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Gregory Lemarchal : Le coup de gueule de son père !

Publié le 15 décembre 2014

Il y a sept ans, le jeune chanteur Gregory Lemarchal disparaissait, victime de la mucoviscidose. Depuis, ses parents ont fait de la lutte contre cette maladie leur combat.

Jamais ils n’ont baissé les bras. La disparition de leur fils Grégory Lemarchal, il y a sept ans, ne les a pas fragilisés dans leur combat. Au contraire ! À travers l’association qui porte le nom de leur enfant, Laurence et Pierre se battent encore et toujours pour aider tous ceux qui souffrent de mucoviscidose.

Pour lutter contre cette maladie congénitale, il y a bien entendu la greffe d’organes. Un don que Grégory espérait, et qui aurait pu lui sauver la vie : « Notre fils attendait des poumons, n’en a jamais eu, et ça nous a meurtris », a expliqué Pierre.

Pierre, le papa de Gregory © capture d'écran
Pierre, le papa de Gregory © capture d'écran

Jeudi dernier, ce père aimant et combatif a décidé d’être présent à la conférence « Histoires extraordinaires de donneurs et de greffés », du colloque Médias et Santé, à la faculté de médecine de La Timone, à Marseille. Et s’il a voulu participer à cette réunion, c’est qu’il est particulièrement fâché…

Il est en colère contre les responsables politiques qui, selon lui, ne sont pas mobilisés en faveur du don d’organes : « Ils disent toujours “C’est bien ce que vous faites”, mais ils n’agissent pas. Il faut prendre des décisions, et là, on pourrait améliorer les chiffres sur le don », a-t-il confié au quotidien La Provence.

Pierre explique notamment que 33 % des personnes à qui l’on demande aujourd’hui de faire un don d’organes refusent. Très justement, il dit encore : « Les gens pensent qu’on parle de mort, moi je parle de vie. » Et il est sans doute vrai, comme l’affirme ce père furieux, que l’on pourrait « sauver des vies en ayant une éducation sur le sujet ».

Gregory livreTabou

Une éducation, c’est accepter, par exemple, que ce sujet soit abordé dans les écoles. Si les parents, la plupart du temps, refusent que des organes de leur enfant décédé puissent servir à en sauver un autre, les jeunes, eux, ont le droit de se prononcer sur ce sujet qui semble tabou. Et bien sûr, les établissements scolaires seraient le lieu idéal pour ouvrir un tel débat. Devant le refus de leurs responsables, Pierre souhaite ardemment qu’une loi permette que la question du don d’organes puisse être discutée en classe. Les élèves, de la 3e à la terminale, pourraient ainsi se prononcer en toute connaissance de cause. Et il est certain que de nombreuses existences pourraient de cette façon être épargnées…

Cependant, si Pierre lutte de toutes ses forces pour que le monde change, il sait aussi reconnaître les bons résultats engendrés par l’engagement de tous ceux qui participent à cette bataille. Il est le premier à se réjouir des 34 vies sauvées l’an dernier grâce à des transplantations pulmonaires. Et quand on lui demande quel message il voudrait faire passer aux familles en attente de greffe, il répond par le mot « espoir », car, dit-il, « un enfant qui naît aujourd’hui avec la mucoviscidose a de grandes chances de voir des jours bien meilleurs qu’actuellement ».

Pour que ces chances soient encore plus grandes, espérons que son message sera entendu, et qu’un jour, très prochain, ce fléau soit complètement endigué.

Laurence Paris

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