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Igor et Grichka Bogdanov : “On nous fait payer notre différence !”

Publié le 9 juillet 2018

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Pris dans une nouvelle tourmente judiciaire, les deux ex-animateurs de “Temps X”, Igor et Grichka Bogdanov ont répondu à nos questions…

Suite à leur récente mise en examen pour escroquerie sur personne vulnérable, les plus célèbres jumeaux de la télévision, avec lesquels France Dimanche entretient depuis longtemps des relations privilégiées, s’expliquent sur cette affaire, clamant leur innocence.


France Dimanche : La justice vous reproche d’avoir abusé de sa naïveté et escroqué Cyrille P., un producteur de votre connaissance. Qu’en est-il exactement ?

Grichka Bogdanov : Igor et moi avons été pris dans une histoire qui nous paraît délirante, grotesque même, et qui ne nous correspond en rien. Nous rejetons évidemment tout ce qui touche à cette notion d’escroquerie dans la mesure où elle est absolument infondée. Quelle escroquerie ? Nous n’avons jamais touché la moindre somme d’argent de la part de Cyrille.

FD : Vous auriez abusé de sa confiance, en incitant cette personne fragile à investir des sommes considérables dans des projets à votre profit…

Igor Bogdanov : Absolument pas ! Jamais nous ne lui avons fait faire des investissements tous azimuts, comme je l’ai lu dans Le Parisien, au sujet de voitures de luxe qu’on lui aurait demandé d’acheter. C’est risible ! On n’a jamais rien proposé à Cyrille en dehors de sa participation à la production de la reprise de Temps X. Ce magazine phare, devenu culte aujourd’hui, a été diffusé pendant dix ans sur TF1. En juin dernier, nous avions décidé d’en proposer une nouvelle version sur YouTube après avoir rencontré l’équipe de Google France.

FD : Donc vous lui avez proposé d’investir dans une nouvelle production de Temps X, diffusée sur Internet ?

GB : Non, c’est lui qui était demandeur, pas nous ! Cyrille avait lu dans la presse que nous allions reprendre ce programme. Il est venu vers nous tout naturellement et nous a dit : « Je suis un grand fan de cette émission depuis l’adolescence. » Il faut savoir que cet homme de 49 ans a fait math sup. C’est un passionné de mathématiques, de physique, d’astrophysique. Comme nous ! Alors qu’avons-nous fait ? Nous lui avons offert la possibilité de prendre un tiers des parts de l’émission pour lui, Igor et moi nous partageant les deux autres tiers. Il a alors signé, en décembre 2017, deux chèques de caution de 125 000 € que nous n’avons jamais encaissés.

FD : Pourriez-vous nous expliquer le signalement de Tracfin (institution surveillant les mouvements de capitaux suspects) de 800 000 € vous concernant ?

IB : C’est faux ! Le signalement de Tracfin concerne Cyrille, qui dépense beaucoup d’argent.

FD : Ce producteur et ami était-il sous curatelle avant votre rencontre ?

IB : Non. En revanche, il le sera peut-être à l’issue de la procédure de protection juridique qui a été lancée. Quant aux 800 000 € évoqués dans la presse, nous n’en avons pas touché le moindre centime. Cyrille est passionné par l’art. Il a acheté des statues pour 400 000 € ! Sa banque, alarmée par ses dépenses somptuaires, a avisé Bercy et Tracfin. Ce sont eux qui, suspectant une anomalie, ont saisi le procureur de la République. Ils ont bloqué ses comptes et averti sa famille.

FD : Alors pour quelle raison avez-vous été mis en examen si vous êtes totalement innocents ?

GB : C’est la procédure normale : nous sommes mis en cause, comme tous ceux qui ont été en contact avec Cyrille. Une précision à propos de cette prétendue vulnérabilité : on sait que c’est un personnage fantasque, certes, mais pas vulnérable. Il est en pleine possession de ses moyens. Pourtant, le 6 mars 2018, il a reçu une lettre du juge disant : « Vous allez être convoqué le 9 avril 2018 en vue d’une mise sous tutelle. » À l’époque, il était sain d’esprit. Aujourd’hui, il est révolté ! Sachez que nous lui conservons toute notre amitié et notre confiance.

FD : Les policiers ont-ils été corrects ?

IB : Lors de notre garde à vue, les policiers ont été tout à fait charmants. Ils étaient désolés de nous voir dans cette pénible situation. L’un d’eux nous a même déclaré : « On ne comprend pas ce que vous faites là, on préfère vous voir dans les émissions de télévision. Franchement, vous n’avez pas votre place chez nous. »

FD : À vous entendre, cette affaire n’est qu’une baudruche qui va se dégonfler…

IB : Oui. Grichka et moi sommes sereins. Nous sommes conscients que la vie est un théâtre et que, de temps en temps, on vous fait endosser des rôles qui ne sont pas les vôtres. Quand le metteur en scène se rend compte que celui qu’il vous a attribué n’est pas le bon, il vous en donne un autre.

FD : Et qu’en est-il de cette histoire d’achat de parts d’une maison parisienne vous appartenant et pour laquelle Cyrille aurait versé 750 000 euros ?

GB : Cyrille avait acheté la moitié du magnifique hôtel particulier d’Igor, pour lequel il a eu un coup de cœur, à la fin de l’année 2017. Nous nous sommes dit : pourquoi ne pas partager ce sublime lieu avec lui ? À l’époque, Cyrille était en pleine possession de ses moyens. Nous lui avons offert la possibilité de s’installer en copropriété dans ce bien rare. Il s’agit d’une maison fortifiée du Moyen-Âge dans laquelle il pouvait emménager en bénéficiant des espaces communs. Voilà, c’est une affaire limpide !

FD : Permettez-moi d’insister. Si tout est si clair, pourquoi cette mise en examen pour escroquerie sur personne vulnérable ?

IB : Je crois que la société, le système, veulent nous faire payer notre différence. N’avez-vous pas remarqué le nombre incroyable de légendes qui courent sur nous ? Nous aurions appris à compter à l’âge d’un an ! Nous allons vivre 300 ans ! Tout cela fait partie d’un folklore auquel nous sommes habitués. Pour conclure, nous ne sommes ni des moutons blancs, ni des moutons noirs, mais des moutons phosphorescents qui dérangent l’espace social par leur différence.

Jean-Baptiste DROUET

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