France Dimanche > Actualités > Jacques Chirac : L’ogre de l’Élysée

Actualités

Jacques Chirac : L’ogre de l’Élysée

Publié le 24 août 2015

  Bernard Vaussion passe à table ! Ce chef hors pair, qui a servi pendant des années les présidents de la République, au propre comme au figuré, garde un souvenir ému de Jacques Chirac, Corrézien aux dents longues et à l’appétit insatiable, qui n’était pas du genre à cracher dans la soupe mais plutôt à en redemander…

 Chaque semaine, notre journaliste Brice Moulin revisite l'actualité de façon décalée

S’il est encore trop tôt pour savoir quelle trace il laissera dans l’histoire de la Vème république, l’on sait déjà que Jacques Chirac a marqué de son empreinte celle de la gastronomie présidentielle. Outre ses penchants avoués pour la bière mexicaine et le mojito, un cocktail cubain alliant rhum, sucre et menthe, chacun sait que son plat de référence, son péché mignon, était la tête de veau.

Cette préférence n’était plus un secret pour personne, et on lui en servait partout où il passait, au point que l’ancien chef de l’État a fini par en être dégoûté, comme l’a expliqué récemment Bernard Vaussion dans l’émission Toute une histoire, sur les ondes de Europe 1 : « Il en avait un petit peu ras-le-bol, se souvient le maître-queux. À l’Élysée, en douze ans, on a dû lui en servir deux fois. »

Mais si l’overdose de sauce gribiche le guettait, le président n’en gardait pas moins un sacré coup de fourchette, avec une préférence marquée pour la « cuisine bourgeoise » traditionnelle, comme le raconte le roi des fourneaux de la rue du faubourg Saint-Honoré : « Il mangeait surtout des choses très simples, comme le poulet rôti, qu’il adorait découper lui-même ». Une volaille que tel un Henri IV avec sa poule au pot, il réservait au dimanches.

Autre particularité de ce gourmet gourmand, ses invités avaient intérêt à se préparer pour tenir son rythme, comme l’expliquait en mars dernier l’un de ses proches, Jean-Louis Debré : « La dernière fois que j’ai mangé avec lui, il a commencé par six escargots, il a pris une andouillette et il a fini par du boudin noir. » Mais une fois rassasié, Jacques Chirac n’hésitait à convier son chef pour le remercier de l’excellent repas qu’il lui avait concocté. C’est ce qui s’appelle la reconnaissance du ventre…

Brice Moulin

À découvrir