France Dimanche > Actualités > Mylène Demongeot : "Je vais m'en sortir !"

Actualités

Mylène Demongeot : "Je vais m'en sortir !"

Publié le 31 août 2021

.photos:bestimage
© BESTIMAGE -

Malgré la récente récidive de son cancer, l'actrice qui soufflera ses 86 bougies en septembre garde le moral. Dans son prochain livre “Merci Raoult”, elle rend hommage au célèbre professeur Raoult qui lui a sauvé la vie…

Après de sérieux pépins de santé et surtout un méchant Covid l'an dernier qui a failli l'emporter, l'actrice, qui soufflera ses 86 bougies le 29 septembre prochain, profite plus que jamais de sa résurrection. Dans un ouvrage, étonnement intitulé Merci Raoult et qu'elle termine d'écrire, elle raconte son combat contre le virus et son retour inespéré à la vie. Et malgré une récente récidive de son cancer et de nouvelles séances de chimio, elle n'a rien perdu de son optimisme communicatif et se fait une joie de partager avec nous tous ses futurs projets qui continuent de l'animer. Car, comme elle nous le confie : « J'en aurais jusqu'à mon dernier souffle ! »


France Dimanche : Comment allez-vous, chère Mylène ?

Mylène Demongeot : Bien, merci. Je suis en pleine écriture de mon nouveau livre. Ce dernier, qui devait s'appeler au départ 21 jours, vient, grâce à François Ruffin et son documentaire Merci Patron !, d'être rebaptisé Merci Raoult. Car il faut reconnaître que c'est grâce à ce grand professeur que j'ai eu la vie sauve. Atteinte du Covid l'an dernier et condamnée par les médecins qui ne donnaient pas cher de ma peau, je m'en suis sortie parce qu'on m'a administré le traitement de Raoult. Tous assuraient que j'allais mourir, que j'étais trop faible pour qu'on m'intube ou qu'on me plonge dans le coma. Ils disaient à Didier, mon fidèle assistant depuis vingt ans, que j'étais foutue. Alors, en dernier recours, il a été décidé de tenter le protocole de Raoult, c'est-à-dire l'hydroxychloroquine couplée à des antibiotiques, et en quinze jours, j'ai été tiré d'affaire. Je suis sortie de l'hôpital le 9 avril 2020, guérie.

FD : C'est ce que vous racontez dans votre livre ?

MD : Oui, mon séjour à l'hôpital, ces vingt et un jours durant lesquels on est d'abord cette espèce de légume, et puis la pensée revient, et on songe, on imagine, mourir ou s'en sortir. Tout ce qui vous traverse la tête, d'histoires, de réflexions… C'est comme un journal de bord de cette épopée.

FD : Avant tout ça, vous étiez aussi en plein tournage d'un nouveau film…

MD : Oui, MDR (Maison de retraite) de Thomas Gilou, avec Kev Adams et Gérard Depardieu, que j'ai pu finir de tourner. Je sais qu'il sera présenté au festival de l'Alpe d'Huez en janvier prochain et sortira dans la foulée, si tout va bien ! J'aimerais beaucoup qu'on organise une présentation à Laval, pour avoir l'occasion de remercier tous ces soignants merveilleux qui ont été extraordinaires avec moi. J'ai aussi tourné dans, Deux vies, un nouvel épisode du Capitaine Marleau, avec Corinne Masiero que j'adore, qui devrait sortir en septembre.

FD : Le professeur Raoult sait-il que vous avez intitulé votre livre ainsi ?

MD : Bien sûr, je lui ai demandé l'autorisation. Je ne l'ai pas eu lui directement, mais sa femme, qui m'a dit que ça les touchait beaucoup. Donc je suis très contente. Lorsque je l'aurai terminé, je le donnerai à mon éditeur et, une fois qu'il sera sorti, j'irai à Marseille le remettre au professeur en main propre. Je ne le connais pas du tout, mais serai ravie de faire sa connaissance.

FD : Quels souvenirs gardez-vous de cette terrible épreuve Covid ?

MD : Je suis sortie de là fatiguée, mais heureuse d'être en vie ! Ça vous laisse des séquelles dans la mesure où je n'ai pas complètement retrouvé l'usage de mes jambes. C'est-à-dire que je ne marche pas bien et comme j'ai peur de tomber et de me casser le col du fémur par-dessus le marché, je suis obligée de m'aider d'une canne. Je m'en suis acheté une très jolie et marche élégamment grâce à elle. Pour me remettre de tout ça, je suis partie me reposer plusieurs mois au Sénégal…

FD : Ah bon, racontez-nous ?

MD : J'ai été invitée là-bas par le réalisateur Jean-François Davy, avec qui j'avais fait Tricheuse en 2008 aux côtés Hélène de Fougerolles et Zinedine Soualem. Comme il pleuvait et faisait froid chez nous, il m'a proposé de venir le rejoindre dans l'hôtel qu'il tient avec sa femme. J'ai alors dit à Didier [son assistant, ndlr] : « On n'a rien de prévu, alors on file au Sénégal ! » On est donc parti le 13 janvier, et je suis rentrée à Paris en juillet. Je suis restée six mois dans ce merveilleux pays. L'hôtel était au bord de l'océan, il fait beau et chaud entre 27 et 30 °C, on mange du poisson, des fruits, des légumes, c'est divin. Je me suis fait plein d'amis. Et s'il continue de faire mauvais chez nous, je risque d'y retourner plus vite que prévu.

FD : Vous vous y êtes bien reposée ?

MD : Oui, même si j'ai quand même travaillé, car je ne peux rester sans rien faire. Avec Jean-François [Davy, ndlr], on a bossé sur deux projets. Un premier scénario, que nous avons un peu mis de côté pour le moment, et un second qui traite d'une belle histoire d'amour qu'il a réellement vécue. Après avoir écrit cette histoire au Sénégal, on l'a ramenée en France. Là, on la retravaille et on espère tourner le film au printemps prochain. C'est un long-métrage ambitieux, que nous souhaitons élever le plus haut possible. C'est à l'envers de tout ce qui se fait à l'heure actuelle, une vraie histoire d'amour, entre deux êtres, avec tout ce que ça comporte de beau et parfois de dramatique. Comme ce n'est pas du tout dans l'air du temps, je pense qu'il a toutes ses chances. Je suis aujourd'hui une dame âgée, qui vient d'un vieux cinéma, et j'aime rêver ou rire lorsque je regarde un film, avoir des émotions. Je ne veux pas retrouver le misérable quotidien des trois quarts des gens… D'ailleurs, j'ai très envie d'aller voir Adieu les cons et OSS 117 pour rire un bon coup !

FD : Que faites-vous de votre été ?

MD : Je suis actuellement à Paris pour soigner une récidive de mon cancer du péritoine. Le médecin m'a dit que ça reste dormant dans l'organisme et que ça peut revenir, de temps à autre. Et là, c'est reparti. J'ai du coup regagné mon pied-à-terre parisien pour de nouvelles séances de chimio. Mais ça va, je suis contente d'en faire, car je sens que ça me fait vraiment du bien. On peut se dire que c'est un poison qui vous tue, eh bien moi, il me fait du bien pour le moment, ce poison. Je vais m'en sortir haut la main et serai en pleine forme dans un mois. Mais il faut bien le dire, ce cancer m'enquiquinera probablement jusqu'à la fin de mes jours.

FD : Et puis, le fait de contracter le Covid n'a certainement rien arrangé…

MD : Non, c'est sûr que j'ai eu une baisse de mes défenses immunitaires qui a fait que j'étais plus fragile. Mais je viens de faire des tests pour savoir où en étaient mes anticorps et j'ai visiblement des défenses immunitaires fabuleuses ! De quoi être au top pour tous ces beaux projets en cours et à venir. Et comme j'adore mon métier, je suis ravie !

Caroline BERGER

À découvrir

Sur le même thème