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Greta Thunberg : Elle fait trembler les puissants !

Publié le 30 octobre 2019

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© BESTIMAGE Greta Thunberg

A 16 ans, la jeune suédoise, Greta Thunberg réussit l’exploit d’alerter le monde sur le réchauffement climatique.

C’est une jeune fille d’allure toute simple comme il y en a tant d’autres dans le monde… Une adolescente de 16 ans, mais qui en paraît 12, à qui l’on donnerait le bon Dieu sans confession ! Greta Thunberg arbore de beaux yeux clairs au regard franc dans un visage juvénile bordé de deux tresses soigneusement coiffées, mais derrière cette apparence angélique se cache une volonté de fer et un militantisme implacable.

Qui est cette jeune Suédoise qui, avant les élections législatives de son pays en 2018, a décidé de sécher les cours et de parcourir la planète, afin d’alerter les hommes sur l’urgence climatique, faisant du même coup, trembler les puissants ? D’où vient-elle cette pasionaria marchant sans relâche contre le réchauffement de la planète, bien décidée à défendre coûte que coûte son avenir et celui des générations futures ?

Greta est née à Stockholm, le 3 janvier 2003, d’une mère cantatrice et d’un père acteur. Les questions liées à l’environnement commencent à éveiller, dès ses 9 ans, l’intérêt de la parente éloignée de Svante August Arrhenius, prix Nobel de chimie, en 1903, pour ses travaux précurseurs sur le réchauffement climatique.

à l’âge où d’autres collégiens se préoccupent davantage de leurs devoirs d’école, de leurs relations avec leurs camarades ou de leurs notes en maths ou en français, la demoiselle sombre, à 11 ans, dans une grave dépression qui dure huit mois. C’est à cette époque qu’on lui diagnostique un syndrome d’Asperger, une forme d’autisme, ainsi que d’autres affections neurologiques dont un trouble compulsif.

Il semble que loin de handicaper la fillette, ces troubles lui donnent une perception accrue du monde qui l’entoure et augmente simultanément ses angoisses. Ainsi en mai 2018, c’est en quelque sorte la révélation. Lauréate d’un concours organisé par le quotidien suédois Svenska Dagbladet, proposant aux jeunes d’écrire un article sur le climat, Greta y raconte avec beaucoup de simplicité et d’intelligence sa crainte du réchauffement climatique.

Grâce à cet article, la jeune fille est contactée par des militants pour le climat, organisation qu’elle ne tardera pas à quitter pour s’engager, à sa manière, dans la lutte pour sauver la planète. Son premier fait d’armes a lieu le 20 août 2018. Alors qu’elle est censée faire sa rentrée, comme les autres élèves de son école, la Suédoise s’installe devant le Riksdag, le parlement de son pays, et explique calmement aux journalistes présents qu’elle renoncera à aller en cours jusqu’aux élections législatives du 9 septembre.Elle exige que le gouvernement suédois réduise les émissions de dioxyde de carbone dues à l’activité humaine, comme le stipule l’accord de Paris. Assise près d’une pancarte appelant à « une grève de l’école pour le climat », la frêle adolescente au regard déterminé se présentera devant le Parlement suédois chaque jour durant les heures d’école. 

Une action immédiatement relayée par les journaux internationaux et qui marquera le début de sa notoriété. Loin de s’éteindre comme un vulgaire pétard, ces trois semaines d’appel aux députés de son pays vont prendre une ampleur à laquelle les dirigeants de la planète ne s’attendaient sûrement pas…

Les propos de Greta Thunberg touchent en effet au cœur des millions de jeunes gens alertés par l’extinction massive des espèces. L’adolescente propose le principe d’une grève scolaire chaque vendredi, rapidement suivie partout dans le monde, par les collégiens et lycéens. Un mouvement exceptionnel, effrayant pour les gouvernants qui ne peuvent plus faire comme si la menace n’existait pas.

Et par la voix de Greta, les jeunes interpellent désormais les anciens… « Il nous faut une nouvelle façon de penser, écrit-elle sur Facebook, après la grève mondiale du 15 mars 2019. Le système politique que vous, les adultes, avez créé n’est que compétition. Vous trichez dès que vous pouvez car tout ce qui compte, c’est de gagner. Nous devons coopérer et partager ce qui reste des ressources de la planète de façon juste. »

Si certains, comme les présidents des États-Unis, Donald Trump, ou de Russie, Vladimir Poutine, agacés, fustigent sa jeunesse et son discours « alarmiste », d’autres, impressionnés par sa maturité, l’invitent à s’exprimer. Le 23 septembre dernier à New York, aux côtés de quinze autres jeunes âgés de 8 à 17 ans venant de douze pays, dont la Française Iris Duquesne, la jeune Suédoise a saisi un groupe d’experts de l’ONU pour dénoncer les politiques publiques de cinq états, la France, l’Allemagne, la Turquie, l’Argentine et le Brésil.

« Comment osez-vous ? », a-t-elle interpellé. Bien que ces nations connaissent les risques liés au changement climatique depuis des décennies, elles n’ont pas baissé leurs émissions de gaz à effet de serre et continue à promouvoir les énergies fossiles. « Si vous échouez, on ne vous pardonnera jamais », a poursuivi celle qui ne voyage plus en avion et ne mange plus de viande. Et l’activiste de faire remarquer de manière enflammée : « Je ne devrais pas être ici. Je devrais être de retour à l’école, de l’autre côté de l’océan. […] Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos mots vides. »

Ce discours bouleversant ne produira sans doute pas de changements radicaux de politique en matière énergétique chez nos dirigeants. Mais il risque d’émouvoir davantage les jeunes qui craignent pour leur avenir. 

Souhaitons que la vague Thunberg continue de submerger les consciences et atteigne en plein visage les puissants…

Clara MARGAUX

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