France Dimanche > Actualités > Herbert Léonard : “Julien Lepers a relancé ma carrière !”

Actualités

Herbert Léonard : “Julien Lepers a relancé ma carrière !”

Publié le 4 mai 2016

Le chanteur coule des jours heureux dans sa maison de Barbizon, où il vit avec  Cléo, son épouse depuis cinquante ans… C’est là que Herbert Léonard est revenu sur son tube “Pour le plaisir”, composé par son ami animateur

Il y a cinquante ans, il faisait ses premiers pas dans le métier. Aujourd’hui, Herbert Léonard sort un double album, intitulé Mise à jour, dans lequel il réunit, parmi quelques inédits, des reprises de ses anciens tubes, en duo avec d’autres artistes tels que Claude Barzotti, Jean-Jacques Lafon, Christian Delagrange, Corinne Hermès ou encore le regretté Gérard Rinaldi, des Charlots. Nous l’avons rencontré…

->Voir aussi - Julien Lepers : Il se savait condamné !

France Dimanche (F.D.) : Vous souvenez-vous de vos débuts ?

Herbert Léonard (H.L.) : J’avais 20 ans, je rentrais tout juste de l’armée. J’ai commencé avec un groupe qui s’appelait Les Lionceaux. Ils étaient venus jouer à Strasbourg, la ville où je suis né, et cherchaient un guitariste. À l’époque, je faisais déjà partie d’un petit groupe amateur. Par hasard, ils m’ont vu sur scène. Et c’est comme ça qu’ils m’ont repéré. Quand ils m’ont demandé si je voulais les suivre en tournée avec Chuck Berry, je n’ai pas hésité un seul instant ! C’était le 3 janvier 1966. Trois jours plus tard, je jouais à l’Olympia avec cet immense rocker. Inoubliable ! Moi qui n’étais jamais vraiment sorti de ma ville, je n’en revenais pas.

F.D. : Avez-vous déjà imaginé votre vie sans la musique ?

H.L. : Je n’en ai aucune idée. Je faisais des études pour devenir dessinateur industriel quand j’ai rencontré Les Lionceaux. Je serais donc peut-être resté dans ce domaine-là. En même temps, j’ai été assez tôt passionné par la musique, et le rock’n’roll m’a tellement intéressé que j’ai peu à peu délaissé mes études. Donc je me dis qu’il n’y a pas tant de hasard que ça…

F.D. : Vos parents vous ont-ils encouragé quand vous avez décidé de démarrer votre carrière ?

H.L. : Tout en étant assez réservés, ils m’ont fait confiance. Même s’il était coutume de dire à l’époque que nous faisions de la musique de sauvages. Mon père, qui était éboueur, est hélas décédé assez vite, et n’a donc pas connu la période où je suis devenu une « vedette ». Quant à ma mère, qui est partie en 1985, elle a au moins vu toute la progression. Je sais qu’elle était fière de moi.

F.D. : Et quels souvenirs gardez-vous de la période Pour le plaisir ?

H.L. : J’ai commencé à devenir connu avec Les Lionceaux, entre 1967 et 1972. C’était la première phase de ma carrière, que je dois en grande partie à mon directeur artistique de l’époque, Lee Hallyday. Puis tout s’est arrêté, ça ne marchait plus. J’ai cru que j’allais devoir tirer un trait définitif sur la chanson. Mon accident de voiture, en 1970, y était sans doute pour beaucoup. Puis, sept ans plus tard, j’ai eu la chance de rencontrer Julien Lepers. Et en 1981, nous sortions ensemble le tube qui a miraculeusement relancé ma carrière. Durant cette traversée du désert, j’étais carrément devenu journaliste spécialisé pour la revue Aviation Magazine. J’allais même obtenir ma carte de presse juste avant que ne sorte Pour le plaisir. Et dire que j’ai hésité, à ce moment-là, à reprendre la musique !

F.D. : Avez-vous des regrets ?

H.L. : Je ne regrette absolument rien. Mais je dois quand même avouer que je n’ai pas toujours chanté ce qui me plaisait. J’aurais bien aimé revenir au rhythm and blues, mais Julien [Lepers, ndlr], avec qui j’ai collaboré durant une quinzaine d’années, n’était pas du tout dans ce registre. Et ç’aurait été risqué de changer alors que nous étions au top dans les années 80.

F.D. : Êtes-vous toujours en contact avec l’animateur ?

H.L. : Oui, on se voit tout le temps… Peut-être un peu moins depuis qu’il habite à Nice. Au sujet de son éviction de Questions pour un champion, je trouve qu’ils y ont été fort. Il savait que ça allait s’arrêter un jour ou l’autre, mais pas de cette manière, aussi violemment. Il a été très choqué. Ils auraient au moins pu lui laisser finir la saison et lui accorder un peu de temps pour dire au revoir à son équipe et à son public. Il m’arrivait de le regarder, c’est un jeu bien foutu.

F.D. : Et s’il n’y avait une seule date à retenir dans toute votre carrière ?

H.L. : C’est sans aucun doute le 1er octobre 1967. C’est le jour où nous sommes tombés amoureux, mon épouse Cléo et moi. Nous nous étions déjà croisés quelques fois sur scène puisqu’elle a eu une petite carrière, elle aussi, dans la chanson. Bref, nous sommes donc ensemble depuis… près de cinquante ans ! C’est assez rare dans ce milieu. Et nous sommes aujourd’hui les heureux parents d’une fille Eléa, née en 1973, et grands-parents de trois petits-enfants, âgés de 9 à 16 ans. Ma famille est la plus belle chose qui me soit arrivée…

Philippe Callewaert

À découvrir