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Jean-Claude Van Damme : Malade du cerveau !

Publié le 17 septembre 2018

Ses dérapages et déclarations à l’emporte-pièce, devenus cultes, ont une cause médicale. Jean-Claude Van Damme avoue souffrir d’un trouble de la personnalité ravageur.

Peut-être existe-t-il au fond deux Jean-Claude Van Damme.

Rassurez-vous, l’acteur et castagneur belge ne s’est pas découvert sur le tard, à 57 ans, un jumeau caché.

Déjà qu’il lui est arrivé de parler de lui-même à la troisième personne, une telle éventualité rendrait fous les journalistes chargés de l’interviewer, lui qui peut leur annoncer qu’il veut constuire une arche de Noé ou voler tel un aigle.


Cependant, comme il s’en est ouvert à notre confrère Le Parisien, à l’occasion d’un entretien accordé lors de la sortie du long-métrage de Julien Leclercq, Lukas, dans lequel la star du film d’action incarne un père modèle doublé d’un videur briseur de mâchoires, JCVD souffrirait d’un grave trouble de la personnalité.

« Quand j’étais petit, avoue-t-il, j’étais un garçon qui ne savait pas trop bien s’exprimer et qui pensait un peu trop vite. Peut-être à cause d’une certaine bipolarité. J’étais aussi très sensible. Musique classique, danse, piano… J’avais 9  ans quand mon père m’a conduit au karaté. » 

L’avenir a prouvé que le gamin d’outre-Quiévrain était plus doué pour les katas que pour le solfège.

Et son papa, fleuriste de son état, a dû plus souvent tresser des couronnes pour les victimes du punch de son rejeton qu’assembler des lauriers pour fêter ses succès au conservatoire.

Deux phases

Reste que le plus troublant dans cette brève confession du comédien concerne son côté bipolaire.

Ce terme, très à la mode, est trop souvent galvaudé.

Bien des gens qui sont tout simplement lunatiques et sanguins, se font absoudre par des praticiens, trop heureux de trouver là un mot pour expliquer et justifier le sale caractère de leurs patients. 

Mais, pour les thérapeutes sérieux, on ne plaisante pas avec la bipolarité.

C’est une vraie maladie, qui comporte deux phases, l’une maniaque, l’autre dépressive.

Ceux qui en souffrent peuvent donc passer, sans crier gare, de périodes d’atonie absolue, durant lesquelles ils semblent à peine plus agités qu’une plante verte, à des accès de violence incontrôlables, les poussant à passer leurs nerfs à vif sur le premier venu.

Et si c’est Jean-Claude Van Damme qui se met dans une colère noire, ce premier venu a intérêt à avoir une bonne mutuelle…

Fort heureusement, à en juger par ses propos, il semblerait que JCVD se méprenne quelque peu sur la définition de la bipolarité.

Car si toutes les personnes sensibles, aimant les fleurs, Verdi et Maurice Béjart en souffraient, alors les salles d’opéra se transformeraient en rings, en arènes dignes de celle du cirque Maxime de Rome, dont les spectateurs rentreraient non pas en taxi mais en ambulance. 

En fait, le comédien ne paraît pas appartenir à la famille de ces infortunés malades qui, tel le héros du roman de Robert Louis Stevenson, à la fois Dr. Jekyll et Mr. Hyde, incarnent des agneaux devenant des loups en un instant.

Comme s’il suffisait d’appuyer sur un interrupteur (ou de boire une potion magique) pour qu’une telle métamorphose s’opère.

A la rue

Non, JCVD est juste de ceux qui ont le cœur à fleur de peau et les muscles saillants, un combattant qui n’esquive pas ses faiblesses.

« Quand je vois à la télé un éléphant qui se fait tuer, j’en suis malade. D’autant que ce n’est pas à mon âge que je vais changer le monde », plaide-t-il pour sa défense, toujours dans le Parisien.

En vérité, Jean-Claude Van Damme n’a pas grandi.

Il reste ce gosse à la larme facile, effrayé par la force de ses sentiments : « J’ai peur de l’amour, explique-t-il. J’ai peur de l’amitié parce que, quand j’aime, je donne tout ce que j’ai et je ne sais pas dire non. »

Et s’il est aussi ému devant le martyre d’un pachyderme, c’est peut-être parce qu’il partage avec eux une mémoire l’empêchant de se prendre pour un autre, lui qui a vécu pendant cinq ans à la rue dans Los Angeles, avant de faire le coup de poing devant les caméras.

À cette époque, le boulot le plus ingrat et le repas gratuit le moins appétissant étaient toujours bons à prendre. 

Cela se passait dans une autre vie, mais l’ancien toxicomane sait d’où il revient : « J’ai fait des choses que je ne peux pas regretter, parce que j’ai connu des situations tellement dangereuses, tellement graves que, quand je rencontre aujourd’hui des gens qui sont dans cette merde, je sais leur parler pour qu’ils comprennent que ça ira mieux demain. »

Et de conclure dans un sourire : « Je suis de très bon conseil pour les autres. »

Claude LEBLANC

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