France Dimanche > Actualités > Isabelle Nanty : Son bouleversant 
aveu d’échec !

Actualités

Isabelle Nanty : Son bouleversant 
aveu d’échec !

Publié le 21 février 2018

À l’âge des premiers bilans, Isabelle Nanty, l’irrésistible actrice des “Visiteurs”, des “Tuche” ou de “Tatie Danielle” n’hésite pas à dire qu’elle est passée à côté de sa vie de femme.

Dans la plupart des rôles qui l’ont rendue célèbre et aimée des Français, elle est l’image même de la joie de vivre et de la bonne humeur. Mais c’est tout le problème, avec ces êtres toujours un peu à part que sont les comédiens : plus doués que la plupart des gens pour se cacher derrière des masques, ils peuvent receler des failles intimes profondes sans que personne les soupçonne.

Sauf s’ils décident de les dévoiler eux-mêmes, au grand jour. Et c’est précisément ce que vient de faire Isabelle Nanty, à la fois actrice irrésistible dans Tatie Danielle, Les visiteurs, Les Tuche, etc. et réalisatrice de talent avec Le bison (et sa voisine Dorine).

L’aveu qu’Isabelle a fait voilà quelques jours, dans Gala, surprend d’abord. Puis, une fois qu’on a compris qu’il ne s’agissait pas d’une « pirouette », c’est plutôt une certaine tristesse que l’on ressent.

Constat

Car ce que dit la comédienne n’est pas gai, jugez-en : « Je n’ai pas raté ma vie, car j’ai fait de belles rencontres qui m’ont construite et permis de vivre de belles choses. Néanmoins, je pense que je suis quand même passée à côté de ma vie de femme et à côté de certaines personnes… »

Passée à côté de sa vie de femme ! Constat terrible, quand on a largement doublé le cap de la cinquantaine et que l’on sait bien que certains bonheurs vont devenir difficiles à trouver, pour ne pas dire impossibles, à terme. La toujours célibataire en sait quelque chose…

Pourtant, rien ne prédisposait la petite Lorraine à faire sa vie seule, elle qui vient d’une famille heureuse, et même « multinationale », puisque son père, français, a épousé une Norvégienne ; elle, la benjamine, qui a grandi dans l’harmonie, entre son frère, Pascal, et sa sœur, Astrid. Pourtant, dès l’enfance, des fêlures apparaissent, dont Isabelle parle aujourd’hui avec humour : « Je réunis tous les “des”, assure-t-elle, dyslexique, dyscalculie, dyspraxique ! »

Pour la dyslexie et la dyscalculie, chacun sait de quoi il s’agit. Quant aux dyspraxiques, mot moins connu, ce sont des enfants pathologiquement maladroits : ils se cognent, tombent, renversent et cassent tout, ont du mal à manger proprement, tant le maniement des couverts est compliqué pour eux, renversent leur verre, ont des difficultés à s’habiller, se perdent dans les couloirs, etc. Bref, c’est un sacré handicap !

Conséquence

Tous ces obstacles, Isabelle Nanty les a surmontés grâce à ce qui s’est révélé pour elle la meilleure des thérapies, presque un « remède miracle » : le théâtre. La scène. Le jeu. Le contact avec le public.

Malheureusement, il en est un contre lequel même le spectacle le plus exaltant, même la plus enivrante des expériences théâtrales ne peuvent rien. Il porte un nom à la consonance pourtant anodine : distilbène. Mis en circulation au début des années 50, ce médicament qui était censé prévenir les fausses couches chez les femmes avait pour funeste conséquence d’en rendre un certain nombre stériles !

Il a d’ailleurs été interdit partout dans la seconde moitié des années 70. Mais, pour Isabelle Nanty, le mal était fait : « À 30 ans, dit-elle, j’ai appris que je ne pourrais jamais avoir d’enfant. Alors, j’ai choisi d’adopter seule. Quand j’ai rencontré ma fille, elle avait 18 mois. Elle aussi m’a adoptée. »

Car, si Isabelle prétend être passée à côté de sa vie de femme, une chose est certaine : elle a magnifiquement réussi sa vie de mère avec Talulah, sa fille d’origine chinoise, adoptée en 2004.


La « gamine » est aujourd’hui une adolescente allant sur ses 16 ans ! « J’espère qu’elle se sent protégée, dit sa mère. Mais je pense que, pour un enfant d’acteur, c’est délicat de devoir partager son parent, d’une part, et de voir sa mère dans des costumes ridicules, d’autre part, comme lorsque je joue Gladys dans Les profs, avec ses énormes nichons ! Pour elle, ce doit être parfois gênant… »

Allons, détails que tout cela ! Ce qui compte avant tout, et Isabelle le sait mieux que personne, c’est l’amour que l’on donne à son enfant et les valeurs qu’on lui transmet.

Pour ça, Isabelle Nanty est armée. « Ma mère était protestante, elle nous a inculqué la rigueur, la loyauté, mais surtout l’authenticité : être soi-même. Mes parents sont partis tous les deux l’année dernière et j’ai prononcé un petit mot à l’enterrement de ma mère : “Toi qui me disais d’être moi-même, j’ai trouvé une astuce pour contourner l’injonction : j’ai été plusieurs moi-même.” Quant à ma fille, je lui dis qu’elle sait déjà ce qui est bon pour elle. »

Alors, on comprend bien que, malgré son aveu mélancolique évoqué plus haut, Isabelle Nanty puisse conclure son entretien par un « je n’ai pas de regrets » qui sonne presque comme un chant de victoire.

Valérie BERGOTTE

À découvrir

Sur le même thème