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Jean-Jacques Lafon : “J’ai eu une révélation !”

Publié le 13 février 2020

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© BESTIMAGE Jean-Jacques Lafon

Animé par une incroyable énergie, Jean-Jacques Lafon, 64 ans, revient sur le devant de la scène avec un tout nouvel album.

Il souhaitait « mourir à Toulouse », tout en ayant choisi de vivre à Montreux, en Suisse. Si le chemin qu’il suit désormais semble quelque peu dévier de son ancienne trajectoire, le chanteur de 64 ans continue de vibrer grâce à ses deux passions. Celle pour la naturopathie qu’il exerce principalement chez nos voisins helvétiques, puis celle, irrépressible, qu’il voue à la musique. Après quelques années de silence, il revient avec un tout nouveau disque, Pour l’amour de Dieu, qui parle de gens ordinaires aux destins extraordinaires.

France Dimanche  : Comment allez-vous ?
Jean-Jacques Lafon : Très bien. Je me sens serein, posé, bien que je voyage beaucoup. J’aimerais parfois éviter les déplacements pour être un peu plus zen, mais je crois que c’est ma nature. Je veux manger la vie, très vite. Ne rien perdre.

FD  : Vous sortez un tout nouvel album. D’où vous est venue l’inspiration ?
JJL : Il y a deux ans, je me suis rendu avec un ami au monastère Saint-Maron-Annaya au Liban. J’étais comme attiré par ce lieu. Mon ami, lui, était alcoolique et atteint d’un cancer du foie. à peine a-t-il posé le pied à terre qu’il s’est mis à pleurer. Impossible pour lui de contenir ce flot de larmes. Le soir, il n’avait plus l’envie de boire. Il était guéri de son addiction. De mon côté, beaucoup de négativité s’était envolée. Sans en ressentir le besoin à l’origine, j’ai pu me détacher de certaines personnes de mon entourage qui n’étaient pas fréquentables. Et, au vu de tout ça, j’ai eu comme une révélation. Quelque chose qui m’a poussé à faire cet album.

FD  : Et pourquoi avez-vous eu envie d’écrire sur « les hommes et les femmes de Dieu » ?
JJL : Ce n’est pas un album qui parle de religion, mais plutôt de gens ordinaires qui ont fait des choses extraordinaires. Quand je vois quelqu’un donner sa vie pour défendre les misérables, je trouve ça fabuleux. Et, d’ailleurs, ce monastère est un lieu qui rassemble beaucoup de confessions différentes. C’est un rassembleur de l’humanité. Et c’est en ça qu’il m’a plu. J’en ai donc parlé à mon parolier, Dominique Gorse. De mon côté, je me suis mis au piano pour écrire les musiques et elles sont tombées dans la minute qui a suivi.

FD  : Vous avez travaillé avec l’association Médecins aux pieds nus, en Afrique. 
JJL : C’est lors d’un gala en Afrique que j’ai rencontré le fondateur de cette association. Il m’a proposé de devenir ambassadeur, j’ai accepté. L’objectif est de permettre à ces populations de se soigner avec la pharmacopée locale et de ne pas compter sur les autres. En dehors des rencontres formidables que j’ai pu faire, ça a donné du sens à ma vie. Ne pas simplement chanter, puis prendre l’argent et partir ! [rire]

FD  : Il y a quelques années, vous aviez décidé de vous éloigner du show-biz pour reprendre votre carrière de clinicien. Qu’est-ce qui vous avait éloigné de la musique ?
JJL : Jamais, je n’ai arrêté de chanter. Ce qui m’avait coupé de mes études, c’est la chanson qui, à un moment donné, a marché plus fort. Et puis, la naturopathie : c’est ma seconde passion ! J’ai fait beaucoup de conférences en Suisse sur ce que j’appelle la sonothérapie des sons et des fréquences où je vis depuis treize ans. J’ai d’ailleurs obtenu la double nationalité ! J’ai choisi cet endroit pour son calme, et ce pays est très enclin à la naturopathie. Pas pour l’argent ! [Rire] Désormais, mes musiques sont même utilisées au bloc opératoire, comme anesthésiants !

FD  : Vos parents ne souhaitaient pas que vous fassiez de la musique, sans la sécurité de la médecine. Où est née cette passion ?
JJL : Ma famille n’écoutait pas beaucoup de musique, mais, pour moi, ça a toujours été un besoin. J’ai acheté un orgue à 16 ans, et, le jour de l’achat, j’étais dans un orchestre. Et puis dès que je pense à arrêter, mon téléphone sonne et tout recommence. La musique, c’est mon destin.

FD  : Quels sont vos projets ?
JJL : Pour mars et avril prochains, je suis en train de monter une tournée dans les églises. Elles ont une superbe acoustique. Et je me dis que ça va peut-être aussi toucher un public plus attentif aux textes. Récemment, j’ai donné un concert au Maroc. C’est toujours des moments magiques. Plus qu’hier, c’est ça que je souhaite aujourd’hui : partager. C’est peut-être venu avec la sagesse… [Rire].

Julia NEUVILLE

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