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Grégory Lemarchal : Il sauve des vies par-delà la mort

Publié le 28 novembre 2008

Le 30 avril 2007 disparaissait Grégory Lemarchal qui restera le plus marquant des candidats de La Star Academy.Le 30 avril 2007 disparaissait Grégory Lemarchal qui restera le plus marquant des candidats de La Star Academy.

Depuis ce jour funeste, la France pleure son petit prince Grégory Lemarchal de 24 ans à l'immense fraîcheur, au charme indéfinissable et dont le talent avait séduit la France entière.

D'un coup d'un seul, des millions de gens ont alors pris conscience de la fugacité d'un parcours et de la précarité de l'existence. Ils ont aussi réalisé que la maladie ne touchait pas que les personnes âgées, mais qu'elle pouvait aussi faucher un jeune homme en plein envol.

Dans le cas de l'ex-Star Académicien, la fatalité porte un nom : mucoviscidose. Derrière ce mot se cache un mal terrible qui frappe environ 6.000 personnes en France.

->Voir aussi - Grégory Lemarchal : Nos révélations sur son trésor caché !

Hommage

Plus précisément, la mucoviscidose est une maladie génétique touchant tous les organes et en particulier les voies respiratoires. Elle occasionne le plus souvent une mort lente et douloureuse. Mais, il faut parfois une perte, si horrible soit-elle, pour réveiller les consciences. C'est ce qui s'est passé avec Grégory. À sa mort, le pays, incrédule, a pris la mesure de la gravité de cette maladie.

Et, quand TF 1 s'est mobilisée en diffusant deux émissions hommage en mai et décembre 2007, ils ont été des centaines de milliers à répondre à l'appel. En quelques semaines, les associations Grégory Lemarchal et Vaincre la mucoviscidose ont récolté plus de 11 millions d'euros ! Cet argent doit servir à ceux que le mal n'a pas encore emportés. Il le fallait, cela aurait rendu Grégory tellement heureux.

Espérons donc que, où qu'il soit, il a vu ce qui vient de se passer dans les Hauts-de-Seine. À Suresnes, plus précisément, où le service de pneumologie de l'hôpital Foch vient d'être rénové grâce à un apport de 500.000 euros prélevé sur les fonds récoltés l'an dernier.

Et ce choix est tout sauf anodin. Car c'est dans cet établissement que Grégory a rendu son dernier souffle alors qu'il attendait une greffe pulmonaire. Ses parents, Laurence et Pierre Lemarchal, étaient là bien sûr. Ils n'oublieront jamais le calvaire de leur fils adoré.

Et, dorénavant, ils veulent tout faire pour améliorer le sort de ceux qui souffrent du même mal à l'hôpital Foch. Pour cette raison, les vingt-quatre chambres du service de pneumologie ont été entièrement modernisées. Climatisation, équipements multimédias, peintures, micro-ondes, minibars, ateliers artistiques ont été installés ou rafraîchis grâce à cette manne inespérée.

« Nous voulions apporter aux malades tout ce qui a manqué à Grégory pendant toutes ces journées. Au printemps 2007, il faisait chaud, c'est encore plus insupportable quand on respire mal. Les fenêtres des chambres donnaient sur le boulevard, très passant. C'est pourquoi notre priorité a été d'équiper le service d'un système de rafraîchissement d'air. Ensuite, nous avons voulu offrir la possibilité à tous les patients de communiquer avec l'extérieur. Tout est fait pour que le temps passe plus vite à l'hôpital », a expliqué son inconsolable maman au Parisien.

Il faut savoir que certains patients restent dans le service près d'un an, avant et après la greffe des poumons. Grégory, lui-même, y a effectué plusieurs séjours.

Chaleur

Dans le même ordre d'idée, le couloir, les chambres, le salon et l'espace loisirs ont été pris en main par une décoratrice. « On a voulu un peu de chaleur. Ce n'est pas du luxe et ça ne coûte pas plus cher », ajoute Laurence Lemarchal. Et ce n'est pas fini. Il reste encore beaucoup d'argent à distribuer, et les Lemarchal fourmillent de projets.

Les hôpitaux parisiens de Necker et Trousseau et ceux de Versailles, Toulouse, Nantes, Marseille, Rennes, Strasbourg et Roscoff pourraient toucher des subsides. Sans oublier le CHU de Grenoble où Grégory, savoyard de naissance, fut traité dès son plus jeune âge.

Éternité

Enfin, les Lemarchal souhaitent apporter une touche finale à la rénovation de l'hôpital de Suresnes. Un espace vert en terrasse va être créé autour du réfectoire pour la somme de 250.000 euros. Pourquoi là ?

« Grégory était très proche de la nature, a assuré Laurence Lemarchal au Parisien. La seule sortie que l'on pouvait faire avec lui, le soir, c'était de s'asseoir sur un banc, sous l'unique arbre de la cour de l'hôpital. »

Baptisé « la forêt de Grégory » par ses proches, cet arbre restera en l'état. Comme un témoignage de la grande âme du jeune homme. Désormais, Grégory Lemarchal veillera pour l'éternité sur les malades de l'hôpital Foch. Ou, du moins, jusqu'à ce qu'un remède soit trouvé au mal qui nous l'a volé si tôt.

Aurélien Chamouard

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