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Jane Fonda : “Je suis un peu bionique maintenant !”

Publié le 11 décembre 2014

À 76 ans, la star hollywoodienne, de nouveau amoureuse, Jane Fonda livre ses réflexions sur les hommes et le temps qui passe…

Dans les années 70, Jane Fonda combattait ardemment la guerre du Vietnam… Au début des années 80, l’actrice change radicalement de cap : Jane Fonda devient l’initiatrice du culte aérobic ! Féministe engagée contre le machisme ambiant, épouse enragée par le désir d’être indépendante, l’actrice a toujours su se faire entendre.

À commencer par ses trois maris : le réalisateur Roger Vadim, le sénateur Tom Hayden, et le fondateur de CNN, Ted Turner. Trois hommes qu’elle a profondément aimés. Trois divorces également… Elle a aussi deux enfants : Vanessa et Troy.

À presque 77 printemps, l’ex-Barbarella sera dans This Is Where I Leave You, une comédie fort sympathique qui sort début janvier. Mais chut, on ne vous en dit pas plus. Pour l’heure, laissons parler la plus sexy des mamies. Hyperactive… mais sensiblement moins activiste !

France Dimanche (F.D.) : Vous êtes toujours incroyablement séduisante… Pensez-vous vous remarier un jour ?

Jane Fonda (J.F.) : Plus jamais ! À mon âge, pour quoi faire ? La seule raison qui nous ait poussés à nous marier, Ted et moi, c’était les cinq enfants que nous élevions ensemble, et le fait que nous vivions dans l’État de Géorgie qui est très conservateur. Je pense qu’il tenait à la sécurité qu’apporte le mariage… Pas moi !

F.D. : Qu’attendez-vous d’un homme aujourd’hui ?

J.F. : Qu’il soit bon, attentionné et surtout qu’il ne se sente pas menacé. Car il faut bien avouer que beaucoup d’hommes manquent de confiance en eux. Du coup, ils essaient de masquer leurs failles en se faisant passer pour des machos ! Mon compagnon actuel, qui est de confession juive, a eu une mère très forte, donc il n’a pas peur de celles qui ont du caractère. C’est en plus un homme gentil… mais je ne me marierai plus !

Jane FondaF.D. : Vous avez eu des hauts et des bas dans vos relations. À votre avis, pourquoi l’amour est-il si compliqué ?

J.F. : D’après les Mayas, nous nous modifions tous les six ou sept ans. Je suis assez d’accord avec ce principe. Mais si la personne qui partage votre vie ne prend pas la même direction que vous, et à la même allure, cela devient dur. Très dur. Oui, les relations amoureuses sont compliquées. C’est pour cette raison qu’on aime autant les chiens [rires] ! Parce que l’amour qu’ils nous donnent est inconditionnel ! Je vais même vous faire une confidence : il est parfois plus enrichissant d’avoir un animal domestique qu’un homme à la maison [rires] ! Personnellement, j’étais même prête à m’en contenter. D’ailleurs, j’avais déjà un chien… Et puis je suis allée à Los Angeles pour me faire mettre un genou neuf, et j’ai trouvé un nouvel amour en même temps ! J’ai une bonne connaissance des relations entre les hommes et les femmes et je me demande souvent : « Mais pourquoi diable, quand j’étais jeune, personne ne m’a jamais briefée sur le sujet ? » J’aurais perdu moins de temps !

F.D. : Parlez-nous un peu de votre père, le légendaire Henry Fonda…

J.F. : Je me souviens que le jour de sa mort tous les gens que nous connaissions se sont réunis chez lui. Ma belle-mère était là. Il y avait également James Stewart. Lui et mon père étaient amis de longue date. Ils ont « crevé la dalle » ensemble pendant un moment à New York. J’étais assise devant la dépouille de mon père quand Stewart, qui était près de moi, m’a regardée et m’a dit : « Ton père et moi, on adorait construire des cerfs-volants et les faire voler ensemble ! C’était un géant ! Un homme bien. » Ensuite, le maquilleur de mon père est venu me présenter ses condoléances. Il m’a raconté que papa passait des heures à parler de moi quand on le maquillait avant de tourner ! Cet inconnu m’a confié des choses que mon père ne m’avait jamais dites. C’était étrange de découvrir ainsi son amour pour moi [Jane se met à pleurer]. C’était un être exceptionnel. Comme vous pouvez le constater, je l’aimais beaucoup.

F.D. : Y a-t-il d’autres moments de votre existence qui vous bouleversent ?

J.F. : Ma séparation d’avec Ted n’a pas été facile à encaisser…

F.D. : Que devient Peter, votre frère ?

J.F. : Je ne le vois pas très souvent parce qu’il travaille beaucoup. Mais je suis toujours heureuse quand nous passons du temps ensemble. Ma mère [Frances Ford Seymour, ndlr] est enterrée dans l’Ontario, le long du Saint-Laurent, et nous ne sommes jamais allés sur sa tombe. Nous avons donc prévu de nous y rendre ensemble au printemps prochain. Peter et moi sommes très proches.

F.D. : Allez-vous toujours dans votre ranch au Nouveau-Mexique ?

J.F. : Non, il est à vendre, car je ne peux plus monter à cheval. Je souffre d’arthrose, donc, petit à petit, je fais remplacer des parties de mon corps. Je suis un peu bionique maintenant, moitié métal, moitié humaine [rires] ! Il y a beaucoup de choses que je ne peux plus faire.

F.D. : Comment vivez-vous le temps qui passe… et quelle est votre plus belle victoire sur l’apparence ?

J.F. : Il m’a fallu atteindre l’âge de 40 ans pour comprendre que la vie avait plus de valeur que l’image que l’on donne ! Toute ma jeunesse, j’ai pensé que je n’étais pas parfaite. Je voulais que les hommes m’aiment. Pour leur faire plaisir, je me serais pliée en quatre. Et puis, je me suis fait enlever mes prothèses mammaires alors que des chirurgiens – des hommes – me le déconseillaient ! Voilà l’une de mes plus belles victoires sur l’apparence.

par Frank Rousseau (correspondant à Los Angeles)

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