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Jackie Kennedy : Son vrai visage !

Publié le 1 mars 2017

La sortie du biopic de Jackie Kennedy avec Natalie Portman montre une femme soumise et 
 dévastée  par la mort de son mari. 
Un portrait éloigné de la réalité…

Si la critique comme le public ont salué la performance de Natalie Portman dans Jackie, le film franco-américano-chilien de Pablo Larraín, sorti le 2 février, le portrait de la veuve de John Fitzgerald Kennedy, Jackie Kennedy est loin de respecter la vérité historique.

La jeune femme accablée de chagrin, d’une dignité impeccable lors des funérailles de son mari, n’a strictement rien à voir avec celle qui épousa cinq ans plus tard, en 1968, le milliardaire Aristote Onassis pour quelques millions de dollars de plus, comme le raconte sa biographe française, Régine Torrent, dans Jacqueline Kennedy : une icône américaine, parue chez Nouveau Monde éditions.

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Car si le biopic respecte scrupuleusement les faits et reconstitue à la perfection l’univers de l’époque, Natalie Portman incarne une Jackie fragile, au bord de la crise de nerfs, qui voit s’effondrer sa vie de rêve avec l’assassinat de son mari. Telle l’Andromaque d’Homère, veuve inconsolable d’Hector, le héros grec mort à Troie, la jeune Jacqueline Lee Bouvier s’était mariée avec un homme charismatique, un fils de famille revenu couvert de gloire de la Seconde Guerre mondiale.

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Jackie afficheOr si la véritable Jackie prenait bien une voix de petite fille pour s’exprimer à la télévision, elle n’avait absolument pas peur des caméras. Après des études universitaires au Vassar College, puis à la Sorbonne à Paris en 1949, elle avait en effet débuté une carrière de journaliste dans le groupe Hearst, et avait couvert le sacre de la reine Elizabeth II en tant que reporter photographe en 1952.

Et lorsque le film relate les sept entretiens accordés par Jacqueline Kennedy à l’historien Arthur Schlesinger entre le 2 mars et le 3 juin 1964, cinq mois après l’assassinat de son mari à Dallas, le 22 novembre 1963, on découvre une veuve fumant comme un pompier, une tasse de thé toujours à portée de main. Là encore, la réalité est un peu différente.

Le 7 avril 1964, l’historien William Manchester, choisi par la veuve pour retracer les derniers moments de JFK, a rencontré une tout autre Jacqueline. « La First Lady, qui a réuni le monde entier dans la tristesse et la dignité, n’est plus seulement une image, sa féminité subjugue Manchester. Sur les centaines d’interviews troublantes réalisées pour le livre, les heures passées avec Jacqueline Kennedy sont les plus émouvantes.

Manchester ne fume plus depuis deux ans, mais les bonnes résolutions ne résistent pas au rythme des daïquiris et des cigarettes qui se succèdent pendant l’entretien. Il lui faudra attendre huit ans pour se désintoxiquer du tabac », écrit sa biographe Régine Torrent. Et pas question pour elle de boire du thé !

Le couple John Fitzgerald Kennedy et Jackie à Dallas le jour de l'assassinat.
Le couple John Fitzgerald Kennedy et Jackie à Dallas le jour de l'assassinat.

Peter Sarsgaard et Natalie Portman dans le film
Peter Sarsgaard et Natalie Portman dans le film "Jackie". Une femme éperdue d'amour... Loin de là

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Et non, Jacqueline Bouvier Kennedy n’était pas cette femme égarée confessant son envie de se suicider sur la dépouille de JFK. Cette beauté brune n’avait pas non plus fait un mariage d’amour, c’est sa famille qui l’a forcée à épouser le futur président.

À l’époque, elle était fiancée à un agent de change new-yorkais, John Husted. Leur union à venir était même annoncée dans le New York Times du 21 janvier 1952. Mais sa mère et son beau-père l’ont contrainte à rompre pour épouser John, un bien meilleur parti, alors membre de la Chambre des représentants.

Le film de Pablo Larraín nous montre aussi une femme qui avoue faire chambre à part, son mari étant infidèle. Mais, dans la vraie vie, Jacqueline n’était pas non plus un modèle de fidélité. Ainsi, en 1957, elle se consolait dans les bras de l’acteur William Holden, et le couple idéal faillit alors voler en éclats.

Si le fait d’être trompée ne la dérangeait pas tant que ça, elle se montrait en revanche très soucieuse de l’image de famille unie, parfaite, avec John à son bureau, leurs enfants Caroline et John jouant à ses pieds, qu’elle voulait donner aux médias.

La maternité ne l’avait pas épanouie, mais endurcie après la mort, deux mois avant terme, d’Arabella, et celle de Patrick, trente-neuf heures après sa naissance.Dépensière, aimant le luxe et les vêtements de grands couturiers, elle était le contraire de JFK qui avait des « oursins dans ses poches ». C’est donc pour soigner sa propre image qu’elle lui a organisé des funérailles grandioses, dignes d’un roi, le 25 novembre 1963.à cet instant-là, comme le disait le général de Gaulle, elle aura été une « Andromaque d’un jour », avant de devenir une icône pour la vie. On est très loin de Natalie Portman demandant pardon à Dieu d’avoir voulu mourir d’amour, telle une héroïne grecque.

Dominique Préhu

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