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Jean-Claude Drouot : Tout nu dans les bras d’Amanda Lear !

Publié le 21 mars 2015

Dans ses mémoires, celui qui interpréta Thierry la Fronde, Jean-Claude Drouot raconte comment�  Salvador Dali� l’a mis dans cette situation particulièrement scabreuse avec Amanda Lear.

S’il est un feuilleton télévisé qui a marqué ceux qui ont aujourd’hui plus de 50 ans, c’est bien Thierry la Fronde ! Eh bien, votre héros d’antan, ou plutôt celui qui s’était glissé dans son pourpoint, à savoir Jean-Claude Drouot, a troqué son arme contre la plume afin d’écrire ses mémoires, Le cerisier du pirate.

Et on en apprend, des choses, sur ce diable d’homme ! Pour commencer : avant de devenir le Robin des bois français, il a été espion belge au service de l’armée américaine. Et pas à la télé, dans la vraie vie ! Au tout début des années 60, il a effectué son service militaire dans les services du contre-espionnage de l’état-major des forces alliées en Europe. Pourtant, Jean-Claude Drouot ne va pas devenir James Bond, mais bel et bien Thierry la Fronde. Du reste, les noms de ces deux personnages riment fort bien.

Ensuite, à propos du hors-la-loi télévisé, on découvre que Jean-Claude Drouot a failli… ne pas l’être ! En effet, alors qu’il avait franchi toutes les étapes du casting, le jeune homme de 23 ans, au caractère entier, découvre qu’il va lui falloir endurer d’interminables négociations à propos de son contrat. Or parler d’argent l’assomme plus que tout.

Ni une ni deux, il appelle son agent, Lola Mouloudji, la femme du chanteur, pour lui annoncer qu’il renonce à faire le feuilleton ! Il faudra que Jean Gras, l’un des comédiens recruté pour jouer Bertrand, l’un des compagnons de Thierry la Fronde, débarque chez Jean-Claude Drouot un jour à l’aube pour qu’il revienne in extremis sur sa décision. On a eu chaud…

Phénomène

L’acteur ne va pas regretter son revirement ! Tout de suite, son personnage devient célèbre auprès des enfants. Mais aussi des dames qui se laissent aller à de doux rêves lorsque, sur leur écran, elles peuvent admirer le héros, les fesses moulées dans son collant médiéval. Ce qu’elles ne pouvaient savoir alors, et que Jean-Claude révèle aujourd’hui, c’est qu’il était affublé, sous cet habit, d’une coquille de danseur !

Le feuilleton va même devenir un phénomène de société. Un proche du général de Gaulle a raconté qu’un jour, sa voiture arrêtée par une manifestation d’agriculteurs, le chef de l’État a lâché : « On va leur envoyer Thierry la Fronde. Il va nous régler ça vite fait, bien fait ! »

Mais l’aventure s’arrête au bout de deux ans et demi. En mars 1966, le feuilleton est fini, Jean-Claude Drouot peut revenir à son véritable amour, le théâtre. Mais il va continuer à faire de la télévision (nul n’a oublié Les gens de Mogador, Ferbac ou encore Le grand Batre) et du cinéma. Et c’est justement le 7e art qui va lui permettre de faire une rencontre précieuse… mais aussi le mettre dans une situation très délicate.

JC Drouot portraitEn 1970, le comédien est engagé pour jouer dans un film prestigieux, Le phare du bout du monde, aux côtés de Yul Brynner et de Kirk Douglas ! Le tournage a lieu en Espagne, à Cadaqués, qui est, en ces années, le fief de Salvador Dalí, peintre et maître de l’extravagance, comme il va le prouver très vite.

Dès les premiers jours, l’artiste apparaît sur le tournage et invite Jean-Claude à dîner dans sa superbe propriété. Une fois, puis une autre, puis encore une autre : le vieux peintre s’est pris d’une sorte de passion pour le jeune comédien. Autour de lui évolue toute une cour, dont l’élément le plus intrigant est la belle et mystérieuse Amanda Lear, à la fois égérie et modèle du maître.

Aux dires de Jean-Claude Drouot, Dalí souhaita l’avoir aussi comme modèle : « Je fus invité un jour à le suivre dans une vaste pièce donnant sur la mer, une chambre qui lui servait également d’atelier. Il voulait me représenter, disait-il, en saint Georges terrassant le dragon. Nu, bien évidemment ! Je n’étais pas exhibitionniste, et avais même mes réticences. »

Caprices

Mais comment dire non à Dalí ? Jean-Claude passe donc dans la salle de bains attenante et en ressort deux minutes plus tard en tenue d’Adam. C’est alors qu’il a la stupéfaction de découvrir sur le lit Amanda Lear en tenue d’Ève ! Apparemment, d’après l’acteur, elle avait l’air fort mécontente de la situation, et le peintre était occupé à lui faire des reproches à propos de ses « caprices ».

Puis, il expliqua à Jean-Claude que, pour son tableau, il devait prendre Amanda dans ses bras et l’emporter, après avoir occis un dragon imaginaire. Situation scabreuse dont le comédien se tira comme il put, et aussi vite que possible.

Le pire, c’est que Dalí ne peignit jamais le fameux tableau !

Pierre-Marie Elstir

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