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(Interview exclusive) Charlotte Julian : « J’ai trouvé une deuxième joie de vivre »

Publié le 29 juillet 2019

La star des années 80 sort un nouvel album. Dans une interview exclusive, elle se confie sur ce nouveau projet ainsi que sur sa carrière de peintre. Rencontre.

La Fleur de Province fleurit à nouveau. Après plusieurs années de silence, Charlotte Julian donne à nouveau de la voix. Récemment la chanteuse 68 ans a sorti un nouveau double-album de chansons remastérisées. La Zoubida, la Bicyclette ou encore la fille du Buffalo-Bill sont notamment de la partie. Une plongée dans la nostalgie pour cette peintre côtée qui a fait du 3e art sa priorité ces dernières années.

France Dimanche : Qu’est-ce qui vous a décidé à sortir un nouvel album à 68 ans ?

Charlotte Julian : Je n’y suis pour rien, figurez-vous ! Cela fait longtemps que je me suis retirée du show-business ! Lorsque Marianne Mélodie m’a appelée, j’ai même tenté de les décourager. Je leur ai dit : « Je suis vieille vous savez, je n’existe plus ! ». Ils m’ont répondu que non, alors je les ai laissé faire. Quand j’ai vu le résultat, je leur ai tiré mon chapeau ! Ils ont fait un magnifique travail de remastérisation de 40 titres ! C’est ce qu’on appelle du très beau boulot !

FD : Est-ce que le show-business vous manque ?  

CJ : Pas du tout ! Ça s’est fait tout naturellement. À mon âge, rares sont les artistes qui ont encore une maison de disques. Lorsque le nombre de galas auxquels j’étais conviée a commencé à diminuer, ma peinture a pris de plus en plus d’ampleur. Ça s’est fait de manière douce. Je peins depuis toujours, mais j’ai commencé à vendre mes tableaux à La Gazette Drouot [revue hebdomadaire consacrée aux ventes aux enchères publiques et au marché de l’art, Ndlr.] il y a cinq ans par exemple. Aujourd’hui, c’est la peinture qui passe en priorité ! Deux-trois producteurs m’ont pourtant appelée pour me proposer de nouvelles chansons. Je leur ai répondu que tout cela était fini pour moi, même si je continue à faire, à l’occasion, quelques galas car ça me met du baume au cœur.

FD : Qu’est-ce que la peinture a changé dans votre vie ?

CJ : Lorsque j’ai eu mon cancer, la peinture m’a beaucoup aidé. Mes plus belles toiles datent de cette époque. En me levant le matin, je ne pensais pas à la galère. C’était la jolie plage que je peignais qui occupait mon esprit. Ça m’a aussi permis de faire mon deuil quand j’ai perdu ma mère… De manière générale, quand vous avez une passion dans la vie, ça aide beaucoup dans les galères. Grâce à la peinture, j’ai rencontré de nouvelles personnes. Les peintres sont très différents des gens du show-business. J’ai retrouvé une deuxième joie de vivre.

FD : Pourquoi avoir choisi l’art naïf ?

CJ : Je ne l’ai pas choisi ! Quand vous peignez, vous ne choisissez pas ce qui vous inspire. Mes premières peintures datent des années 70. À l’époque, je peignais simplement des choses qui me plaisaient sans savoir que mon style appartenait à un genre. Je peignais des choses mignonnes, des plages, des petits cirques, des magasins. Ça me rappelait mon enfance.  Lorsque les critiques commentent mes toiles, ils écrivent souvent que l’on peut y sentir la nostalgie de mon enfance. Je crois que c’est exactement ça… J’en ai un merveilleux souvenir, notamment grâce à mes parents qui étaient des gens vraiment gentils.

FD : À quel moment avez-vous décidé de professionnaliser votre peinture ?

CJ : À l’origine, je faisais ça pour m’occuper le week-end quand je n’avais pas de gala. Je n’avais aucune prétention, surtout que mon frère est un grand peintre qui expose dans toute l’Europe ! Lorsque mes amis venaient dîner chez moi, ils me faisaient parfois des compliments sur mes toiles alors je leur donnai. Ça a fait boule de neige. Un jour, un copain m’a appelée en me disant : « Dis donc Charlotte, j’ai des amis qui sont venus à la maison. Ils ont vu ton boulot. Ils en veulent un, mais ils te paieront. » J’étais vraiment surprise. Voyant que la mayonnaise prenait un peu, j’ai voulu faire encadrer mes peintures. Lorsque je suis venue les récupérer, j’ai eu la surprise de les voir en vitrine. « Beaucoup de clients voulaient acheter vos peintures », m’a expliqué l’encadreur. Ça m’a vraiment fait plaisir. J’ai fait ma première exposition, puis deux, puis trois…

FD : Peintre, chanteuse… Avez-vous encore le temps de voir vos amies Evelyne Leclercq, Marie-Paule Belle, Patricia Frachon, Annie Stone et Sophie Darel ?

CJ : Vous savez, peindre ne me prend pas toute la journée ! Evelyne vient me voir ce soir par exemple. Depuis plusieurs années, nous nous retrouvons à l’occasion des vacances à Cannes où nous avons toute deux une maison. Pour le reste, nous nous voyons quand nous pouvons à Paris. Hier, j’ai aussi eu Annie Stone au téléphone ! C’est une très vieille amie… Nous nous sommes connues dans les années 80 au début de nos carrières respectives. Et puis, vous savez… Je n’ai plus que ça à faire moi maintenant (rires).

Julia NEUVILLE

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