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Jean-Luc Reichmann : à la télé, personne ne lui a fait de cadeaux !

Publié le 14 novembre 2015

  Provincial, sans piston, le futur animateur préféré des Français, Jean-Luc Reichmann a longtemps� galéré� avant de prendre place dans le PAF…

Fou de télévision, le jeune Jean-Luc Reichmann ne rêve que d’une chose : passer derrière le petit écran, partager joie et sourires avec un vaste public. Mais pour un Toulousain qui ne connaît personne dans le monde de l’audiovisuel et ne dispose pas du moindre piston, la route est difficile !

En 1988, Jean-Luc apprend que TF1 recherche une nouvelle voix off pour une de ses émissions : Le juste prix. Aux manettes de ce programme, le célèbre Patrick Roy, qui enchantera plus tard le public d’Une famille en or. Mais pour intégrer l’équipe du Juste prix, le jeune homme doit d’abord franchir, les unes après les autres, les étapes d’une longue course. Et au début, les choses se passent plutôt bien.

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Grâce à la petite cassette audio qu’il a envoyée, sur les deux cents concurrents du départ, il est parmi les cinquante restants. Et, après une seconde sélection, parmi les dix derniers candidats, puis parmi les cinq… Et, miracle, il est retenu dans le duel final ! À ce moment, Jean-Luc croit en sa chance. Et c’est le cœur gonflé d’espoir qu’il arrive au casting, à la société française de production, la SFP, dans le XIXe arrondissement de Paris…

Mais là, en une minute, toutes ses espérances s’écroulent. Une minute pendant laquelle il montre ce dont il est capable et au bout de laquelle on l’arrête net. « Pourquoi l’autre a-t-il eu tout son temps pour faire ses essais, et moi seulement soixante secondes montre en main ? » s’interroge-t-il.

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Sur le moment, il n’aura pas la réponse à cette question. Il ne cessera donc de se demander quelle erreur il a bien pu faire… Ce n’est que bien plus tard qu’il apprendra la vérité. Sa seule faute, comme il l’écrit dans T’as une tache, pistache ! c’est de ne pas être le meilleur ami de l’animateur !

« Les dés étaient pipés et la partie jouée d’avance », constate-t-il, avec une amertume que l’on peut comprendre. Lorsque le monde dont on rêve depuis toujours se révèle moins beau qu’on l’imaginait, la déception est rude… Et des déceptions, Jean-Luc en a connu pas mal… Comme celle-ci, qu’il raconte dans son livre.

De 1988 à 2001, il a fait partie des voix qui animaient les fameux Guignols de l’info, sur Canal +. Un travail qu’il apprécie particulièrement, puisqu’il est entouré de personnalités marquantes, comme Nicolas Canteloup et Yves Lecoq, formidable imitateur de PPDA.

Un jour, le producteur artistique des Guignols l’appelle pour lui dire que Lecoq doit animer une grosse émission, et qu’il faut donc le remplacer. Jean-Luc Reichmann peut-il s’en charger ? Fou de joie, le jeune homme accepte avec enthousiasme. Il se rend au studio, pour s’assurer d’abord que l’imitateur est d’accord avec ce choix, et ensuite, entendre ses précieux conseils…

« Amis »

Bien sûr, au moment de passer à l’antenne, le Toulousain est très stressé. Mais il donne le meilleur de lui, fier comme un gosse de réussir sa tâche ! On le félicite, on lui dit que les téléspectateurs ne se sont rendu compte de rien, ce qui était le but de l’opération…

Mais le lendemain, Yves Lecoq ne lui chante pas la même chanson : « Tu sais, ce n’était pas si super que ça, lui dit-il. J’ai eu des réflexions de la direction, certains téléspectateurs s’étant plaints. Je ne laisserai plus la main. » Les deux hommes sont néanmoins restés amis. « Amis de télé », précise quand même l’animateur…

Autre ami de télé : Nagui. Ils se connaissent depuis longtemps. Jean-Luc a été le chauffeur de salle pour Que le meilleur gagne et voix off sur N’oubliez pas votre brosse à dents. Un jour, Étienne Mougeotte, grand ponte de TF1, lui propose de réaliser le pilote d’un de ses concepts, La famille Reichmann, qu’il a créée à la radio. Mais pour cela, il doit trouver un coproducteur. Un associé donc.

Un premier refus essuyé, il s’adresse à son « pote Nagui », comme il l’écrit. Mais là, cruelle déception ! « Ok, je veux bien te produire, mais nada pour la coproduction », lui lance ce dernier… « Là, ça fait mal, raconte Jean-Luc. J’ai la boule au ventre. On a tellement travaillé ensemble, on a ri, on a partagé, mais là, on ne rit plus, on ne partage plus »…

Pour finir sur un trait moins acide, voici une anecdote que l’animateur préféré des Français révèle, liée à son statut de célébrité. Un matin, il accompagne sa fille à l’école. Un passant le reconnaît, l’arrête, lui fait mille compliments, l’empêchant d’amener son enfant en classe !

Jean-Luc a beau tenter, poliment, de lui expliquer qu’il n’a pas le temps, l’homme continue de le flatter, avant de conclure par un « J’adore ce que vous faites, Nicolas Hulot ! »

L’animateur, sans voix, poursuit enfin sa route, mais son admirateur le retrouve devant l’école : il veut un autographe. Ni une ni deux, Jean-Luc Reichmann, de sa plus belle écriture, signe alors : « Marie-Ange Nardi »…

Laurence Paris

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