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Jacques et Bernadette Chirac : Au cœur d'un scandale

Publié le 21 novembre 2008

Après douze années, fort occupées, passées à l'Élysée, ils espéraient bien couler des jours heureux et profiter d'une retraite tranquille. Au lieu de quoi Jacques Chirac et sa tendre épouse Bernadette se retrouvent, bien malgré eux, mêlés à un véritable scandale !

En effet, leur nom ainsi que leur image ont été utilisés dans une vaste escroquerie, un trafic de revente clandestine de vin débuté en 2003, par un certain Alfred R ., alors chauffeur à la mairie de Paris.

En quatre ans, ce fonctionnaire peu scrupuleux aurait écoulé 28376 bouteilles d'un simple mousseux en falsifiant les étiquettes pour donner l'illusion d'un excellent champagne ! Récemment condamné par le tribunal de Melun, en Seine-et-Marne, pour travail dissimulé, tromperie sur la nature d'une marchandise et infraction au code de la consommation, l'accusé n'a pu que reconnaître les faits décrits par le président Giacomoni.

« Vous achetiez du blanc de blanc à 3, 75 euros la bouteille, vous décolliez les étiquettes dans des bacs contenant du dissolvant, vous en colliez d'autres, et vous les revendiez 7 euros la bouteille. Cela fait 100 % de marge !»

Un commerce des plus lucratifs, en effet, qui aurait rapporté à notre malfaiteur pas moins de 91.444 euros net d'impôt ! Mais direz-vous, que viennent faire Jacques Chirac et Bernadette dans l'histoire ?

->Voir aussi - Jacques Chirac : Il a craqué pour une belle chinoise

Eh bien, lors des nombreuses perquisitions effectuées au domicile de l'accusé, les enquêteurs ont découvert que pour arriver à ses fins et abuser des dizaines d'acheteurs, en particulier à l'Amicale des chauffeurs de la mairie de Paris, monsieur R. aurait poussé le vice jusqu'à utiliser leur image, en gage de sérieux et de bon goût !

En effet, sur les quelque 12.023 étiquettes retrouvées à l'adresse du malfrat, certaines étaient, tenez-vous bien, à l'effigie du chef de l'État et de son épouse, censés illustrer la cuvée spéciale président de la République !

« C'était un prototype », a précisé le prévenu lors de son audience. Prototype ou non, le petit larcin d'Albert n'a pas vraiment été du goût de tous, et certainement pas du Comité interprofessionnel des vins de Champagne, qui n'a pas tardé à exprimer sa colère : « Vous portez atteinte à un patrimoine collectif !»

L'avocat d'Albert R. a eu beau plaider sa cause, arguant qu' « aucun de ses clients n'a déposé plainte ...» , l'escroc a quand même été condamné à neuf mois de prison avec sursis et 9.000 euros de dommages et intérêts.

Une cuvée présidentielle qui doit, cette fois, lui rester en travers de la gorge...

Laura Valmont

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