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Jacques Chirac est mort

Publié le 26 septembre 2019

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C’est avec une immense tristesse que nous venons d’apprendre le décès de Jacques Chirac, ce 26 septembre. L’ancien président de la République avait 86 ans…

C’est la famille elle-même qui l’a annoncé à l’AFP. Jacques Chirac est mort ce jeudi 26 septembre à la mi-journée à l’âge de 86 ans. Selon son gendre, il se serait éteint « paisiblement au milieu des siens ».

L’émotion est palpable, aussi bien aux micros des journalistes que sur les réseaux sociaux. Anonymes comme célébrités, chacun y est allé de son hommage. A commencer par les politiques. « C’est une part de ma vie qui disparaît aujourd’hui », a déclaré Nicolas Sarkozy. Alain Juppé pleure de son côté la disparition d'un « ami ». Loin d’être quant à lui un ami, Jean-Marie Le Pen a fait remarquer que « mort, même l'ennemi a droit au respect ». François Hollande a précisé que Jacques Chirac était « un combattant, qui avait un lien personnel avec les Français ».

Celui qui a dirigé pendant douze ans ne s’est véritablement jamais remis de l’AVC dont il a été victime en 2005.

Souvenez-vous, il avait été rapatrié de toute urgence d’Agadir, au Maroc, où il était en vacances, après avoir été victime d’un malaise. Un malaise loin d’être anodin, puisqu’il faisait suite à une grave infection pulmonaire ! Le risque étant que cette infection évolue vers une embolie pulmonaire.

Comme le révélait à l’époque le site du Parisien, deux avions, des jets privés, avaient été affrétés par le palais de Mohammed VI, afin de ramener Jacques Chirac en France le plus rapidement possible. À peine arrivé à l’aéroport du Bourget, il avait été transporté à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, avec son épouse, ainsi que deux aides-soignantes, où il avait été pris en charge par le professeur Olivier Lyon-Caen, son neurologue. Un médecin interrogé par Le Parisien avait expliqué la situation en ces termes : « Dans le cas de Jacques Chirac, une pneumopathie peut être mortelle si elle n’est pas soignée à temps. C’est tout sauf bénin »…

Et même s’il s’en est finalement miraculeusement sorti et qu’il gardait ces derniers temps quelques instants de lucidité, il était de plus en plus coupé du monde.

Son amie Line Renaud soutient même qu’il est désormais mieux là où il est. « J'ai beaucoup de chagrin et à la fois, c'est mieux comme ça, a-t-elel déclaré sur BFM TV. C'est mieux comme ça parce que ce n'était plus Jacques depuis longtemps »

Et de poursuivre : « Je me souviens surtout de l'ami, c'est mon ami. C'est mon frère. Claude vient de me téléphoner un peu avant pour me l'apprendre. J'ai perdu un frère. C'est mon frère. C'était quelqu'un de tellement... Il avait tellement de qualités. C'est un grand Français. Il aimait la France par-dessus tout. Et puis voilà... (…) Il aimait la France, il aimait la France, il aimait les Français. Il aimait serrer des mains, être près d'eux, boire une bière avec eux dans un café. Il aimait vraiment la France. Je ne sais pas comment vous dire... C'était un grand Français. Un grand homme d'État", a-t-elle ajouté. »

Nabilla, Joey Starr, Marina Foïs, Audray Pulvar… Tout le monde a lui rendre hommage sur la toile. A commencer par Patrick Sébastien qui y est allé aussi de son petit commentaire : « Je suis très bouleversé. J’ai une grosse pensée pour Claude et Bernadette. Moi, je connais Chirac depuis mon adolescence, quand il n’était que maire de Meymac, en Corrèze. On avait une relation amicale assez forte ».

Né le 29 novembre 1932, le jeune Jacques poursuit une scolarité sans trop de difficultés. Il rentre à Sciences-Po où il renconte une certaine Bernadette Chordon de Courcel qu’il épousera plus tard en 1956 à l’âge de 24 ans. Ensemble, ils auront deux filles : Laurence, née en 1956, et Claude, née en 1962.

Avant de s’engager en politique et de prendre sa carte au RPF, le gaulliste est appelé sous les drapeaux pour son service militaire. Il en ressortira gradé (lieutenant) et intégrera l’ENA en 1962.

Son ascension politique est impressionnante. De conseiller municipal de Sainte-Féréole (Corrèze) en 1965, il devient deux ans plus tard secrétaire d’État sous la présidence de Georges Pompidou puis carrément Ministre de l’intérieur en 1974, et enfin Premier ministre sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing.

Il fonde lui-même le RPR en 1976 et est élu Maire de Paris l’année d’après. Un poste qu’il occupera pas moins de dix-huit ans.

Après avoir perdu l’élection présidentielle de 1981 face à François Mitterand, il prend sa revanche après les deux septennats de ce dernier.

En 2002, il se représente à nouveau à l’élection présidentielle qu’il remporte haut la main face à Jean-Marie Le Pen. Une victoire certes, mais rappelons que les Français auront voté majoritairement contre le leader du FN.

Quoi qu’il en soit, quel que soit le bord politique dans lequel on se positionne, Jacques Chirac avait un capital sympathie hors-norme pour un homme politique. Jovial, il ne laissait personne indifférent…

Claude Leblanc

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