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"Je gagne ma vie grâce au jeux-concours"

Publié le 11 mars 2011

« J’avais 12 ans quand j’ai joué la première fois à un de ces jeux gratuits découpé sur un paquet de gâteaux. J’y croyais. J’ai gagné... Une montre ! Elle ne fonctionne plus aujourd’hui que j’ai 36 ans, mais je ne m’en suis jamais séparée.

Par la suite, j’accompagnais ma mère pour faire les courses tous les mercredis. Muni d’un papier et d’un crayon, je parcourais les rayons. La participation étant sans obligation d’achat, il me suffisait de noter les adresses pour envoyer les informations demandées avec remboursement du timbre. Souvent, je remportais des lots de tee-shirts ou des pin’s alors à la mode. C’est vite devenu une passion.

Quand on joue, on rêve et quand le rêve se réalise, c’est vraiment génial. Surtout lorsqu’on est adolescent et que l’on reçoit son premier baladeur CD ! Mes parents ne roulaient pas sur l’or, et si j’ai parfois gagné des places de cinéma ou un bidon de sucettes, j’ai aussi reçu des cadeaux qu’ils n’auraient jamais pu m’offrir : un téléphone portable, un scooter, des voyages... La Martinique à l’âge de 18 ans, puis le Maroc, la Tunisie, le Canada, Israël, les Etats-Unis. J’avais dès lors cumulé les jeux papier et radiophoniques en développant quelques astuces : téléphoner 3 minutes avant le démarrage de l’émission diffusée à heure fixe, envoyer une (grande) enveloppe quelques jours à peine avant la date du tirage au sort... Dans le premier cas, on arrive à joindre le standard avant qu’il ne soit surchargé ; dans le second, votre courrier se retrouve au-dessus de la pile et son format peut favoriser son tirage au sort.

Evidemment, je jouais aussi au nom de ma grand-mère puisqu’on a droit à une participation par foyer. A ce rythme, j’ai accumulé chez mes parents pas mal de cartons dont un barbecue de table jamais déballé ! J’en ai aussi donné beaucoup. Vers 20 ans, je passais tout mon temps libre à la gestion de ce hobby qui peut, c’est vrai, devenir une drogue... Mais ça ne met personne en danger ! Il n’y a pas d’échange d’argent, même si le risque d’enfermement peut exister comme pour les jeux vidéos par exemple.

Pour ma part, vivant alors à la campagne, peu sportif et plutôt timide, ce passe-temps me correspondait bien. La suite démontrera que ça ne m’a pas trop mal réussi ! Dans les années 2000 en effet, Internet est arrivé, avec de nouveaux jeux, mais pas seulement.

J’ai dû gagner 3 ordinateurs, mais le premier, je l’ai acheté. J’ai appris à m’en servir et, en 2004, mis en ligne un site pionnier (www.pasuneuro.com) pour partager mes bons plans avec mes proches. A ma grande surprise, le succès s’est étendu, à tel point que j’ai quitté un emploi stable à EDF pour en vivre ! J’ai créé d’autres sites (ma deuxième passion) : www.lesmalins.com, www.reducprivileges.com, www.concoursgratuits.com, www.generationdebrouille.com pas seulement pour les jeux, mais pour les bons de réduction, les ventes privées, tout ce qui suppose une économie. Aujourd’hui, j’ai 1 millions d’inscrits !

En ces temps de crise, c’est vraiment une victoire que de consommer sans dépenser. On se sent un peu privilégié... Evidemment, je joue toujours, sur le web exclusivement. Peut-être arriverais-je à gagner un jour une voiture ou une maison... »

Propos recueilli par Laurence Delville

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