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Hugo Leboeuf : “Le ballon c’était pas mon truc !”

Publié le 26 mars 2016

Hugo Leboeuf, le  fils  du champion du monde 1998 Frank Leboeuf, a bien tâté du ballon rond après son bac, sans grand succès. Lui, c’est sur les planches qu’il veut faire parler la poudre…

Sur les traces de son illustre papa, nous n’aurions pas été étonnés de retrouver Hugo Leboeuf, 23 ans, le ballon rond au bout des crampons. Que nenni ! Ce sont les planches, et pour l’heure celles du théâtre Daunou, à Paris, que le fils cadet de Frank Leboeuf a choisies comme terrain de jeu.

Partageant l’affiche de l’hilarante comédie de Jean-Marie Chevret, Les amazones, avec Sonia Dubois, Virginie Pradal, Marie-Bénédicte Roy et Nicolas van Beveren, il nous régale tous les soirs dans le rôle de Loïc, un voisin gay aussi drôle que touchant. Confidences d’un jeune acteur très prometteur…

France Dimanche (F.D.) : Vous avez toujours voulu jouer la comédie ?

Tel père, tel fils. Alors que Frank entame une seconde carrière sur les planches, Hugo joue ce qu'il a toujours souhaité : la comédie.
Tel père, tel fils. Alors que Frank entame une seconde carrière sur les planches, Hugo joue ce qu'il a toujours souhaité : la comédie.

Hugo Leboeuf (H.L.) : Oui. Tout petit déjà, j’aimais me donner en spectacle, monter sur une table pour chanter, faire le clown. Quand j’étais au CM1 à Aix-en-Provence, je faisais partie de la classe de théâtre et, avec toute la troupe, on avait adapté Astérix et Obélix, mission Cléopâtre. C’était énorme ! À 14 ans, j’ai intégré The Lee Strasberg Institute, une école réputée de Los Angeles, qui m’a définitivement convaincu que c’était ce que je voulais faire. Ensuite, j’ai entamé une formation que j’ai terminée l’année dernière, au Laboratoire de l’acteur à Paris, tenu par Hélène Zidi. À ce moment-là, mon père jouait Ma belle-mère, mon ex et moi avec Nicolas Vitiello, qui était en train de mettre en scène, avec Anthony Marty, Les amazones, et avec qui j’avais bien sympathisé. Alors qu’ils n’avaient trouvé personne pour le rôle de Loïc, Nico a soudain dit à mon père : « Pourquoi ne pas le tenter avec Hugo ? » Et me voilà ! Et je peux vous dire que commencer par une telle pièce, avec tous ces comédiens géniaux, dans un beau théâtre parisien, c’est juste le grand kif !

F.D. : Vous n’avez pas attrapé le virus du ballon rond ?

H.L. : La question de faire du foot s’est posée à un moment, mais mon père voulait que je passe d’abord mon bac. Du coup, lorsque j’ai intégré le centre de formation de Nîmes, j’avais plus de 18 ans, alors que tous les autres étaient là depuis leurs 14-15 ans. J’ai alors très vite réalisé que je n’avais tout simplement pas le niveau. Et pour tout vous dire, le ballon, ce n’était pas mon truc. En songeant à mon père, au bonheur qu’il vivait grâce au football, je me disais : « J’ai envie de faire ça aussi ! » Mais en réalité, ce n’était pas du tout mon truc. Par contre, le métier de comédien m’a toujours séduit…

F.D. : Et finalement, vous montez sur les planches presque en même temps que votre père…

H.L. : Oui, même si, pour le coup, c’est un pur hasard. Pour lui, c’est une deuxième carrière. Moi, j’ai ça dans le sang depuis que je suis môme.

F.D. : Est-ce facile ou compliqué de s’appeler Leboeuf ?

H.L. : C’est un peu délicat. D’un côté, j’ai la chance d’avoir eu, grâce à mon père, une vie riche en voyages et en expériences inoubliables ! D’autant qu’il m’a appris à toujours rester humble et modeste, m’offrant une super éducation. Je ne le remercierai jamais assez pour ça. D’un autre côté, les gens, surtout en France, vous jugent facilement sur votre nom. Du coup, je me suis blindé pour me protéger de ceux qui m’attendaient au tournant.

F.D. : Jouer avec lui vous tenterait ?

H.L. : Ce serait une super expérience. Cependant, je souhaite d’abord prouver ce dont je suis capable. Mais plus tard, avec grand plaisir ! Dans la vie, on a une très bonne relation. Avec ma sœur aînée, Jade, 26 ans, il est très protecteur. Tous les deux, on s’entend bien. Comme on a énormément de points communs, on se retrouve sur plein de choses. Et si vous saviez tous les gens qui me disent : « Oh là, là ! T’es comme ton père ! » À chaque fois, je suis très flatté. Bon, il n’y a que côté capillaire que je n’aurais pas aimé lui ressembler ! [rires]

F.D. : Vous imaginiez débuter votre carrière dans le rôle d’un gay ?

H.L. : Non, mais ça ne me pose aucun problème, j’ai plein d’amis homosexuels. C’est vrai que, comme je ne le suis pas, c’est un vrai rôle de composition. Même si je ne joue pas une folle, j’ai quand même choqué plus d’un de mes copains qui m’ont dit : « Jamais je n’aurais pensé ça de toi ! » Mais ça n’a pas vraiment dérangé mes potes gays ! Il y a quelques jours, il y a même un mec qui m’attendait à la sortie du théâtre pour me filer son numéro. Je trouve ça flatteur, et je l’ai très bien pris.

F.D. : Votre père est venu vous applaudir ?

H.L. : Bien sûr ! Plusieurs fois. En le voyant dans la salle, j’étais particulièrement heureux. Et quand, à la sortie, il m’a dit qu’il était fier de moi, ça a été ma plus belle récompense. Moi qui suis si fier de lui, de tout ce qu’il a accompli, ça m’a fait vraiment chaud au cœur.

F.D. : Quels souvenirs gardez-vous de la Coupe du Monde 1998 ?

H.L. : J’avais 6 ans et, au Stade de France, j’étais sur les genoux de mon grand-père. Je ne me rappelle pas du tout du match, juste qu’à la fin j’ai retrouvé mon père sur le terrain. Je l’ai accompagné dans les vestiaires et j’ai essayé de porter la coupe. Mais impossible, elle était plus lourde que moi !

Caroline Berger

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