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Jacques Chirac : Mis au supplice !

Publié le 16 août 2017

Le  cuisinier en chef 
de l’Élysée 
se souvient 
du calvaire 
de l’ancien président Jacques Chirac.

Ceux qui souhaitent nous faire plaisir peuvent parfois nous soumettre, bien malgré eux, à la torture. Vous en avez peut-être d’ailleurs déjà fait l’expérience. Par exemple, si lors d’une soirée, un ami en manque d’inspiration vous demande ce qui pourrait vous plaire pour votre anniversaire, vous répondez, un peu au hasard : « J’aime bien les objets avec des vaches », sans mesurer les conséquences de cette phrase en apparence innocente.

Mais la rumeur se répand ensuite comme une traînée de poudre, et bientôt votre appartement se remplit de salières, de peluches, de tirelires en forme de vache. Et, à votre grand désespoir, votre cheptel ne cesse de s’agrandir, sans que vous osiez détromper vos proches.

Eh bien, sachez que cette mésaventure, Jacques Chirac l’a subie. Mais pour l’ancien président de la République, elle a tourné au supplice !

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Il faut cependant avouer que l’homme politique était en partie responsable de ses malheurs. Car celui qui a entamé sa carrière en Corrèze s’est toujours montré digne de ses racines rurales, se taillant une réputation de bon vivant et de gros mangeur. Pas du tout le genre à se sentir rassasié après avoir dégusté trois asperges et quelques graines dans un restaurant vegan. Non, l’ex-chef de l’État préférait de loin goûter aux plats du terroir, ceux qui vous tiennent au corps et vous font desserrer d’un cran votre ceinture.

Il ne manquait d’ailleurs jamais un Salon de l’agriculture et, quand, sourire aux lèvres, il n’était pas « au cul des vaches », on était sûr de le retrouver la bouche pleine, en train de tester, l’air gourmand, les spécialités locales proposées sur les stands, ravi, même s’il ne pouvait pas faire glisser ses mets en vidant une Corona, la bière mexicaine dont il raffole.

Mais si son côté « bonne franquette » n’est pas pour rien dans la popularité dont Jacques Chirac jouit encore aujourd’hui, lui donnant l’image d’un homme vraiment proche du peuple, affable et sans manières, son insatiable appétit a aussi fait son malheur. C’est ce que vient de révéler le chef qui règne sur les cuisines de l’Élysée depuis maintenant vingt ans, Guillaume Gomez.

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Et si, secret professionnel oblige, le maître queux n’a rien voulu dévoiler à nos confrères de VSD au sujet des préférences culinaires d’Emmanuel Macron, il s’est laissé aller à quelques confidences concernant le calvaire gastronomique vécu par l’un de ses prédécesseurs. Personne n’a oublié que, lors d’une interview, Jacques Chirac avait affirmé que son plat préféré était la tête de veau, que l’on sert généralement avec une sauce gribiche.

Un grand classique des brasseries à la française, même s’il a aujourd’hui un peu tendance à disparaître des cartes. L’ennui, c’est qu’en rendant publique cette affinité gustative, le président a lui-même organisé, bien malgré lui, son propre martyre.

Persécuté

Car cet aveu a bien sûr été entendu. Aussi, dès qu’il était en déplacement en province ou à l’étranger, ses hôtes, toujours prêts à se plier en quatre pour lui faire plaisir, n’oubliaient jamais de mettre une tête de veau au menu des déjeuners et dîners officiels. « À l’époque où il s’est dit que Chirac aimait la tête de veau, se souvient d’ailleurs Guillaume Gomez, on lui en servait partout et tout le temps. Même après le dessert. »

Imaginez-vous devoir affronter un tel plat après une omelette norvégienne ou un moelleux au chocolat. Il y a de quoi vouloir se pendre sur-le-champ avec sa serviette ! Surtout qu’en tant que chef de l’État, il n’était pas question pour lui de refuser cette offrande un tantinet roborative.

On ignore si le président se réveillait alors en pleine nuit, hanté par des cauchemars récurrents dans lesquels il était persécuté par tout un troupeau de veaux ricanant, mais la seule vue de cet animal dans son assiette devait suffire à lui couper l’appétit.

Une hypothèse confirmée par Guillaume Gomez : « En douze ans, a-t-il précisé, toujours dans VSD, les cuisines lui ont servi deux fois de la tête de veau. La deuxième fois, c’était moi. Jacques Chirac m’a dit : “Chef, la tête de veau était très bonne, mais ce n’est plus la peine de m’en faire.” On a compris le message. »

La leçon à tirer de cette histoire est que l’on peut dire sans danger ce que l’on n’aime pas manger, mais qu’il ne faut jamais donner le nom de son mets favori. Surtout si l’on est président de la République, car les gens ont alors tendance à en faire tout un plat.

Claude Leblanc

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