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Jacques Chirac : Les adieux déchirants au président

Publié le 8 octobre 2019

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© BESTIMAGE Jacques Chirac

Grands de ce monde ou anonymes, ils se sont tous rassemblés pour un dernier hommage.

Dimanche 29 septembre. Trois jours après la mort de celui qui a dirigé la France pendant douze ans, la foule s’est déplacée en masse pour se recueillir devant son cercueil aux Invalides. Ce vibrant hommage populaire rendu par des milliers de Français ne pouvait que toucher en plein cœur sa fille cadette, Claude. Bouleversée, celle qui fut chargée de sa communication à l’Élysée, a tenu à se joindre à ces anonymes venus saluer son père une dernière fois.

Il était déjà 21 heures, la pluie redoublait d’intensité sur le VIIe arrondissement de Paris, lorsque Claude, vêtue de noir et accompagnée de son mari, s’est mêlée en toute simplicité à ces femmes et à ces hommes qui bravaient les intempéries depuis des heures. « On est extrêmement touchés », « De là où il est, il doit être extrêmement ému et heureux »… La quinquagénaire, très digne, avait un petit mot pour celles et ceux qui lui présentaient leurs condoléances, n’hésitant pas à embrasser, à étreindre, à serrer les mains des plus âgés d’entre eux, dont quelques anciens du RPR et des Corréziens montés à Paris pour l’occasion. Cette visite à l’improviste venait conclure une longue journée débutée ici même pour la fille de Jacques Chirac. Après avoir suivi le cortège funéraire depuis l’appartement de la rue de Tournon où est décédé son père jusqu’aux Invalides, elle s’était recueillie, vers 11 heures, devant son cercueil enveloppé du drapeau français. Soutenue par son fils, Martin Rey-Chirac – né de ses amours avec l’ancien judoka Thierry Rey –, et par son époux, Frédéric Salat-Baroux, elle a donné l’image d’une femme pudique et sans artifice. Des milliers de citoyens aux visages graves ont ensuite pris le relais, étonnés d’attendre dans la cour d’honneur aux côtés de Jean-Louis Debré, un ami intime de l’ancien chef d’État, mais qui patientait avec tous les innombrables admirateurs du dimanche qui ont continué d’affluer jusque tard dans la nuit.


Lundi 30 septembre. Après le recueillement populaire de la veille, l’heure est aux obsèques en ce jour de deuil national. Arrivé peu avant midi encadré par une imposante escorte de motards de la police, le cercueil de l’ex-président, porté par ses anciens officiers de sécurité de l’Élysée, remonte la nef de l’église Saint-Sulpice, dans le VIe arrondissement parisien, au son du Requiem de Gabriel Fauré, sous les yeux de près de 2 000 invités venus du monde entier. 

Au premier rang se côtoient les anciens présidents français : François Hollande (venu sans Julie Gayet), Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni, et Valéry Giscard d’Estaing et son épouse Anne-Aymone. De nombreux chefs d’État étrangers ont aussi fait le déplacement : les présidents russe Vladimir Poutine, italien Sergio Mattarella et congolais Denis Sassou-Nguesso, l’ex-président des États-Unis, Bill Clinton, le prince Albert de Monaco… Dans la matinée, une messe s’était déjà tenue dans la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides en présence de la famille rassemblée autour de Bernadette Chirac, très éprouvée, et d’un cercle restreint d’environ 150 personnes, dont Line Renaud qui considérait « Chichi » comme son « frère ». 

Après ce moment très intime, s’était déroulée la cérémonie militaire dans la cour d’honneur durant laquelle, le visage grave et les traits marqués, Emmanuel Macron semblait avoir du mal à contenir sa peine. Recueilli face au cercueil de celui qui, selon les Français, fut le meilleur président de la Ve République avec de Gaulle, il ne pouvait qu’admirer ce monstre sacré de la politique. 

Le chef de l’État était toujours au bord des larmes durant la messe solennelle célébrée par l’archevêque de Paris, Mgr Aupetit, à Saint-Sulpice, où la classe politique s’était rassemblée. Alain Juppé, ami intime de Jacques Chirac, et son épouse Isabelle, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Édouard Balladur, Ségolène Royal, Manuel Valls, François Baroin, accompagné de Michèle Laroque, les querelles de clocher ont laissé la place à une unité nationale unique…

Des obsèques en grande pompe, auxquelles ont également assisté quelques personnalités du showbiz, dont l’acteur Vincent Lindon – qui partagea la vie de Claude Chirac –, Patrick Sébastien, lui aussi très proche du défunt, tout comme Muriel Robin, venue avec sa compagne Anne Le Nen. Après l’office religieux, les deux femmes ont d’ailleurs suivi la famille au cimetière parisien du Montparnasse, où l’ancien président a été inhumé dans la plus stricte intimité. Selon le souhait de son épouse Bernadette, il repose désormais aux côtés de leur fille aînée, Laurence, décédée en avril 2016, à l’âge de 58 ans, après un long combat contre l’anorexie.

Jacques Chirac rejoint ainsi Serge Gainsbourg, Raymond Barre ou encore André Citroën, dans ce lieu chargé d’histoire. Autant de sépultures que les anonymes qui se pressaient sur la tombe du grand Jacques dès le lendemain de son enterrement n’ont pas dû manquer de découvrir.

Valérie EDMOND

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