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God save QUEEN !

Publié le 8 février 2020

Il y a 50 ans, Freddie Mercury faisait de Queen le groupe de rock le plus avant-gardiste au succès fulgurant. Après le triomphe mondial du biopic “Bohemian Rhapsody” qui a ravivé la flamme, la légende continue de s’écrire avec un spectacle hommage baptisé “One Night of Queen”…

Après le triomphe mondial du biopic “Bohemian Rhapsody” qui a ravivé la flamme, la légende continue de s’écrire avec un spectacle hommage baptisé “One Night of Queen”…

La simple évocation de ces chansons fait résonner une voix : celle de Freddie Mercury. Ce flamboyant interprète, musicien étincelant et génie extravagant, aura été l’âme et le porte-étendard du groupe indétrônable Queen, depuis sa création en 1970 jusqu’à sa mort en 1991. Et le choc de sa disparition fut à la mesure de sa légende et de celle de son groupe, d’abord adulé par une audience élitiste avant d’être couronné par un succès mondial démesuré. Queen fut souvent méprisé par la presse qui ne comprenait pas toujours l’alliage de ses productions musicales théâtrales et lyriques qui se situaient aux confluences du rock progressif et de l’opéra. Sans lui qui a défié les stéréotypes et brisé les conventions, Queen n’aurait pas existé. C’est de sa plume que sont nés les grands succès de ce quatuor (Brian May, guitariste ; Roger Taylor, batteur ; et John Deacon, bassiste) et qui ont prouvé que le rock ne se résume pas à quelques riffs de guitare.


We Are the Champions


We Will Rock You

Interprète exubérant et grandiloquent, Freddie Mercury a fait figure de précurseur. De son vrai nom Farrokh Bulsara, il est né le 5 septembre 1946 à Zanzibar, alors colonie anglaise, dans une famille d’Indiens parsis. Et ce n’est qu’à 18 ans, après ses études en Inde, que lui et les siens rejoignent l’Angleterre. Pianiste de talent, il fait partie de plusieurs formations musicales avant de devenir, en 1970, le chanteur du groupe Smile qu’il rebaptise Queen.


Très vite, la formation enchaîne les albums et connaît rapidement le succès. Ses performances scéniques dans des tenues extravagantes, grands-messes où le public faisait corps avec lui, deviennent cultes. Les tournées mondiales s’enchaînent avec des rassemblements de foules jamais égalés. En 1985, leur prestation à Wembley lors du Live Aid est qualifiée de « plus grande performance live de tous les temps » par la BBC.


Bohemian Rhapsody (Live Aid 1985)

Toutefois, l’image sulfureuse et provocante du chanteur, avec son goût des bacchanales et des excès lui valut bien des critiques. Bien qu’il ait connu des femmes dans sa vie (Mary Austin, l’une de ses proches amies, héritera à sa mort de la moitié de sa fortune et de sa maison), ses relations homosexuelles défraient la chronique, certains critiques de l’époque n’hésitant pas à les qualifier de « mode de vie dégénéré ».


The Show Must Go On

Blacklisté par l’ONU pour avoir joué en Afrique du Sud qui pratiquait encore l’Apartheid, le groupe se forge une image rebelle quand Freddie Mercury cultive la discrétion sur sa vie privée. Se sachant atteint du sida dès 1987, il niera longtemps ce diagnostic, avant de le confirmer par communiqué, peu avant sa disparition, en novembre 1991. Emporté à 45 ans par une broncho-pneumonie, il aura écrit jusqu’à la fin de sa vie. The Show Must Go On sera la dernière chanson du groupe.

Si avec le recul, Freddie Mercury annonçait sa mort sous forme de testament musical, peu d’observateurs ont cerné à l’époque cette lecture. « À l’intérieur, mon cœur est en train de se briser / Mon maquillage peut-être en train de s’écailler / Mais mon sourire demeure », dit-il dans le refrain. Un titre devenu culte comme tant d’autres pour cet artiste, dont la voix comme le look restent inscrits en lettres d’or dans l’histoire du rock.

Dominique PARRAVANO

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