France Dimanche > Actualités > Jean-Louis Trintignant : Il se bat contre le cancer !

Actualités

Jean-Louis Trintignant : Il se bat contre le cancer !

Publié le 30 avril 2004

Père foudroyé, gravement malade, Jean-Louis Trintignant brûle ses dernières forces en revenant au théâtre, en hommage à Marie

"Ne pleure pas de l'avoir perdue, sois heureux de l'avoir connue".

Depuis cette phrase, prononcée à la foule d'une voix brisée par les sanglots, sur la tombe de sa fille, au cimetière du Père-Lachaise, le 6 août dernier, Jean-Louis Trintignant avait disparu.

Neuf mois de silence, de repli. Reclus volontaire dans sa propriété d'Uzès, au milieu de ses vignes et de ses oliviers, il n'avait fait aucune apparition en public. Et, contrairement à son ex-épouse, Nadine, il n'avait pas accordé la moindre interview.

->Voir aussi - Jean-Louis Trintignant : Le jugement de Vilnius !

L'absence du célèbre comédien avait été tout aussi remarquée à Vilnius, lors du procès de Bertrand Cantat. Et pourtant, au moment où la lumineuse Marie revit sur France 2, dans le téléfilm Colette, réalisé par sa mère Nadine, Jean-Louis a décidé de brûler ses dernières forces en revenant au Théâtre de la Madeleine, en hommage à sa fille...

Depuis le 25 avril, devant un auditoire profondément recueilli, il lit des textes de Guillaume Apollinaire. Un poète qui l'unit pour toujours à sa fille disparue, puisque, il y a cinq ans, père et fille étaient réunis sur scène pour dire les Poèmes à Lou, au Théâtre de l'Atelier.

Courage

Que de courage, que de volonté, il a fallu à cet homme brisé par le chagrin, pour monter sur scène et s'offrir à nouveau aux regards du public !

Oui, c'est une démarche qui mérite d'autant plus d'être saluée, que Jean-Louis Trintignant est un homme malade. Très malade.

À 73 ans, en effet, le comédien se bat contre un terrible ennemi : le cancer !

Sursis « Être vieux, c'est douloureux, physiquement ; j'ai un cancer comme tout le monde, du diabète aussi...», confiait-il, la semaine dernière à Madame Figaro, pour sa première interview depuis le drame de Vilnius.

C'est donc un homme doublement en sursis qui joue Apollinaire, deux fois par semaine, au théâtre. Un homme hanté par la blessure toujours à vif de la mort de Marie, qui doit combattre désormais pour sa propre survie.

Pourtant, comme il l'a déclaré à TF1, avant d'entrer en scène le soir de la première, le comédien considère qu'après la mort de sa fille, plus rien de grave ne peut advenir.

"J'ai vécu la chose la pire que pouvait m'arriver. J'ai perdu la personne que j'aimais le plus au monde. Alors, maintenant..." Pendant des mois, face à sa douleur, Jean-Louis a sombré peu à peu dans une sorte de dépression, un désintérêt total pour les choses et les êtres.

Mais heureusement, tout au long de ces derniers mois, il n'était pas seul. Auprès de lui, Marianne Hoepfner, sa compagne, veillait.

Et c'est elle qui a réussi à le sortir de l'isolement dans lequel il se laissait inexorablement enfermer.

« Depuis huit ou neuf mois, je passais des heures dans un fauteuil, à ne rien faire. J'étais comme abruti, a-t-il avoué au Journal du Dimanche. Plus rien ne m'intéressait. Ma femme m'a dit : « Il faut que tu travailles.» Un déclic salutaire qui lui a donné le sursaut d'énergie nécessaire pour remonter sur les planches. Pour retrouver, une fois encore, la douce présence de Marie, dont la propre voix enregistrée résonne aux accents de Guillaume Apollinaire...

Confession

Marie, sa fille tant aimée, dont il affirme aujourd'hui, dans sa bouleversante confession au magazine Madame Figaro, connaître les vraies raisons de la mort. Cette terrifiante révélation, c'est la conviction que l'acteur s'est forgée au lendemain du drame : «Je suis certain que Marie a vécu une grande passion avec Cantat, expliquait-il, mais le drame est arrivé le jour où elle lui a dit que c'était fini entre eux. Je n'ai pas de preuves, mais j'en suis sûr.

À l'appui de ses dires, Jean Louis Trintignant évoque l'ultime conversation qu'il a eue avec sa fille : «C'était la veille du drame, dit-il, elle m'a annoncé au téléphone qu'après le tournage, contrairement à ce qui était prévu, elle n'irait pas à Bordeaux avec Cantat, mais directement dans le Midi. Elle ne m'en a pas dit plus, mais après coup, ça explique tout.»

Pour Jean-Louis, c'est devenu une évidence : Bertrand Cantat a battu Marie à mort parce qu'elle aurait décidé de le quitter. Mais qu'elle soit fondée ou non, cette hypothèse ne pourra en rien atténuer la blessure au cœur de Jean Louis Trintignant...

Jean le Breton

À découvrir