France Dimanche > Actualités > Jane Birkin : Ses révélations sur Gainsbourg !

Actualités

Jane Birkin : Ses révélations sur Gainsbourg !

Publié le 4 octobre 2013

  La plus française des Anglaises Jane Birkin revient sur sa rencontre avec le génial compositeur en 1968 et leurs treize années d'aventures amoureuses.

Jane Birkin garde, à 66 ans, ce charme unique de ceux qui n'ont jamais quitté l'enfance... Et cette aura particulière, associée à un accent anglais qui en quarante cinq ans de vie parisienne ne s'est pas laissé apprivoiser, a sûrement contribué à renverser les sens de ce génie des notes et des mots qu'était Gainsbourg !

Malgré sa disparition, le 2 mars 1991, « L'homme à la tête de chou » n'est pas mort dans son cœur et, bien que tous deux se soient séparés après treize ans de vie commune, Jane Birkin se plaît souvent à nous le raconter avec humour, tendresse et, parfois, un brin de nostalgie.

Ainsi, la star vient de faire des révélations inédites sur sa relation avec celui qu'elle définit comme « un provocateur à l'âme follement romantique ». À commencer par les débuts de leur idylle, en 1968, alors que la jeune femme, tout juste séparée du compositeur John Barry, débarquait de Londres, parlant un français encore très approximatif.

->Voir aussi - Jane Birkin : Frappée par un mal incurable !

« Je pensais qu'il s'appelait Serge Bourguignon, le seul plat français dont j'avais retenu le nom ! », se souvient Jane dans Le Monde. Une confusion qui n'était pas du tout au goût de l'artiste, qui, déjà à cette époque, était considéré comme une grande vedette.

Toutefois, cette charmante erreur n'a pas empêché le parolier de tomber éperdument amoureux d'elle, de son physique androgyne et de son filet de voix haut perché. Et de lui écrire quelques-unes de ses plus belles chansons... «

Il tenait les chanteuses à voix en horreur, confie encore l'actrice. [...] La Star academy l'aurait rendu très malheureux. C'est pour cette raison qu'il a refusé Édith Piaf. Il se sentait trop sophistiqué pour elle. « Il vous faut des chansons gutturales, qui viennent du ventre, moi je joue avec les mots », lui avait-il expliqué. »

Aphrodisiaques

Les mots, justement, étaient pour lui une nécessité viscérale, au même titre, semble-t-il, que le plus intime de nos besoins vitaux ! « En treize ans de vie commune, assure la comédienne, je ne l'ai jamais surpris ni aux toilettes ni en train de travailler ! »

Mais alors, où sont nés les Je t'aime, moi non plus, les Jane B. et autres Melody Nelson ? « Il travaillait sur mes tournages, dans les chambres d'hôtel ou bien sur ses genoux, explique encore Jane au quotidien. Mes navets n'auront donc pas servi à rien ! Ils lui ont permis d'écrire. Serge insistait pour venir, car, pensant qu'il s'agissait de films aphrodisiaques, il craignait que je ne parte avec un acteur plus beau que lui. Une fois sur place, il s'ennuyait à mourir ! »

Toutefois, il semble que de ces textes, qu'il rédigeait sur un coin de table ou de lit, il ne reste que très peu de traces, Serge ne se servant pas de carnets : « Il gardait toujours des rames de papier à portée de main, explique-t-elle également. Quand il partait écrire, il disposait des liasses de 500 francs, des feutres et ces rames A4. Et son Parker, qu'il adorait. »

Et l'égérie du maître d'ajouter : « Je découvrais ses chansons tout juste avant les enregistrements. Plus tard, il s'en est beaucoup remis à son directeur artistique, Philippe Lerichomme. Moi, il me donnait les textes que je recopiais en phonétique, avant de les balancer à la poubelle ! »

Ces nouvelles confidences de Jane Birkin nous permettent aussi de redécouvrir le côté sombre et la fragilité du clown triste qu'était Gainsbourg. « Serge pouvait, en une minute, fondre en larmes comme il l'avait fait pendant vingt-quatre heures devant une bougie, à Paris, lorsqu'il avait cru que je repartais pour de bon en Angleterre après le tournage de Slogan », raconte encore son ex-compagne.

Blessures

Des larmes qu'il versera de nouveau quand la plus française des Britanniques le quittera pour de bon, en 1980. Il lui offrira alors le plus beau des « cadeaux de rupture », l'album Baby Alone in Babylon, imprégné de sa souffrance, auquel s'ajouteront plus tard Lost Song (1987) et Amours des feintes (1990).

L'enregistrement de ce premier volet, écrit par Serge en cinq jours, sera une épreuve, pour lui comme pour Jane Birkin : « Cela paraît terrible de chanter des blessures que vous savez avoir inspirées. Il n'y avait qu'une chose à faire, chanter aussi haut que possible, quitte à se casser la voix, pour que Serge pleure, non pas du malheur, mais de la beauté de l'affaire. »

Clara Margaux

À découvrir