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Gilbert Montagné : J'ai hâte d'être grand-père !

Publié le 12 octobre 2007

Depuis trente-six ans, il dompte les gammes pour nous offrir des tubes inoubliables. Pourtant c'est sans regret que, depuis un mois, Gilbert Montagné a troqué sa vie de saltimbanque pour une vie de bureau rythmée par un emploi du temps plus que chargé.

En effet, Xavier Bertrand, ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité, a demandé au chanteur de se charger d'une mission qui lui tient à cœur : évaluer la situation des handicapés visuels.

France Dimanche (F.D.) : Depuis quand êtes-vous « entré en politique » ?

Gilbert Montagné (G.M.) : Je ne suis pas « entré en politique » car, pour moi, peu importe la couleur politique de ma mission. Ce qui m'importe, c'est qu'un vrai mieux soit apporté, au quotidien, pour les déficients visuels. Nous sommes tout de même 1.500.000 en France à être touchés par ce handicap ! Alors, depuis le 3 septembre et jusqu'à la fin de l'année, je suis chargé d'établir un rapport qui évaluera sans complaisance la situation actuelle et proposera des solutions pour améliorer la vie des non voyants et malvoyants.

F.D. : En quoi consiste votre travail ?

G.M. : Je rencontre des personnes susceptibles de faire appliquer, concrètement, la loi 2005 qui présente des avancées incontestables sur le handicap. Par exemple, je recueille des témoignages, j'ai rencontré le directeur de la SNCF, celui de Microsoft... J'ai rendez-vous aussi avec TF 1, France Télévisions ou encore M 6 pour que « l'audio-description soit mise en place. » En appuyant sur une touche de votre télécommande, vous avez un commentaire expliquant les scènes muettes des films. Cette avancée serait plus importante pour ceux qui ont perdu la vue à un moment de leur existence qu'aux non-voyants de naissance, plus habitués à faire marcher leur imagination.

F.D. : Connaissez-vous l'origine de votre cécité ?

G.M. : Je suis né après seulement cinq mois et demi de grossesse. J'ai donc été placé sous couveuse pendant plus de trois mois, comme tous les prématurés. Et le dosage d'oxygène était trop intense dans ma couveuse, ce qui m'a brûlé les nerfs optiques. En même temps, s'il n'y avait pas eu cet oxygène, je ne serais pas là pour raconter ça. En tout cas, je suis ému et fier qu'on ait pensé à moi pour cette mission. Je peux enfin m'exprimer et parler aux personnes concernées pour que les choses changent ! Mais c'est aussi une grande responsabilité. Je ne peux pas décevoir, j'engage mon nom, ma notoriété...

F.D. : Quelles sont les propositions concrètes que vous allez apporter ?

G.M. : Je vais prendre en compte tous les aspects du quotidien et ce à toutes les étapes de la vie d'un déficient visuel. De l'ordinateur en passant par l'électroménager, des interphones digitaux des immeubles en passant par les transports... Je veux vraiment faire évoluer la situation des handicapés. D'ailleurs, l'inspecteur général des Affaires sociales, Patrick Segal, qui me suit m'a dit qu'il n'avait jamais vu quelqu'un enchaîner autant de rendez-vous pour un simple rapport !

F.D. : Vous voilà donc, aujourd'hui rompu à la vie de bureau !

G.M. : Oui, c'est une vie que je découvre et qui me plaît. Bien sûr, je travaille énormément et mes horaires sont parfois très lourds. Mais cela me passionne. Et puis, Nikole est à fond derrière moi. Elle me soutient et m'aide énormément. De plus, j'ai une confiance, non pas aveugle mais clairvoyante, dans la volonté de ce gouvernement de changer les choses. C ' est extrêmement motivant,

F.D. : Il paraît que vous allez être grands-parents !

G.M. : Oui, c'est amusant ! Vous n'êtes pas sans savoir que mon fils Éric a épousé Cécile,  il y a un peu moins d'un an. Et bien, ça y est : en février prochain leur bébé va naître, Pour l'instant, ils ne veulent pas savoir si c'est un garçon ou une fille. Je lui parle déjà beaucoup. Je lui explique que je suis son grand-père et qu ' on est très heureux de l'attendre. Avec ma femme, on essaye de proposer des prénoms à nos enfants. Par exemple pour une fille, nous trouvons ravissant le prénom Sérénade. Mais ça ne leur a pas plu ! Pour les garçons, j'ai moins d'idées. Peut-être parce que j'aime tellement les femmes, je les trouve bien plus extraordinaires que nous...

F.D. : Vous préfèreriez donc que ce soit une petite-fille ?

G.M. : Non, j'accueillerai avec joie ce que la Nature nous donnera. J'espère être un grand-père qui saura donner du temps à ses petits-enfants sans en être esclave. Je veux continuer à voyager, à vivre ma vie. Mais, quand je serai avec cet enfant, je serai vraiment avec lui. Je l'emmènerai au cinéma et, s'il le veut bien, je lui apprendrai quelques notions de musique.

Daphné de Givry

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