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Guy Bedos : Dernier adieu en Corse !

Publié le 19 juin 2020

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Guy Bedos, dont les obsèques ont été célébrées le 4 juin à paris et le 8 juin, en toute intimité, dans l'Ile de beauté, a préféré partir comme il l'entendait…

En cet après-midi du 4 juin, des centaines d'admirateurs s'étaient rassemblés sur le parvis de l'église Saint-Germain-des-Prés à Paris pour rendre un dernier hommage à l'humoriste et comédien Guy Bedos, une semaine après sa disparition à l'âge de 85 ans. Pour l'accompagner dans son ultime voyage, de nombreuses personnalités avaient répondu présentes : les actrices Fanny Ardant et Catherine Frot ainsi que les comédiens Jean-Paul Belmondo, Pierre Richard, François Berléand, ou encore Benoît Magimel, mais aussi Michel Drucker, dévasté par la peine d'avoir perdu un si bon copain…


Durant cette cérémonie qui s'est déroulée entre rires et sanglots, sa fille Victoria Bedos a tenu à lui rendre hommage en se glissant dans la peau de son papa lorsqu'il scandait sur scène, durant ses inoubliables revues de presse, ces phrases qui faisaient tant rire (jaune) l'assistance : « La vie est une comédie italienne. Tu ris, tu pleures. Tu pleures, tu ris. Tu vis, tu meurs. Comediante ! Tragediante ! » clamait de toutes ses tripes Victoria… Quelques heures avant de prononcer ces mots déchirants, la benjamine des enfants de Guy Bedos avait écrit une lettre poignante à l'adresse de son papa « préféré », publiée dans Paris Match.

Dans cette missive d'une puissance rare, elle révélait enfin les circonstances tragiques dans lesquelles s'était éteint son père, levant le voile sur ses ultimes instants. L'on y apprend avec stupéfaction que cette « comédie italienne », Guy avait préféré y mettre un terme le 28 mai dernier à 16 h 30 très précisément. Oui ! Guy Bedos a souhaité « mourir dignement » comme il l'entendait… En 2017, il expliquait déjà à Nice-Matin : « J'appartiens à l'association Le Droit de mourir dans la dignité et je mourrai dans la dignité. Je n'attendrai pas d'être gâteux, d'être une charge pour tout mon entourage. J'ai décidé de décider moi-même de mon départ. » Très diminué par la maladie d'Alzheimer, il n'avait en effet pas l'intention de lutter plus longtemps pour une cause perdue d'avance. Victoria révèle ainsi que son papa s'est laissé mourir conformément à son souhait de toujours.

Ce fervent militant de l'euthanasie n'aura finalement pas eu recours à un médecin pour mettre fin à ses jours, contrairement à ce qu'il annonçait il y a quelques années. Favorable au suicide assisté, Guy Bedos avait révélé il y a quatre ans qu'il avait désigné la personne qui le seconderait : « J'ai déjà choisi mon médecin “assassin” dont je ne dirai pas le nom mais qui va m'aider à partir, en France », avait-il lancé sur les ondes de RTL. Il racontait aussi que son copain Pierre Desproges, qui souffrait d'un cancer des poumons, avait été accompagné dans ses derniers jours en avril 1988, à 48 ans grâce à un ami médecin. « Oui, on l'a aidé à mourir », avouait-t-il. Cette révélation choc avait, à l'époque, fait couler beaucoup d'encre. Afin d'écourter ses jours et sa douleur, l'humoriste a choisi une autre solution, tout aussi radicale, en décidant de ne plus s'alimenter pour que cesse au plus vite son calvaire, comme le confirme sa fille avec désespoir : « Il fallait que tu partes, tu as voulu partir. En homme révolté que tu es, tu as fait une grève de la faim pour que ça s'arrête. Que cette confusion mentale cesse, que ce brouillard dans ta tête disparaisse », écrit-elle. Une décision à laquelle ses proches ont dû consentir, comme l'explique Victoria dans sa lettre : « Nicolas et moi, on a compris, on a accepté, on n'a pas lutté contre ta dignité »…

Le lundi 8 juin, selon son souhait, l'artiste était inhumé au cimetière du petit village de Lumio en Corse, sur cette terre de Balagne, « son Algérie de rechange », selon l'expression de son fils Nicolas, qui lui rappelait tant son pays natal. Sa famille et quelques proches dont Muriel Robin, Michel Fugain, Véronique Genest ou encore la chanteuse Izïa, la fille de Jacques Higelin, lui ont dit adieu en chansons. Durant une vingtaine d'années, entre 1995 et 2015, Guy Bedos, qui avait la Corse dans la peau, avait fait de sa villa de Lumio sa résidence permanente. C'est là que Nicolas et Victoria ont passé dans leur jeunesse toutes leurs vacances d'été… Alors que le cercueil était recouvert d'immortelles, ces fleurs du maquis que Guy aimant tant, son fils, très ému, lui a envoyé un dernier baiser avant une volée finale d'applaudissements. « On va t'faire des violons, du mélodrame a cappella : faut pas mégoter son chagrin à la sortie d'un comédien », lui avait-il promis dans une lettre lue par Augustin Trapenard sur France Inter. Mission accomplie !

Guy Bedos aura fini par rejoindre son copain Desproges là-haut en prenant, comme lui, rendez-vous avec la mort. Une fin digne d'un sketch macabre dont ces deux génies de l'humour noir avaient le secret…

Valérie EDMOND

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