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Jacques Brel : Les troublantes révélations de sa fille !

Publié le 11 juillet 2020

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France Brel, la fille de Jacques, revient sur les relations compliquées qu'elle entretenait avec son père disparu le 9 octobre 1978…

Dans la nuit du 1er juin 1953, Jacques Canetti, directeur artistique chez Philips et propriétaire du théâtre Les Trois Baudets est littéralement séduit par des maquettes de chansons qu'il vient d'écouter… Il téléphone donc à Jacques Brel en Belgique pour l'inviter à le rencontrer à Paris ! Un peu plus d'un mois plus tard, le 12 juillet, France, la deuxième fille du chanteur vient au monde ! Un prénom qui n'est sans doute pas sans rapport avec ce coup de fil inattendu, puisqu'il marque les tout premiers pas dans notre pays de celui qui n'était alors qu'un modeste employé de la cartonnerie familiale Vanneste & Brel…


Alors que l'on vient justement de fêter les papas le 21 juin dernier, France Brel revient, dans les pages de Version Femina, sur la personnalité de son illustre géniteur, mais qui avait du rôle de père une conception bien à lui ! « Je ne sais pas ce qu'est un père au quotidien, a expliqué celle qui n'a eu de cesse, depuis sa disparition le 9 octobre 1978, de perpétuer son œuvre. La famille n'était clairement pas sa priorité. Contrairement à d'autres hommes, il ne s'en cachait pas. Il était habité par quelque chose de plus fort que lui. »

Ce « quelque chose de plus fort » qui l'a guidé vers les plus hauts sommets de la célébrité, mais aussi vers les voyages et les aventures féminines, l'a amené à considérer ses trois filles – Chantal, née en 1951 et décédée en 1999, France, âgée aujourd'hui de 66 ans, et Isabelle, 61 ans – nées de son union avec Thérèse Michielsen, dite Miche, non pas comme des êtres fragiles à protéger mais comme des égales : « C'est lui-même qui m'a demandé un jour de ne plus l'appeler papa mais par son prénom, a raconté la créatrice et directrice de la fondation Brel. Nous n'avions pas une relation classique de parent à enfant. » Et la sexagénaire d'ajouter : « À la maison, dès que mon père était là, la vie s'animait. »

Nul doute qu'elle savait composer avec cet homme au talent exceptionnel qui passait pourtant plus de la moitié de sa vie sur les routes… Un père qui malgré tout s'efforçait de donner à sa famille l'attention qu'elle était en droit d'attendre. En échange, elle ne lui tenait pas rigueur de ses absences : « Il lui arrivait d'oublier mon anniversaire, se souvient encore France. Qu'importe ! Je l'aimais comme il était. »

Cette existence scindée en deux, Jacques Brel la vivait intensément, grâce en partie à la bienveillance de Miche, son épouse depuis 1950. Le voyant gravir l'échelle du succès, celle qui s'est éteinte tout récemment le 31 mars dernier à l'âge de 93 ans, et dont il n'a jamais divorcé, le laisse papillonner et succomber à ses nombreux coups de foudre : Suzanne Gabriello, l'humoriste, Sylvie Rivet, l'attachée de presse de la maison Philips, Annie Girardot, ou encore Danièle Évenou, entre autres. Sans oublier la toute dernière, l'actrice guadeloupéenne et ancienne clodette, Maddly Bamy, rencontrée en 1971 sur le tournage de L'aventure c'est l'aventure, de Claude Lelouch et qui sera son ultime compagne.

Mais malgré ses élans du cœur qui l'éloignaient de ses chères petites, l'auteur de La Chanson des vieux amants était tout à elles quand il les retrouvait enfin : « Lorsqu'il était avec nous, il était bien là, en revanche, a encore confié France. […] Au restaurant quand nous étions avec lui, par discrétion, il se plaçait toujours dos à la salle pour ne pas être reconnu et refusait alors les autographes, car il était en famille. »

Ce modèle paternel qui ne s'encombrait d'aucune entrave a façonné la personnalité de France qui reconnaît : « Avoir un père nomade dans l'âme n'est jamais évident pour une fille. On peut être tenté de choisir la direction opposée. Pour moi, c'était essentiel de construire une famille. Bien que ma vie affective n'ait pas toujours été simple. Aujourd'hui, mariée pour la seconde fois et mère de deux grands enfants, je suis heureuse et je n'ai aucun reproche à faire à Jacques, je lui serai toujours reconnaissante de m'avoir donné le cap de l'essentiel : l'importance de réaliser nos projets et nos rêves, de consacrer beaucoup d'énergie à chacun et à chaque instant à vivre, en étant plus généreux en actes qu'en propos. » Un héritage que Brel aurait été fier d'être parvenu à transmettre…

Clara MARGAUX

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