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Henrik de Danemark : il n’était que le mari de la reine !

Publié le 3 mars 2018

Henrik de Danemark, l’aristocrate girondin qui vient 
de s’éteindre, n’a jamais supporté son rôle de faire-valoir.

Pas facile de vivre dans l’ombre de sa femme, surtout dans un pays étranger dont votre tendre épouse est la souveraine.

Aux yeux d’Henrik, qui s’est éteint le 13 février à l’âge de 83 ans au château de Fredensborg des suites d’une infection pulmonaire, et qui souffrait officiellement de démence depuis septembre 2017, il y avait vraiment quelque chose de pourri au royaume de Danemark.

Ce Bordelais était né avec un nom fleurant bon la noblesse française, Henri de Laborde de Monpezat.

Après une enfance passée en Indochine – d’où sa parfaite maîtrise du mandarin et du vietnamien –, le jeune homme entre dans la carrière diplomatique.

C’est à Londres que sa route croise celle de Margrethe, héritière du trône. Pour l’épouser en 1967, il abjure sa foi catholique pour devenir protestant et se fait naturaliser danois.

Cinq ans plus tard, la jeune femme monte sur le trône.

Lui doit se contenter du rôle de prince consort, ce que son orgueil peine à accepter. On ne peut pas dire que ce Méridional, amateur de poésie (Henri a publié plusieurs recueils illustrés par son épouse) et de grands crus, faisait l’unanimité chez ses sujets, comme il l’écrira dans ses mémoires, Destin oblige : « Tout ce que je faisais était critiqué. Mon danois était bancal. Je préférais le vin à la bière, les chaussettes en soie aux chaussettes en tricot, les Citroën aux Volvo, le tennis au football. J’étais différent. »

Absent

S’il estimait « jouer le jeu », Henri-Henrik acceptait mal ce rôle de faire-valoir, comme si cette fonction était une atteinte à sa virilité.

De moins en moins enclin à assurer ses missions protocolaires, son attitude avait suscité des controverses. Ainsi, en avril 2015, il avait brillé par son absence lors des célébrations du 75e anniversaire de la reine, prétextant devoir garder le lit.

Quand des journalistes le débusquèrent en pleine forme quelques jours plus tard à Venise, cela fit les choux gras de la presse à scandale. Souvent d’humeur boudeuse, la maison royale avait décidé de le mettre à la retraite en janvier 2016.

Henrik s’était encore distingué l’été dernier, en annonçant ne pas vouloir être inhumé au côté de son épouse dans la cathédrale de Roskilde : n’étant pas son égal dans la vie, il ne souhaitait pas l’être dans la mort.

On ignore pour l’instant où sera inhumé cet aristocrate girondin, exilé par amour en Scandinavie, sur une terre qu’il n’a jamais vraiment su faire sienne. 

Claude LEBLANC

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