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Hélène Rollès : "Je rêvais d'être agricultrice !"

Publié le 7 septembre 2021

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L’idole des années 1990, que l’on retrouve chaque week-end sur TMC dans “Les mystères de l’amour”, nous revient avec un album. À 54 ans, Hélène Rollès est toujours “une fille comme les autres”…

Qu’elle soit seule sur scène ou avec sa bande de copains à l’écran, la jolie blonde de 54 ans n’a jamais cessé de faire vibrer les foules. Et si l’hystérie des années 1990 s’est, bien sûr, quelque peu apaisée, le succès, lui, ne s’est pas démenti. Elle-même est d’ailleurs la première surprise de voir que plus de 2 millions de personnes suivent ses aventures chaque weekend dans Les Mystères de l’amour, sur TMC, tandis qu’à chacun de ses concerts le public est plus que jamais au rendez-vous ! En attendant de la retrouver sur scène, vous pouvez vous offrir son nouvel album, le dixième, sobrement intitulé Hélène, avec quatorze titres inédits dont Je vous aime, dédié à ses fans. À cette occasion, la chanteuse a accepté de se confier.


France Dimanche : Vous signez votre dixième album, que ressentez-vous ?

Hélène Rollès : Beaucoup de joie ! Et aussi un sentiment très étrange… En l’écoutant terminé, on a eu avec Jean-Luc [Azoulay, son producteur, ndlr] la même sensation de replonger trente ans en arrière. Je ne sais pas si c’est le choix des chansons, l’univers, les mélodies, mais ça nous a rappelé mes débuts, comme si c’était mon premier disque. Du coup, on était super nostalgiques ! En ces temps si pesants, c’est une belle bouffée d’oxygène.

FD : Y a-t-il un titre dédié à quelqu’un en particulier ?

HR : Oui, la chanson Je vous aime est pour mes fans. C’est grâce à eux si je suis sur scène et dans Les Mystères… Sans eux, il n’en serait rien, donc c’est la moindre des choses de les remercier.

FD : Êtes-vous toujours animée par la même passion de jouer et de chanter ?

HR : Toujours ! Avec les copains de la série, à chaque fois, se retrouver est un immense bonheur. On se marre tellement que c’est un réel plaisir d’aller bosser ! Quant à la scène, quelle joie de revoir le public, de le sentir tout près de moi…

FD : Tout cela a dû bien vous manquer ces derniers mois ?

HR : Oui et non, en fait. Car monter sur scène me terrifie à un point que vous ne pouvez pas imaginer ! À chaque fois, je me dis : « Mon Dieu, mais pourquoi j’ai accepté ? Qu’est-ce que je fous là ? » Je me maudis ! Bref, c’est un exercice qui me stresse énormément. Une fois le concert fini, en revanche, je mets du temps à partir, je profite. J’adore ce moment. Donc le début des concerts ne m’a pas manqué, mais la fin, oui !

FD : À 16-17 ans, vous avez refusé un petit rôle aux côtés de Jean-Paul Belmondo dans Le Marginal, de Jacques Deray. L’avez-vous regretté ?

HR : Ah oui ? Je ne m’en rappelais pas. Mais non, pas de regret. J’ai toujours fonctionné à l’instinct et par rapport à mon envie du moment. Donc, si à l’époque je ne l’ai pas fait, c’est que j’avais mieux à faire [Hélène était alors lycéenne, ndlr] !

FD : À vos débuts chez AB Productions, il paraît que vous travailliez aussi au service courrier…

HR : Bien obligée ! Certes, j’avais déjà sorti la chanson Dans ses grands yeux verts et je participais à pas mal d’émissions de télé, comme le Club Dorothée ou Pas de pitié pour les croissants, mais tout ça ne me rapportait pas beaucoup d’argent, en tout cas pas assez pour me loger à Paris ! Jean-Luc m’a alors proposé un petit job au service courrier, histoire de pouvoir payer mon appartement et mon essence. Un poste très important qui me permettait, du coup, de partir et revenir à ma guise. Sans ça, je n’aurais pas pu rester.

FD : Êtes-vous sensiblement à la ville telle qu’on vous connaît à la scène ?

HR : Comme le rôle d’Hélène Girard, d’abord pour Premiers baisers puis Hélène et les Garçons, a été calqué sur moi, je ne pense pas être très différente dans la vie. En tout cas, moi, je me sens assez proche de mon personnage.

FD : À la grande époque, comment aviez-vous vécu l’hystérie des fans ?

HR : Au début, on ne s’en rendait pas compte, car on travaillait énormément et moi je ne sortais pas beaucoup… Jusqu’en 1993, à Cannes, où ça a été une vraie folie. Là, j’ai compris.

FD : Petite, vous rêviez de faire quoi ?

HR : Paysan. Oui, je voulais être agricultrice, mais comme mes parents n’étaient pas dans ce milieu, c’était à l’époque très compliqué. Du coup, je m’étais orientée vers un BTS tourisme, histoire de voyager, puis j’ai ensuite fait une fac de droit… et Jean-Luc est arrivé et on ne s’est plus quittés ! J’avais 19 ans. Après, j’ai beaucoup voyagé, mais sans faire de BTS !

FD : En 1994, le journal britannique The Sunday Times vous a qualifiée de « New Bardot », qu’avez-vous ressenti ?

HR : Oh là là, oui c’est vrai, j’avais oublié ! Moi je trouvais ça assez rigolo, mais ce sont surtout mes parents qui étaient très fiers.

FD : Votre rôle dans la série ne vous a jamais lassée ?

HR : Quand j’en ai marre, je fais une pause ! Comme dans tous les métiers, il y a des jours où on a moins envie que d’autres… Lorsque je me sens moins utile ou que j’ai le sentiment de ne servir à rien, je pars. Et puis je reviens, car je sais combien ça apporte de bonheur aux gens. Mais prendre du recul fait beaucoup de bien. Comme en vacances : ça fait du bien de partir et tout autant de revenir.

FD : Et avec Jean-Luc Azoulay, c’est toujours une belle entente ?

HR : C’est une grande histoire d’amour, on est comme un vieux couple ! Non, c’est une blague, mais on va fêter les 30 ans d’Hélène et les Garçons l’année prochaine, comme il se doit j’espère. On a vécu des trucs si forts tous ensemble, forcément, ça soude.

FD : Pensiez-vous, quand vous avez commencé, vivre un truc pareil ?

HR : Absolument pas. Je me suis laissée porter, guider par mes envies, et, jusqu’à présent, ça ne m’a pas trop mal réussi. On a aussi eu l’immense chance d’avoir le public avec nous. Lorsqu’on a repris Les Mystères de l’amour en 2011, on n’aurait jamais parié tenir dix ans encore. C’est grâce à Patrick [Puydebat, alias Nicolas, ndlr] qui un jour a lancé : « Et si on reformait la bande ? » Tout le monde était partant et Jean-Luc a joué le jeu, surtout pour nous faire plaisir – au début en tout cas – et aussi pour voir ce que ça pouvait donner. Aujourd’hui, c’est fou, on m’a dit que plus de deux millions de personnes nous regardent chaque week-end.

FD : Avec cette étiquette « AB », avezvous eu l’impression d’être mise dans une case ?

HR : Ce n’était pas qu’une impression, on a carrément été mis dans une case ! Ce n’est pas grave. Ça en a sûrement gêné certains, mais pas moi. C’est une jolie étiquette et j’en suis très fière. On a vécu, et on continue à vivre, tant de chouettes moments que, si c’était à refaire, je referais pareil !

FD : Vous êtes connue et aimée un peu partout dans le monde. Dans quel pays préférez-vous chanter ?

HR : Oh, il y en a plein. En Norvège, par exemple, ils m’avaient comparée aux Beatles ! Il faut dire que le public, plutôt froid habituellement, s’était déchaîné et avait envahi la scène, si bien que la sécurité avait dû me porter pour m’évacuer. Le lendemain, les journaux publiaient ces photos dingues et titraient : « Hélène like The Beatles ! » (« Hélène comme les Beatles ! »). Je n’en revenais pas. J’adore aussi la Chine.

FD : Il paraît d’ailleurs que vous chantez aussi en chinois ?

HR : En effet. Mais alors moi qui suis déjà terrorisée de chanter sur scène en français, vous imaginez en chinois… Néanmoins, j’y suis obligée car ils ne me comprennent pas sinon. Si on avait un Chinois en concert chez nous, on serait bien content qu’il chante un peu dans notre langue. Donc, je me mets à leur place. Mais si vous saviez comme je me torture… D’ailleurs, je regrette d’avoir mis de côté mes chansons en chinois alors que je sens une nouvelle tournée en Chine démarrer bientôt. Il va falloir que je m’y remette !

FD : Pas évident, en effet…

HR : Non, surtout que la moindre respiration de travers peut vous faire dire un truc qui n’a rien à voir. L’autre fois, je voulais leur dire : « Je vous aime », et j’ai en fait déclaré : « Vous êtes tous gros ! » J’ai compris après pourquoi ils se marraient tous. Bref, « Je t’aime » et « Je te déteste » ont juste une petite respiration de différence, alors pour peu que tu sois essoufflé… C’est hyper compliqué ! Heureusement, ils sont gentils et chantent avec moi, donc quand j’ai un petit trou, je leur tends le micro.

FD : Si vous deviez n’en garder qu’une entre la chanson et la comédie ?

HR : Eh bien je ne pourrais pas !

Caroline BERGER

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