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Jean-Baptiste Martin : “Mon père a libéré les humoristes !”

Publié le 16 décembre 2015

  Des huit enfants de Jacques Martin, Jean-Baptiste Martin est l’un de ceux que l’on connaît le moins. Pourtant, il a joué dans de nombreux téléfilms où sa � ressemblance� avec sa mère, Danièle Évenou est frappante.

Il est le plus méconnu des huit fils et filles du grand Jacques. Un anonymat injuste, pour celui qui joue dans la pièce Les voisins du dessus, actuellement à l’affiche de la Comédie Bastille, à Paris.

Nous avons voulu réparer cet oubli en interrogeant Jean-Baptiste Martin sur les souvenirs qu’il a gardés de son célèbre père.

France Dimanche (F.D.) : La pièce évoque les rapports entre générations, alors que votre mère (Danièle Évenou) est en couple avec un homme de seize ans son cadet. C’est une grosse différence !

Jean-Baptiste Martin (J.-B.M.) : Oui, mais comme ma mère ne fait pas du tout son âge, elle paraît plus jeune que son nouveau mec [rires], qui travaille comme monteur pour les émissions d’Arthur. Ils se connaissaient déjà avant la mort de Georges Fillioud.

F.D. : Auquel de vos deux parents ressemblez-vous le plus physiquement ?

J.-B.M. : Déjà, les gens ne me disent jamais rien, parce que je porte le nom le plus répandu de France. Donc ils ne savent pas que je suis le fils de Jacques Martin et de Danièle Évenou. Ç’aurait été différent si je m’étais appelé Jean-Baptiste Évenou. Mais ceux qui savent que je suis un « fils de » trouvent que je ressemble physiquement à ma mère. Contrairement à David ou Frédéric, qui sont les portraits crachés de mon père.

F.D. : Combien avez-vous en tout de frères et sœurs ?

J.-B.M. : Sept, trois plus âgés que moi, et quatre plus jeunes. Les plus connus d’entre nous sont David, mais aussi Jeanne et Judith, les deux filles de Cécilia, qu’on a beaucoup vues dans les médias. Entre l’aîné, David, né en 1961, que mon père a eu avec sa première femme, Anne Lefèvre, et les cadets, Juliette et Clovis, venus au monde en 1999, qui sont les enfants de Céline [Céline Boisson, la dernière épouse de Jacques Martin, ndlr], il y a presque quarante ans d’écart.

F.D. : Que devient David, votre frère cuisinier, qui présentait ses émissions au côté de votre père ? Il a disparu de la circulation ?

J.-B.M. : Pas du tout ! Il est rentré définitivement de Bangkok et vient d’ouvrir son restaurant à Paris. Je n’ai même pas eu encore le temps d’aller goûter à sa cuisine. Car, comme notre père, David sait cuisiner ! Contrairement à moi… En revanche, moi j’ai hérité de ses qualités de musicien !

F.D. : Est-ce que c’est grâce à sa notoriété que votre père a séduit des femmes comme Marion Game, Danièle Évenou ou Cécilia « ex-Sarkozy » ?

J.-B.M. : Non. Pas à l’époque de ma mère en tout cas, car il n’avait pas encore fait Le petit rapporteur, et ce n’était pas un homme de télévision. Je crois que c’est surtout son talent qui attirait les femmes, un peu comme Gainsbourg. Mon père était curieux et pouvait discuter de tout : théâtre, poésie, littérature, musique, chant, politique. Il n’avait pas d’oreillette et était capable de parler trois heures sans prompteur.

Jean-Baptiste Martin dans la pièce
Jean-Baptiste Martin dans la pièce "Les voisins du dessus" avec Deborah Krey, Didier Constant et Bernard Fructus © Jérôme Mars

F.D. : Laurent Ruquier et Ardisson ont justement rendu hommage au génie de votre père, en prime time, sur France 2, dans On a tous en nous quelque chose de Jacques Martin

J.-B.M. : Je n’ai pas regardé l’émission. Je pense que mon père était un super bosseur et aussi un génie. Il est arrivé à un moment où il y avait tout à construire à la télévision. Il venait d’un milieu très pauvre et a tout fait pour réussir. Et si les Guignols existent aujourd’hui, c’est parce qu’il y a eu Le petit rapporteur. À l’époque, c’était très courageux de se lancer dans une telle aventure. On prenait le risque de se faire virer par Giscard d’Estaing : la télé et la radio étaient contrôlées. Mon père a libéré les humoristes.

F.D. : Dans l’émission de Ruquier, votre père évoque ses problèmes de santé à répétition…

J.-B.M. : C’est vrai qu’à cause de son attaque, ses dernières années ont été difficiles et douloureuses, car il avait perdu goût à la vie. Il ne prenait même plus plaisir à aller au restaurant, car on le reconnaissait. Alors il préférait ne plus se montrer. Mais pour lui qui aimait tant la vie et la bonne cuisine, c’était un vrai sacrifice ! Il ne pouvait plus chanter, ni lire, ni même habiter dans sa propre maison, à cause de l’escalier. Mon père a dû aller vivre à l’hôtel.

F.D. : Comment êtes-vous devenu comédien ?

J.-B.M. : Je suis venu au théâtre grâce à une représentation de fin d’année au lycée. Moi, je ne voulais pas être comédien… Mes parents ne le souhaitaient pas non plus… J’étais organisateur de soirées. Mais un agent m’a repéré. Le lendemain, j’ai participé à un casting et décroché un rôle qui m’a permis de donner la réplique à Corinne Touzet. J’ai quitté la maison à 17 ans, j’ai travaillé tout de suite, et, depuis, je n’ai pas arrêté de tourner, dans presque toutes les séries françaises, comme, par exemple, sur France 2, Les enquêtes d’Éloïse Rome. Et puis, maintenant, je joue dans la série Pep’s pour TF1.

F.D. : Votre carrière a-t-elle été une revanche sur l’école ?

J.-B.M. : J’ai eu une relation malheureuse avec l’école. J’étais le petit J.-B., fragile, spasmophile. Je m’évanouissais. Du coup, je passais mon temps à l’infirmerie. Ma mère était super laxiste ! Avec mon frère, on ratait l’école presque tous les lundis matin, car le dimanche soir, elle organisait des dîners. Elle me faisait des mots d’excuses. Qu’est-ce que j’ai pu avoir comme rages de dents et angines ! Il y avait une telle liberté à la maison. Maman me laissait tout faire. Dès que j’ai quitté le lycée – après avoir raté mon bac –, j’ai cessé d’être malade.

F.D. : Et comment cela se passait-il chez votre père ?

J.-B.M : Chez mon père, c’était tout le contraire de chez ma mère. C’est tout juste si l’on ne devait pas être en costume cravate, avec l’obligation de se coucher à 22 h. Il faisait semblant de tout contrôler, mais les bulletins, il s’en foutait. Il ne savait même pas dans quel lycée j’étais !

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Cédric Potiron

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