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Isabelle Adjani : En danger de mort !

Publié le 11 mars 2018

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Pendant des années, Isabelle Adjani a refusé d’affronter le mal insidieux qui la rongeait.

Deux ans qu’on ne l’avait pas revue sur grand écran !

Presque une vie au vu de la métamorphose qu’a subie l’actrice depuis son dernier rôle dans Carole Matthieu de Louis-Julien Petit. C’est en effet une Isabelle Adjani amincie, rajeunie, éclatante, qui est à l’affiche du film Le Monde ou rien, de Romain Gavras, dont la sortie en salle est prévue pour le 18 avril prochain.

À 62 ans, elle est redevenue cette beauté ravageuse qui crevait la toile dans L’été meurtrier.

Son secret ? Il tient dans cette maxime de Confucius : « On a deux vies, et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une. »

Il y a deux ans en effet, Isabelle a failli perdre la première. À cette époque, elle pesait 45 kg de plus, ne sortait jamais sans ses larges lunettes noires qui dissimulaient son visage, la gorge soigneusement cachée sous de longues écharpes, et ses formes dissimulées dans des vêtements trop amples. Jusqu’à un certain point, sa silhouette enrobée ne lui a pas posé de réels problèmes, comme elle s’en était ouverte dans Paris Match : « Quand je ne travaille pas, j’ai un côté maman. Le physique n’est plus une priorité. »


En 2009, lorsqu’on lui propose de jouer dans La journée de la jupe, l’actrice relève le défi : « J’ai pris le risque de faire avec des kilos en trop, avec un gros cul, des grosses joues. J’ai assumé mon surpoids », avouait-elle. Un surpoids qui, malheureusement, n’a fait que s’accentuer avec les années, au point de mettre ses jours en danger, comme elle vient de le confier dans la longue interview accordée au magazine Gala. « Je craignais pour ma santé. […] J’avais envie de m’alléger de beaucoup de choses. Je me suis dit, je ne vais pas faire de vieux os, si ça continue de peser comme ça. Au sens propre, comme au figuré. »

Souffrir

Passée un certain seuil, une prise excessive de poids ne relève plus d’un souci d’esthétique, mais devient une véritable maladie. La plupart du temps, elle peut engendrer hypertension, diabète, taux élevé de cholestérol, troubles cardio-vasculaires et autres problèmes qui peuvent avoir des conséquences dramatiques sur la santé.

Avec 45 kg en trop, la comédienne avait largement dépassé le stade du simple embonpoint. La star souffrait dans sa chair, mais aussi moralement, comme elle l’explique, toujours dans Gala : « Comment continuer de paraître si on n’est pas présentable telle qu’on vous a connue, telle qu’on s’est connue soi-même ? »

Alors cette grande artiste, qui ne fait jamais les choses à moitié, a pris la résolution de changer. Son alimentation bien sûr, mais surtout son regard sur elle-même. Apprendre à respecter ce corps, qu’elle était en train de détruire à petit feu, ne s’est pas fait en un jour. En plus de cures régulières de jus détoxiquants, elle s’est adonnée à l’hypnose, la méditation, le yoga, des disciplines qui lui ont appris beaucoup, notamment la nécessité de prendre son temps.

« Ne plus se focaliser sur l’objectif, quand on sait qu’il va être long à atteindre, c’est essentiel », note-t-elle. Une reconquête d’autant plus salvatrice qu’Isabelle, aussi splendide soit-elle, a toujours eu des relations complexes avec son image.

Elle l’explique en partie par l’éducation rigoureuse et pudique à l’extrême inculquée par son père, Mohammed Chérif Adjani. « Il avait décrété une dictature d’anéantissement du corps. Les miroirs en pied étaient inexistants à la maison et l’on ne m’a jamais dit que j’étais jolie. […] Ignorer son corps crée des dommages irréparables à l’âge adulte », avouait-elle, il y a quelques années à Madame Figaro.

Adolescente coincée, Isabelle écope au lycée du surnom peu flatteur de « bonne sœur ». ça ne l’empêche hélas pas, de vivre, à l’âge de 15 ans, une expérience traumatisante dans le métro : elle subit les attouchements d’un pervers.
« Les sensations avilissantes que j’avais éprouvées ne se sont pas effacées », déplore-t-elle.

Très concernée par l’affaire Weinstein, la comédienne avait dénoncé en octobre dernier dans Le Journal du dimanche, l’impunité dont profitent les prédateurs et les harceler dans le milieu du cinéma, en France. S’opposant aux signataires de la tribune du Monde (dont sa consœur Catherine Deneuve) sur la liberté d’importuner, Isabelle réaffirme aujourd’hui la nécessité de poursuivre le combat : « Les femmes sont toujours autant menacées partout dans le monde, alors ce n’est pas le moment de relâcher la pression. »

L’actrice a réussi à vaincre l’ennemi qui la menaçait : elle-même. Sereine et bien dans sa peau, la comédienne n’hésite d’ailleurs pas à pratiquer l’autodérision.
« Je respecte mon corps, je l’aime… Ça ressemble peut-être à des affirmations de Californienne, mais je ne vois pas d’autre façon pour que ce soit pérenne. »

Soyez tranquille, chère Isabelle, vous ne ressemblez qu’à vous-même, et c’est ainsi qu’on vous aime !

Lili CHABLIS

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