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Grégory Turpin : Sa foi l’a sauvé de la cocaïne !

Publié le 29 mai 2015

Gregory Turpin a voulu intégrer un carmel, a repris des comédies musicales, animé les mariages de célébrités… Rencontre avec un � artiste � de 34 ans au parcours éclectique.

« Je ne fais pas de musique chrétienne, c’est l’artiste qui est chrétien », prévient d’emblée Grégory Turpin. Accordé… mais, convenez, jeune homme, que Dieu est votre source d’inspiration principale, et même votre auteur fétiche !

Le premier album de cet Ariégeois de naissance mettait en musique les paroles de la carmélite sœur Marie du Saint-Esprit. Le deuxième avait pour auteurs saint Jean de la Croix et le père Alain de La Morandais. Enfin, le dernier, Mes racines, sorti l’an dernier, reprend « les plus beaux chants chrétiens d’hier et d’aujourd’hui ».

Turpin afficheSans compter les trois chansons qu’il interprète sur le disque Thérèse, vivre d’amour, une adapation par le chanteur Grégoire des poèmes de sainte Thérèse de Lisieux.

Pourtant, à 34 ans, Grégory, malgré les apparences, est un garçon bien de son époque, qui a déjà vécu plusieurs vies. Né dans une famille peu pratiquante, il découvre la foi grâce à un prêtre qui l’initie à la guitare au collège.

Premiers concerts (« Je me produisais devant 400 mamies ! »), et premiers frissons spirituels : « Je me disais “si Dieu existe, je vais m’abandonner à lui”. » Fort de cette résolution, il décide, à 18 ans, d’intégrer, un carmel à Montpellier. Au bout d’un an, il doit le quitter pour des raisons de santé. « Ça a remis en question ma foi, j’en ai voulu à Dieu », avoue ce garçon à l’allure d’enfant sage. Il prend alors un tout autre virage.

« À 19 ans, j’ai vite connu le succès en chantant des reprises de comédies musicales. J’ai même refusé la première Star Academy. Je n’ai jamais été attiré par ce qui brille. » Grégory Turpin est d’un naturel discret. Il se retrouve à Toulouse au tournant de l’an 2000. Là-bas, il s’abîme dans la musique, la fête… et la drogue ! « Comme j’étais timide, je prenais de la cocaïne pour me désinhiber, confie sans fard l’artiste. C’est devenu une habitude qui m’a fait sombrer dans la dépression. »

Hors norme

Cette période douloureuse de neuf mois, l’artiste a choisi, en 2012, de la raconter dans un livre, Clair Obscur. Un ouvrage dans lequel il se livre sans retenue, confessant notamment que « la coke est devenue ma compagne la plus fidèle et la plus sûre ». Pourtant, du jour au lendemain, il arrête tout et redécouvre la foi.

Turpin CDDans la foulée, Gregory Turpin monte à Paris et commence à animer des mariages de célébrités : Jean-Pierre Pernaut, Jean-Marie Bigard, Cécile de Ménibus… Sans oublier le baptême du fils de Marc Lavoine, qui va bientôt devenir un ami fidèle.

Parallèlement, Grégory mène une carrière solo, enchaînant les albums, et signant chez Universal pour le dernier, Mes racines.
« Je veux donner ma vie à l’église, c’est-à-dire aux autres », explique l’Occitan. C’est pour cette raison qu’il aide l’ordre de Malte à distribuer des petits déjeuners aux SDF parisiens, et sillonne le globe pour chanter et donner du réconfort à tous ceux qui souffrent. Il revient d’Argentine, doit bientôt aller au Canada puis au Bénin.

Surtout, il s’est rendu en Irak pour y soutenir les chrétiens locaux persécutés par l’État islamique (EI). « Je suis allé dans la plaine de Ninive et au Kurdistan, raconte-t-il, ému. Nous étions à 10 km du front et le courage de ces gens m’a frappé. Nous avons pleuré ensemble. »

Des discothèques de Toulouse aux villages d’Irak, voilà le parcours hors norme de cet incroyable croyant.

Le 6 juin, ce destin l’amènera pour la première fois sur la scène de l’Olympia où, en ces temps troublés, Gregory Turpin délivrera ce message simple : « Avoir la foi n’est pas être le pantin de Dieu. »

Benoît Franquebalme

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