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Ingrid Chauvin : “Mon cœur est grand ouvert pour un enfant !”

Publié le 28 juillet 2018

A Monte-Carlo, lors du 58e Festival de Télévision, Ingrid Chauvin nous a confié son désarroi face à son interminable attente pour adopter.

Dans la peau de Chloé Delcourt, l’actrice ravit chaque soir les téléspectateurs fidèles à Demain nous appartient (TF1).

Un incroyable succès qu’elle n’a pas vu venir et savoure avec délice, comme elle nous l’a révélé lors du festival de télévision monégasque.

L’occasion aussi pour la jeune femme de 44 ans d’évoquer sa nouvelle vie dans le Midi, ses débuts dans le métier, les 2 ans de son petit Tom et ce coup de fil qui n’arrive malheureusement pas…


France Dimanche : Comment vivez-vous le triomphe de Demain nous appartient ?

Ingrid Chauvin : Merveilleusement bien. Si le pari n’était pas gagné d’avance, ­l’investissement de chacun est tel qu’on est heureux de voir le public au rendez-vous et les audiences qui ne cessent de grimper. On savoure ce bonheur, tout en gardant la tête froide, et avec humilité, car rien n’est jamais acquis.

FD : Vous aimez jouer dans des séries ?

IC : Oui, j’adore ! Il faut dire que j’en ai fait énormément. Mais c’est la première fois que je participe à une quotidienne. On s’invite chaque soir chez les gens, et j’aime ça.

FD : Comment se passe votre nouvelle vie, à Sète, où vous vous êtes installée avec votre petite famille pour les besoins du tournage ?

IC : Vivre dans le Sud, surtout avec un enfant, c’est magique ! Tom a une immense aire de jeux ! [Rire] Élever un petit ici est une vraie chance. Je ne vous cache pas que le choix de venir nous y installer ne s’est pas fait en deux secondes, car nous savions que ce serait un sacré bouleversement. Ça a été une vraie décision de famille. Durant au moins trois semaines, nous avons hésité avant de tenter l’aventure. En gardant à l’esprit que si ça ne marchait pas, on reviendrait, car rien n’est définitif dans nos métiers. Mais on est très heureux !

FD : On vous voit beaucoup à la télé, un peu au théâtre, mais pas du tout au cinéma. Vous en auriez envie ?

IC : Pas spécialement. Et je suis sûre que dans quelques années, les festivals de télé deviendront plus importants que ceux de cinéma. C’est une question de popularité. Et, en ce qui me concerne, je suis une vraie héroïne du petit écran. J’y suis habituée et m’y sens bien.

FD : Comment avez-vous débuté ?

IC : Enfant, j’étais dans ma bulle, et je m’inventais des personnages, des histoires. Un jour, j’ai réalisé que si je devenais comédienne, je pourrais être tous ces personnages et vivre ces histoires. Comme j’étais une petite fille très timide, ça me permettrait de faire des choses que je ne me serais pas autorisées dans la réalité. Je ne voulais pas devenir célèbre, juste incarner des femmes différentes. Du coup, lorsque j’en ai eu la possibilité, en parallèle à des études d’esthéticienne et de maquilleuse, je me suis inscrite à un cours de théâtre. Et j’ai eu l’immense bonheur d’être repérée rapidement.

FD : Quel souvenir garde la grande timide que vous êtes de ses premiers castings ?

IC : C’était l’enfer ! J’ai la chance de ne plus en passer depuis vingt ans, car je pense qu’aujourd’hui encore je serais mortifiée. Désormais, on me propose des projets, ce qui m’arrange. Se prêter à une audition est pour moi un supplice, comme l’instant qui précède l’entrée en scène. On se dit : « Pourquoi se faire tant mal ? » Mais ensuite, dès que je rentre dans la peau d’un personnage, je peux faire tout ce que je veux, devant n’importe qui. C’est extraordinaire !

FD : Que vous apporte ce métier ?

IC : Un magnifique épanouissement et aussi une thérapie. On se soigne en faisant ce métier. Et j’aime l’idée de rester humble, de ne jamais oublier d’où l’on vient. Je suis quelqu’un d’ordinaire qui a une vie extraordinaire !

FD : Le 10 juin, vous avez célébré les 2 ans de votre petit Tom…

IC : Quelle joie ! On a fêté ça dans les arènes de Nîmes pleines à craquer pour l’émission La chanson de l’année 2018 [diffusée sur TF1 le 8 juin dernier, ndlr]. Au début, je craignais qu’il y ait trop de monde. Et en fait, Tom s’est éclaté ! Il avait ses petits bouchons d’oreille, son casque, il a applaudi et dansé jusqu’au bout de la nuit. C’était très chouette !

FD : Où en êtes-vous de votre demande d’adoption ?

IC : Au point mort. C’est assez frustrant, et en même temps nous ne sommes pas les seuls à être dans l’attente. Mais je vois l’échéance de notre demande d’agrément arriver et nous avançons en âge. On ne peut rien faire à part continuer d’espérer. Nos cœurs sont grand ouverts. Ce sera un autre cadeau de la vie qui viendra, ou non, on verra. On a la chance d’être parents. D’autres ne l’ont pas, donc on n’a pas le droit de se plaindre. Maintenant, je demeure persuadée qu’il y a beaucoup d’enfants à adopter qui, malheureusement, restent dans des foyers à cause de lois inadaptées. Mais si ça devait arriver, vous seriez très vite au courant.

FD : Ça vous fait du bien de tout partager avec votre public ?

IC : Ce n’est pas que ça me fasse du bien, c’est juste une forme de respect par rapport aux gens qui ont été si présents lorsque j’ai vécu l’horreur. Ils m’ont apporté tant d’amour. Lorsque j’ai annoncé la terrible nouvelle [le décès de sa petite Jade à l’âge de 5 mois, dû à une malformation cardiaque, le 25 mars 2014, ndlr], plus d’un million de personnes m’ont soutenue [elle fond en larmes], donc j’estime que je me devais ensuite de les associer à mon bonheur, car si j’ai réussi à rester debout, c’est en grande partie grâce à eux. Être quelqu’un de connu et partager ces moments, qu’ils soient terribles ou beaux, permet aussi de donner de l’espoir aux gens. Ce n’est pas juste pour dire : « Regardez ce qui m’arrive », non, je sens que ça leur fait du bien, et ma plus belle récompense, c’est lorsqu’ils me confient : « Merci, parce que, grâce à vous, on ose encore y croire, on ose espérer, malgré la mort de notre enfant, de redevenir parents. » Le fait de partager ça, d’avoir écrit des livres sur le malheur, sur le bonheur, permet de faire du bien aux autres. Rien que cela en valait la peine.

Caroline BERGER

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