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Guillaume Durand : Face à la mort de son fils...

Publié le 19 novembre 2015

À la radio, il a la voix d'un journaliste mature, sérieux et sûr de lui. À 63 ans, Guillaume durand est en réalité un homme vulnérable, meurtri depuis des années par un terrible drame : la mort de son fils...

À l'écouter sur Radio Classique et LCI, jamais on n'aurait pu imaginer Guillaume Durand comme étant quelqu'un de si touchant et si fragile. Et pourtant, c'est un témoignage bien bouleversant qu'a livré ce fervent homme de culture dans le dernier numéro de Gala. À l'occasion de la sortie de son autobiographie, Mémoires d'un arythmique, une anomalie du coeur tambourinant à l'excès sans que cela ne soit justifié, Guillaume Durand est revenu sur un terrible drame, la perte de son fils.

"Cela remonte à l'été 2003, confie-t-il. Gabriel, qui n'avait pas un an, a péri dans son lit, pendant la cani­cule. (...) Ni sa mère ni moi n'étions dans la maison de campagne où il est mort dans la nuit. Il était gardé par deux amies de sa maman. Le diagnos­tic a été déli­vré par un méde­cin : mort subite du nour­ris­son."

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Et le plus terrible dans tout ça, révèle-t-il, c'est que "ce petit garçon était mon fils, je ne l'ai presque pas connu". Pourquoi cette prise de conscience si tardive, post-traumatique ? Parce que Gabriel n'était pas désiré. "Il est le fruit de mes amours avec une femme, se remémore le journaliste, dont justement je ne voulais pas d'enfant. Nous étions déjà séparés quand cela s'est produit. [...] À l'enterrement de l'enfant, sa mère, Emma, et moi, nous sommes expliqués, pardonné. Je ne l'ai plus jamais revue depuis."

Lorsque ce terrible drame est survenu, Guillaume Durand profitait de ses vacances d'été en Croatie à bord d'un bateau de croisière. "Je me suis senti dévasté, confesse-t-il, responsable, coupable et trahi à la fois.[...] Tout était atroce. Mon fils, Arthur, m'a serré contre lui la nuit dans la cabine du bateau pour me réconforter. Et puis, nous somme revenus en France."

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Fin de l'histoire ? Non, le traumatisme ne faisait que commencer ! "Septembre arrivait, raconte-t-il, j'étais à Paris avec quelques amis, tâchant d'oublier la tragédie et puis soudain, je me suis effondré. Une heure plus tard, j'étais hospitalisé à Garches où, sous anxiolytiques à dose massive, je suis resté deux semaines."

Pour cet arythmique au coeur fragile, la douleur n'en fut que plus  terrible. Le début d'une longue dépression ? "Non, c'était presque pire, révèle l'animateur de Radio Classique en des mots biens plus forts. Un état de choc, d'hébétude, un coup de tonnerre sur lequel je ne sais pas mettre de mots."

Pour s'en sortir, Guillaume Durand a dû consulter un psy. Le drame avait fait ressortir plusieurs traumatismes dont un qui remontait à l'enfance : "J'avais dix ans et j'ai vu mon père se faire attaquer à coups de couteau par un malade mental. Ces images de mort ont été réactivées à la disparition de Gabriel, ce bébé que je ne connaissais presque pas."

La situation était bien pire qu'il ne le croyait de prime abord et son psychothérapeute l'a redirigé vers un "excellent hypnothérapeute" qui l'a "sauvé en quelques séances". Avec son autobiographie, la thérapie semble se terminer et les blessures se refermer. Avec son épouse, Diane de Mac Mahon, Guillaume Durand s'est finalement retrouvé. Ensemble ils filent de nouveau le parfait amour et plus rien ne semble les détourner de leur bonheur !

Stéphane Joly

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