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Grégory Montel : “le métier d’acteur me faisait peur !”

Publié le 28 novembre 2018

Grégory Montel, l’interprète de Gabriel Sarda dans Dix pour cent n’a pas grand-chose à voir avec l’agent qu’il incarne dans la série.

Croisé à l’occasion du dernier Festival de la fiction TV de La Rochelle, Grégory Montel nous a accordé une interview exclusive. Du succès de Dix pour cent à ses origines, en passant par sa vie de famille, le Provençal nous dit tout. À des années-lumière de la célébrité autocentrée, ce papa poule de 42 ans tient à rester celui qu’il a toujours été. Quelqu’un de « normal », proche des siens et qui n’oublie pas d’où il vient…

France Dimanche : Ressemblez-vous à Gabriel, le personnage que vous incarnez dans la série ?
Grégory Montel : Non, pas vraiment… Moi, j’ai une vie normale. Je suis même tellement normal à la base que ce métier me faisait peur ! Je me demandais si je ne l’étais pas un peu trop pour être comédien. Avant, je pensais même que pour le devenir, il fallait être capable de pouvoir boire toute la nuit et enchaîner le lendemain… Mais moi, si je bois trois verres, je suis malade [rires] ! Et puis j’ai toujours gardé mes amis d’enfance, qui sont extrêmement importants pour moi. Mes proches ne sont pas de ce milieu.

FD : L’ambiance dans l’équipe semble vraiment sympa, en tout cas…
GM : [Il coupe] Oui, on est une vraie famille. Camille Cottin est une femme que j’admire profondément. Je l’adore, et son mari aussi. Je trouve que c’est un couple formidable ! Quant à Dominique Besnehard, c’est mon papa de cinéma ! Il a d’ailleurs dit que le rôle que je tenais dans la série ressemblait beaucoup à l’agent qu’il était à ses débuts.

FD : Que répondez-vous à ceux qui trouvent que Dix pour cent est un petit peu trop parisiano-parisien ?
GM : Effectivement je pense qu’il faut que cette série puisse parler à tout le monde… Qu’elle soit moins « parisienne » et plus accessible au milieu rural me semble essentiel. Je suis arrivé à Paris il y a quinze ans, donc je peux dire que je suis parisien, mais à l’origine, je viens de Digne-les-Bains. Et s’il y a bien une chose qui m’importe, c’est que la télévision continue de parler à tous. Alors OK, Dix pour cent est une série qui se passe en milieu urbain, mais dans le fond, ça reste l’histoire d’une petite entreprise qui se bat.

FD : Vous considérez-vous plutôt comme un acteur de cinéma ou de série ?
GM : Les deux ! Mais c’est vrai que ce que j’aime particulièrement avec le principe d’une série télé, c’est que nous, les comédiens, allons chez les gens. Et non l’inverse, comme quand ils vont au cinéma. Et ça change beaucoup de choses.

FD : Quels rapports entretenez-vous avec le public ?
GM : Excellents. Et je tiens d’ailleurs à souligner que je ne suis pas une star. Loin de là ! Tous ceux qui me connaissent le savent. J’ai eu la chance d’avoir des parents extraordinaires qui m’ont appris la valeur des choses. Je ne les remercierai jamais assez ! Je suis très famille d’ailleurs. Mais d’autre part, je considère qu’en 2018, tout le monde doit pouvoir communiquer ensemble. Les réseaux sociaux ont changé beaucoup de choses. Ça a bouleversé l’image des personnalités. Le mythe de la star en a pris un coup, et des acteurs comme Yves Montand, Alain Delon ou Humphrey Bogart, il n’y en aura plus. Pour l’anecdote, ma femme me disait l’autre jour qu’elle était copine avec Madonna sur Instagram ! Vous voyez ce que je veux dire, quoi…

FD : Avec votre carrière qui explose depuis quelques années, avez-vous encore suffisamment de temps pour la vie de famille ?
GM : Bien sûr ! Je fais tout pour, en tout cas. J’ai une femme et deux garçons de 4 et 2 ans. Deux petits phénomènes ! Je me partage beaucoup entre le Sud, où je m’occupe d’une salle de spectacle, et Paris. J’ai monté une association en rachetant le cinéma de Digne-les-Bains, il y a quatre ans, pour en faire un lieu de culture, avec du théâtre, de la musique, et ça me prend énormément de temps. J’y ai même créé un festival, où je vous inviterai ! Je suis très attaché à l’endroit d’où je viens, vous savez. Mais comme toutes les petites villes, elle souffre. Et c’est important pour moi que ces endroits-là ne soient pas oubliés !

Edwin FORESTHAL

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