France Dimanche > Actualités > Guy Bedos : Il a trahi Brel !

Actualités

Guy Bedos : Il a trahi Brel !

Publié le 9 octobre 2015

guy-bedos

Dans son dernier livre, “Je me souviendrai de tout”, l’humoriste Guy Bedos revient sur la � liaison � qu’il a eue avec une femme que le chanteur adulait…

Jamais il ne l’avait avoué. Il ne l’avait même pas évoqué. Comme un secret que l’on garde en soi parce qu’il est trop lourd, trop beau, trop précieux, Guy Bedos avait fait le silence sur cette partie pourtant importante de son existence : un amour de jeunesse…

Est-ce parce qu’il redoutait qu’en en parlant, ce souvenir ne s’efface peu à peu ? Si l’on en croit sa réaction lors de son passage à l’émission de France 2, On n’est pas couché, diffusée le 12 septembre dernier, c’est peut-être un peu tout cela, mais aussi une certaine gêne, un embarras que l’on aurait dit toujours d’actualité, qui lui a fait conserver jalousement au fond de lui cet incroyable épisode de sa vie…

Pourtant, en écrivant son dernier ouvrage, Je me souviendrai de tout, paru aux éditions Fayard, un journal dans lequel Bedos repense aux moments forts qui ont fait ce qu’il est devenu, il l’a délivrée, cette vérité qui lui brûlait les lèvres, mais aussi, et surtout, le cœur. Peut-être parce que dans ce livre, il voulait vraiment se mettre à nu et remettre toutes les pendules à l’heure…

« Autour de mes 20 ans, peut-on lire, j’ai été l’amant d’une jeune femme dont je tairai le nom, qui, je l’ai su plus tard, était la compagne parisienne du réfugié belge. Je ne connaissais Jacques que de loin, à l’époque, mais je l’admirais déjà. »

Jacques, c’est bien sûr Brel. L’histoire que Guy Bedos cachait dans les couloirs de sa mémoire était donc celle d’une trahison ! Quand il était tout jeune, l’humoriste a eu une liaison avec la femme dont Brel était amoureux ! Et le pire, c’est qu’avec le temps, les deux hommes sont devenus amis ! Cette maîtresse, qu’ils se sont un moment partagée, les avait peut-être, d’une certaine façon, rapprochés…

Au point que, des années plus tard, en 1967, comme l’écrit Bedos dans Je me souviendrai de tout, c’est l’humoriste que Jacques Brel emmène avec lui en tournée : « Il m’avait choisi pour l’accompagner comme “vedette américaine”, à la fin de la première partie de son spectacle. Chaque soir, pendant son tour de chant, je restais vissé à la coulisse, côté cour, pour le contempler. Discrète leçon de scène que je m’offrais. Il est mort, Brel […]. Je ne m’habitue pas. »

Il aura fallu à l’amuseur public plus d’un demi-siècle pour déclarer sa liaison avec la maîtresse de son maître à penser. Et, bien évidemment, Laurent Ruquier et ses comparses, qui ont lu l’ouvrage de Bedos, n’ont pas laissé passer leur chance d’en apprendre plus sur cette aventure inédite !

Tout d’abord, comme beaucoup, ils voulaient découvrir l’identité de cette mystérieuse amante. Même si le comédien avait préféré ne pas la dévoiler, il avait quand même donné dans son livre un indice important, qui ne laissait guère de place au doute : « J’ai compris plus tard que la célèbre chanson Ne me quitte pas avait été écrite pour elle », précise-t-il dans son « journal mélancomique ». Si certains pouvaient répondre à cette énigme, d’autres, eux, donnaient leur langue au chat.

Les filles à papa

Ainsi, alors que, ce samedi soir, Léa Salamé l’interrogeait sur cette histoire d’amour partagée, Marie-Anne Chazel lui a soudain coupé la parole, lançant à Guy Bedos : « Mais pourquoi tu ne dis pas le nom, Guy ? » Une question à laquelle Laurent Ruquier s’est empressé de répondre : « Oui, pourquoi vous ne dites pas que c’est Suzanne Gabriello ? Parce que c’est elle, tout le monde le sait. »

Jacques Brel et Suzanne Gabriello.
Jacques Brel et Suzanne Gabriello.

Et en effet, tous ceux qui connaissent un peu la carrière de Brel et son histoire ne peuvent ignorer que la principale intéressée avait révélé que cette chanson avait été écrite pour elle. Brel, alors marié et père de famille, avait rencontré la piquante Suzanne après son arrivée à Paris.

Chanteuse, comédienne, drôle, fille de chansonnier, elle formait avec Perrette Souplex et Françoise Dorin le groupe Les filles à papa. En 1955, le trio part en tournée avec Brel, et c’est là que débute leur liaison…

Quelque temps plus tard, Bedos se joindra à cette ronde des sentiments, sans savoir que Suzanne a une relation avec Brel, si on l’en croit.
Mais, quoi qu’il en soit, cette histoire d’amour semble un peu appartenir à l’­Histoire. Avoir eu une liaison avec celle qui inspirera Ne me quitte pas a un côté bien romanesque.

Pourtant, Bedos a eu toutes les peines du monde à révéler son idylle. Et quand, sur le plateau d’On n’est pas couché, Ruquier a vendu la mèche en prononçant le nom de Suzanne Gabriello, Guy a semblé très contrarié : « Oh, la barbe ! » a-t-il lancé, l’air gêné, sans l’ombre d’un sourire sur ses lèvres…

« Je n’ai pas envie de dire le nom de toutes les femmes que j’ai connues », s’est-il expliqué, comme s’il était fâché. Et l’on peut imaginer ce qui s’est alors passé dans sa tête. Après tout, comme il l’a dit au cours de l’émission, sans que personne ne le relève, il n’est « pas fier » d’avoir eu la même maîtresse que Brel.

Pour lui, cette expérience n’a rien de glorieux. Trahir un homme que l’on admire, et par la suite devenir son ami, doit être bien lourd à porter.

Guy Bedos livreConversations intimes

Surtout quand on a un sens de l’amitié aussi développé que celui de Guy ! D’ailleurs, dans son livre, il explique à quel point ce souvenir, s’il est beau, n’en est pas moins douloureux : « J’ai très mal vécu les conversations, aussi intimes que mensongères, que [Suzanne] avait avec lui, au téléphone, moi dans son lit, à côté d’elle. C’est là que j’ai réalisé à quel point on pouvait se mentir dans un couple… »

Mais comme, avec Guy Bedos, le naturel, c’est-à-dire l’humour, revient toujours au galop, il n’a pu s’empêcher de lancer qu’il n’était pas pour rien dans la création du chef-d’œuvre de Brel ! « Je dis même, pour rire, que je devrais toucher des droits sur cette chanson », a-t-il malicieusement confié.

Et cette fois, ses yeux pétillaient, sa bouche s’était détendue… On retrouvait l’homme qui nous fait plaisir avec ses bons mots et son esprit aiguisé. Et puis, Monsieur Bedos, on peut sans doute considérer qu’il y a prescription. Le temps a passé…

Espérons que vous avez retrouvé votre bonne humeur, ce qui est fort possible, puisque, lundi 14 septembre, vous avez été relaxé dans l’affaire qui vous opposait à Nadine Morano…

Laurence Paris

À découvrir