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Harrison Ford : “Je ne me sens pas particulièrement beau !”

Publié le 17 décembre 2015

à 73 ans, Harrison Ford vient de réenfiler le costume de Han Solo dans � "Star Wars"�. Rencontre avec un homme qui a la force et la modestie en lui…à 73 ans, Harrison Ford vient de réenfiler le costume de Han Solo dans � "Star Wars"�. Rencontre avec un homme qui a la force et la modestie en lui…à 73 ans, Harrison Ford vient de réenfiler le costume de Han Solo dans � "Star Wars"�. Rencontre avec un homme qui a la force et la modestie en lui…

Il est arrivé seul au Convention Center de Los Angeles. Sans téléphone portable greffé à l’oreille, sans assistante stressée. Il s’est servi lui-même un café. Harrison Ford est une légende, mais cela ne l’empêche pas d’être « modeste ». Pas de démarche à la John Wayne. Pas de grosses bagues en or massif à chaque doigt. Juste une petite boucle à l’oreille.

Son look, veste bleu marine, chemise à col ouvert et mocassins, correspond à sa personnalité. Sobre. Il y a quelques mois, notre héros a bien failli nous quitter, après que son avion s’est écrasé sur le green d’un parcours de golf de Los Angeles. Mais, comme ses personnages, il s’en est sorti indemne.

->Voir aussi - Harrison Ford : On voulait l'abattre !

France Dimanche (F.D.) : Pourquoi avoir dit oui à un retour dans Star Wars ?

Harrison Ford (H.F.) : Comme d’habitude, si j’ai dit oui, c’est par pur égoïsme ! (Rires) En fait, le scénario était bon, et j’avais devant moi J.J. Abrams, un réalisateur que j’admire depuis longtemps.

F.D. : Quels souvenirs gardiez-vous du Han Solo des seventies ?

H.F. : La production avait collé mon nom sur la porte de ma loge ! Cela m’a bien aidé pour me rafraîchir la mémoire ! J’étais très heureux de retrouver Solo ! Tout comme j’étais ravi de passer du bon temps avec Carrie [Carrie Fisher alias Princesse Leïa, ndlr] et Mark [Mark Hamill alias Luke Skywalker, ndlr]. Sans oublier, bien sûr, les petits nouveaux que je trouve excellents ! J’ai vraiment passé un bon moment ! Ce qui est fascinant avec Star Wars, c’est que cette saga se transmet de génération en génération, comme un héritage.

F.D. : Vos proches, en particulier vos enfants les plus jeunes, est-ce qu’ils comprennent cette folie ? Est-ce qu’ils vous ont demandé d’assister à la première du film ?

H.F. : Pas plus que ça ! Je suis sûr que tous mes gosses seront enchantés de voir ce nouveau film car il est très bon ! Mais ce ne sont pas non plus des fans ! Pour être honnête, mon fils de 14 ans [Liam, l’enfant adoptif de sa compagne, Calista Flockhart, ndlr] préfère regarder Hercule Poirot ou Sherlock Holmes plutôt que de la science-fiction !

F.D. : Voyez-vous la vie différemment depuis votre accident d’avion ?

H.F. : Peut-être suis-je stupide, mais je ne vais pas changer ! J’adore piloter et ma femme me soutient car elle sait à quel point voler est important pour moi ! Pour ce qui est du physique, ne vous faites pas de mouron. Je refais du vélo et du tennis. Des frayeurs en avion, j’en ai déjà eu. Un jour, mon Beech 36 TC a été victime d’une violente bourrasque qui l’a fait dévier de sa trajectoire avant de finir sa course sur la pelouse de l’aéroport de Lincoln. Cet incident ne m’a en rien gâché mon plaisir de voler. Dans un avion, je ressens une sorte d’excitation. C’est une sensation très difficilement explicable. En tout cas, c’est une passion dévorante.

F.D. : À quoi voudriez-vous consacrer votre temps libre ?

H.F. : J’aimerais voyager davantage, tout en passant plus de temps à la maison ! Les deux me manquent. Je voudrais voler dans des endroits où je n’ai jamais volé auparavant ! Je voudrais jouer plus souvent avec mes enfants et mes petits-enfants, les emmener à l’école et taquiner le goujon dans mon ranch du Wyoming !

F.D. : Vous avez joué deux des plus grands personnages du box-office planétaire, Han Solo et Indiana Jones. Avez-vous des points communs avec eux ?

H.F. : Le point commun, mais c’est moi ! Ce sont deux cyniques prêts à tout pour arriver à leurs fins ! Et ils sont nés de l’imagination fertile de George Lucas !

https://www.youtube.com/watch?v=mH9Ygfs5avo

F.D. : En 1998, vous avez été élu « Homme le plus sexy du monde », coiffant sur le poteau Leonardo DiCaprio et Matt Damon ? Cela vous a fait quel effet ?

H.F. : Rien. ça n’a pas changé mon mode de vie, ni bouleversé ma relation avec mon miroir. Sexy ? Peut-être dans le regard des autres. Pas dans le mien. Je ne me sens pas particulièrement beau. Observez-moi bien, j’ai un nez cassé et un œil plus haut que l’autre. Quant à mon sourire, il part complètement de travers. Quand on me photographie, on doit tricher pour me faire ressembler à un acteur de cinéma.

F.D. : Votre fils aîné, Benjamin, a ouvert son restaurant. Qu’est-ce qu’on y sert ?

H.F. : Les saveurs sont très méditerranéennes. Ben fait des associations très originales et succulentes…

F.D. : Vous appréciez quel style de cuisine ?

H.F. : La cuisine thaïe. Je la trouve très équilibrée. En réalité, je ne suis pas un grand gourmet. Peut-être parce que les chefs se prennent trop au sérieux. En France, j’adore manger dans les restos routiers. C’est bon. Simple. Copieux. On vous sert vite et sans chichis.

F.D. : Et pour brûler les calories, comment faites-vous ?

H.F. : Je coupe du bois, je ramone la cheminée, je bricole dans la maison et je joue quotidiennement au tennis avec un entraîneur professionnel. Pas pour gagner, mais parce que cela me permet de garder la forme !

F.D. : Vous avez la belle vie quoi !

H.F. : J’en suis conscient et c’est bien pour ça que je ne me plains jamais. Le matin, je prends plaisir à observer le soleil se lever. J’ai aussi la chance de pouvoir regarder mes enfants grandir.

F.D. : Vous avez mis des années à réussir…

H.F. : À 24 ans, et après m’être fait dire que je ne réussirais jamais à Hollywood, il m’a bien fallu trouver un job. Et vite. Car j’avais aussi deux fils et une femme à nourrir ! Comme j’étais bricoleur, j’ai accepté un emploi de charpentier sur le chantier de construction d’un studio d’enregistrement pour un compositeur brésilien. Mes clients ont apprécié mon travail. Le bouche-à-oreille a fait le reste. Je ne travaillais que pour des gens riches et j’avais toujours du boulot. Au point que j’ai refusé un second rôle que me proposait George Lucas dans American Graffiti. Il ne voulait me donner que 485 dollars par semaine, soit à peine la moitié de ce que je gagnais comme charpentier. J’ai changé d’avis lorsqu’il m’a offert un supplément de 15 dollars par semaine.

F.D. : Est-il exact que pour le rôle de Han Solo vous étiez payé 1.000 dollars par jour en 1977 !

H.F. : Non ! C’était 1.000 dollars par semaine ! George Lucas savait déjà s’y prendre ! À l’époque, j’étais fauché et j’avais du mal à percer. Alors quand George me proposa un job et l’opportunité de décrocher un rôle majeur, j’ai sauté sur l’occasion sans trop me poser des questions.

F.D. : Qu’est-ce que vous attendez de Hollywood aujourd’hui ?

H.F. : Qu’on me laisse faire mon boulot tranquille et qu’on m’offre encore des opportunités.

De notre envoyé spécial à Los Angeles Frank Rousseau

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