arabian : Victime de violences conjugales

Dans son restaurant, rue Liancourt, Paris 14e. Photo : Eric Fougère
Dans son restaurant, rue Liancourt, Paris 14e. Photo : Eric Fougère

France Dimanche (F.D.) : Que s’est-il passé ce soir de janvier 2014 ?

Ghislaine Arabian (G.A.) : Il n’avait jamais levé la main sur moi, et nous nous aimions profondément. Je le connaissais depuis vingt-cinq ans. Ce qui prouve que personne n’est à l’abri car, ce soir-là à la maison, je n’ai rien vu venir. Il m’a donné des coups de pieds dans la cuisse gauche, m’a tiré par les cheveux en me traînant au sol. J’ai voulu lui échapper en descendant les escaliers, et il m’a alors projetée contre la porte blindée de l’entrée. J’ai entendu un « crac » quand mon dos a percuté la serrure. Il a ensuite téléphoné au chef Thierry Cambier – qui m’a tout appris en cuisine, mon ami depuis trente ans et voisin – en lui disant : « Je viens de faire une connerie. » En arrivant, Thierry m’a aussitôt proposé d’appeler les pompiers ou la police, mais j’ai refusé. J’étais paralysée d’effroi. Pour la première fois de ma vie, j’étais confrontée à une peur brutale, impossible à maîtriser. Je n’avais jamais vu ce regard de fou posé sur moi. Je ne l’oublierai jamais. Je me souviens avoir pensé : « Je ne veux pas mourir, je refuse qu’il me tue ! » J’ai eu des vertèbres cassées, le bassin fêlé, et trente jours d’incapacité totale de travail, suivis de quinze jours d’arrêt supplémentaires. J’ai dû porter un corset sur mesure pendant deux mois et demi, en restant allongée sur le dos.

F.D. : Pourquoi a-t-il été aussi violent ?

G. A. : Comme il ne m’a pas donné d’explications, je ne comprendrai jamais ce qu’il s’est passé. Avec le recul, je pense qu’il a mal vécu ma notoriété. Son mal-être, trop longtemps refoulé, a fini par provoquer cette explosion de violence. Et depuis ce soir-là, il a toujours évité d’en parler. Il est resté dans le déni le plus total. Il a même nié que j’avais porté un corset, et n’est pas venu à l’hôpital. C’est Thierry et André, mon maître d’hôtel, qui m’ont accompagnée et ramenée chez moi. Seule ma fille Margaux m’a rendu visite. Je lui avais dit, ainsi qu’aux médecins, que j’étais tombée dans les escaliers... (...)

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Anita Buttez

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