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Hugues Aufray : Enfin marin !

Publié le 16 mai 2008

Comment pourrait-on imaginer qu'avec sa gueule de pirate Hugues Aufray n'ait jamais eu le pied marin ? Et pourtant : s'il a toujours rêvé d'avoir un voilier, le chanteur de Santiano ne sait pas naviguer !

Toujours juvénile, à bientôt 79 ans, notre chanteur au long cours devrait enfin réaliser son rêve : franchir le mythique cap Horn...

France Dimanche (F.D.) : Le 30 mai, vous faites votre grand retour au Palais des sports. Plus de quarante ans après...

Hugues Aufray (H.A.) : C'est une date très importante pour moi. Car la première fois, en 1966, j'y étais pour chanter contre le racisme. Ce soir-là, de nombreuses personnalités étaient rassemblées autour du pasteur Martin Luther King. Deux ans plus tard, il était assassiné. Le 30 mai prochain, je veux donc chanter en son honneur. Dans mon nouvel album, Hugh ! , j'ai d'ailleurs enregistré une chanson qui aborde ce thème : L'Âme noire de l'homme blanc.

F.D. : Vous allez parrainer le Défi Québec Monde, une traversée en voilier de sensibilisation aux enjeux environnementaux ... Une fierté ?

H.A. : Oui... même si je suis toujours un peu surpris d'être associé à ce type d'événement. Quand j'ai écrit la préface de L'Esprit de la voile, de Philippe Payen ( ndlr : aux Éditions Cheminements ), j'y ai expliqué que j'étais loin d'être un spécialiste de la question. Mais ça me fera plaisir d'aller pousser la chansonnette pour lancer la course !

F.D. : Beaucoup pensent que vous avez plus l'âme d'un marin que d'un chanteur...

H.A. : Les gens sont influencés par mes chansons, comme Santiano et Les Portes de Saint-Malo. Mais je ne suis pas du tout un marin ! Quand j'avais 18 ans, je rêvais d'avoir un bateau pour faire le tour du monde, mais ce n'était qu'un rêve...

F.D. : Et cette idée ne vous a-t-elle jamais plus traversé la tête par la suite ?

H.A. : Si... Plus tard, en 1965, j'ai proposé à ma femme d'acheter un voilier, mais elle a préféré une ferme. J'en ai donc acheté une dans l'Ardèche... et nous y sommes toujours ! Mon amour de la mer, je me suis finalement résolu à le chanter. Mais ça ne m'a pas empêché de rencontrer de grands navigateurs comme Éric Tabarly, quelqu'un que j'admire énormément.

F.D. : D'après nos informations, vous envisageriez de prendre enfin la mer... en vous attaquant au cap Horn ! Rien de moins... !

H.A. : Effectivement, et pourquoi pas d'ailleurs ? Vous êtes vraiment bien informés ! L'idée serait de le faire d'ici à trois ans, avec mon grand ami navigateur, Jean-Luc Van Den Heede. Nous partirions de Valparaiso, au Chili, pour rejoindre Bahia, au Brésil. C'est le sens dans lequel il est plus facile de franchir le cap Horn, même si ça reste, bien entendu, un défi immense !

F.D. : Comment vous est venue cette idée un peu folle ?

H.A. : À mon âge, j'ai conscience que le temps est ce que l'on a de plus précieux. Et moi, il ne m'en reste plus énormément. Je veux donc profiter au maximum de la vie. Il y a tellement de livres que je ne pourrai pas lire, tellement de choses que je ne pourrai pas faire... Prendre un mois de ma vie pour franchir le cap Horn, c'est quelque chose que je veux vraiment faire...

F.D. : Cette aventure pourrait-elle marquer le début d'une nouvelle carrière ?

H.A. : Non, pas du tout. Même si je tiens à relever ce défi, je suis fondamentalement terrien ! Il est vrai que la mer me fascine, mais elle me fait également très peur... Je reste bien plus à l'aise sur un cheval, ma vraie passion, que sur un bateau. Avant de doubler le cap Horn, il va d'ailleurs falloir que j'apprenne à naviguer !

Florian Anselme

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