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Jane Fonda : En garde à vue !

Publié le 6 novembre 2019

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© BESTIMAGE Jane Fonda

Fervente écologiste, Jane Fonda, l’égérie de L’Oréal a été arrêtée, menottée et embarquée au poste pour avoir manifesté devant le Capitole.

La première fois qu’il l’a rencontrée, en 1977, sur le tournage de Julia, un film de Fred Zinnemann, le comédien Lambert Wilson n’en est pas revenu : « Je craignais de voir juste une star hollywoodienne, mais elle bien plus que ça. Elle est d’abord une femme, une citoyenne, elle est dans le présent, dans l’action ! » Plus de quarante ans après, Jane Fonda, qui soufflera ses quatre-vingt-trois bougies le 21 décembre, n’a rien perdu de sa fougue ! 

Militante dans l’âme, celle qui s’est battue pour la condition de la femme et des opprimés en général est tout récemment remontée au front. Inspirée par la jeune Suédoise Greta Thunberg, qui en novembre 2018 initiait dans son pays la grève scolaire pour le climat, la fervente écologiste qu’est Jane a lancé aux États-Unis les Fire Drills Fridays (ou « vendredis alerte incendie »). « Il m’est impossible de rester passive face à nos élus qui laissent libre cours à – et vont parfois jusqu’à soutenir – ces industries qui détruisent notre planète dans un but lucratif. Comme le dit Greta Thunberg : “Nous devons agir comme si notre maison brûlait, car c’est le cas” », explique-t-elle sur son site.


Vendredi 11 octobre, c’est donc une Jane toute de rouge vêtue qui, résolue à se faire entendre, a pris la tête de ce tout premier Fire Drills Friday, organisé à Washington, devant le Capitole, siège du Congrès américain. Un lieu hautement symbolique et très étroitement surveillé, devant lequel il est difficile – pour ne pas dire impossible – de manifester.

Le meeting avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices, comme l’a confié la comédienne. « La météo était parfaite. Tous les orateurs étaient merveilleux, la couverture de presse était géniale. »

Mais la sublime interprète d’On achève bien les chevaux le sait : certains combats se paient cher, très cher. En 1968, Jane, qui a épousé le réalisateur français Roger Vadim l’année précédente, vit les événements de mai, à Paris, auprès de Simone Signoret, dont elle est devenue très amie. À ses côtés, la jeune femme découvre l’engagement politique et s’insurge contre la guerre du Vietnam. Elle se rendra elle-même sur place, en 1972, pour demander, poing levé, que cessent les bombardements, ce qui lui vaudra l’ire des conservateurs et d’être, pendant des années, surveillée par le FBI…

Ce 11 octobre, sur les marches du Capitole, ce n’est pas le célèbre service fédéral de renseignement, mais la police qui interpelle Jane Fonda, ainsi qu’une quinzaine d’autres manifestants. Une arrestation pour le moins musclée puisque tout le monde, à commencer par l’actrice, s’est retrouvé en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, menotté et embarqué manu militari au poste ! Une expérience dont la star aux deux Oscars et quatre Golden Globes garde un souvenir cuisant comme elle l’a raconté sur son site : « J’ai découvert qu’il n’était pas facile à une femme de 82 ans d’entrer et de sortir en étant privée de l’usage de ses mains. »

Après quelques longues et pénibles heures de détention, l’actrice et ses acolytes ont heureusement été relâchés… moyennant toutefois une caution de 50 $ (45 euros) par personne.

Très remontée contre le gouvernement de Donald Trump, qui qualifie le réchauffement climatique de « vaste canular », l’égérie de L’Oréal depuis 2006 entend bien poursuivre la lutte…

À peine sortie du poste de police, Jane Fonda a en effet invité les manifestants à se retrouver dans un café pour programmer le prochain Fire Drills Friday. « Je vais me servir de mon image, qui est assez célèbre et populaire en ce moment grâce à la série [Grace et Frankie, sur Netflix, ndlr]. Je serai au Capitole tous les vendredis, qu’il fasse beau ou mauvais », a-t-elle assuré au quotidien The Washington Post.

Mais la comédienne fait plus encore que se mobiliser pour de nobles causes. Récemment approchée par la production de la série française Dix pour cent, qui rêvait de l’avoir à l’affiche d’un des épisodes de cette quatrième et dernière saison, Jane a gentiment décliné. La raison ? Un emploi du temps surchargé !

Entre deux manifestations, la toujours sublime Barbarella tourne en effet dans une série américaine… sur l’écologie !

Lili CHABLIS

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