France Dimanche > Actualités > Jean-Luc Reichmann : Épargné par le terroriste au couteau !

Actualités

Jean-Luc Reichmann : Épargné par le terroriste au couteau !

Publié le 18 mai 2018

Jean-Luc Reichmann qui, ce soir-là, jouait sur la scène de la Michodière, a croisé le chemin du djihadiste fou.

Samedi 12 mai, début de soirée.

C’est un acteur heureux qui gare son scooter devant le théâtre de la Michodière, située dans la rue du même nom, dans le iie arrondissement de Paris.

Depuis le 25 janvier, aux côtés de Thierry Lopez et Stéphane Boucher, Jean-Luc Reichmann est à l’affiche de Nuit d’ivresse, la pièce écrite par Josiane Balasko.


Le public a réservé en masse pour cette avant-dernière représentation, et toute la troupe est prête à donner le meilleur d’elle-même.

À seulement quelques dizaines de mètres de là, parmi la foule qui, comme chaque week-end, flâne dans ce quartier animé de l’Opéra où fleurissent cinémas, salles de spectacle, cafés et restaurants, un homme s’apprête à commettre le pire.

Au nom d’Allah, Khamzat Azimov, 20 ans, Français d’origine tchétchène, a décidé de sacrifier des innocents.

Son arme ?

Un couteau de cuisine de dix centimètres, dont il va user avec rage, semant la mort et la terreur en ce début de soirée printanière.

Jean-Luc Reichmann l’ignore encore, mais ce trottoir, face au théâtre où il est entré il y a plus d’une heure, le jeune djihadiste va l’emprunter.

Et prendre la rue Saint-Augustin où, brandissant sa lame, il attaque sauvagement plusieurs passants, en hurlant « Allahu akbar ».

Cavale sanglante

Cette agression aveugle, barbare, impossible à prévoir, l’animateur aurait pu en être lui aussi victime.

Dans sa folle détermination, en effet, le tueur a semble-t-il frappé au hasard, s’en prenant à ceux et celles qui, par malheur, se trouvaient sur son chemin, c’est-à-dire au mauvais endroit au mauvais moment.

Destin ou bonne étoile, à cette heure, Jean-Luc Reichmann montait sur scène.

Mais, et cette perspective fait froid dans le dos, que serait-il advenu, si l’assassin était passé devant le théâtre, à l’heure où se pressait le nombreux public venu voir la pièce ?

Depuis, comme l’animateur en a fait part sur sa page Facebook le soir même du drame, cette pensée le hante : « Vingt minutes plus tôt, même pas à cinquante mètres de là, plus de quatre cents personnes rentrent au théâtre de La Michodière. […] Impensable, insupportable pour moi d’imaginer que cet homme est passé devant notre théâtre, comme me l’ont dit les policiers, seulement quelques secondes avant son attaque. »

Dans sa course meurtrière, entamée rue Saint-Augustin, poursuivie rue Gaillon, puis rue Marsollier, pour s’achever rue Monsigny, Khamzat Azimov a le temps de tuer un homme et de faire quatre blessés, dont deux ont été transportés à l’hôpital en « état d’urgence absolue ».

Alertées par les passants, les forces de l’ordre ont pu intervenir très vite.

Arrivés sur les lieux en moins de dix minutes, trois policiers, Quentin, François et Stéphane, parviennent à rattraper le forcené.

Celui-ci se jette alors sur l’un d’eux avec l’intention de le « planter » mais, par chance, brise la lame de son couteau sur le gilet pare-balles.

C’est Quentin, jeune stagiaire, qui met fin, d’une balle tirée dans la région du cœur, à la cavale sanglante du djihadiste.

Si, au même instant, les comédiens sont en pleine représentation, ils n’ignorent rien, sans doute grâce à leurs portables, du drame qui a lieu dans les rues avoisinantes.

En grands professionnels, tous gardent pour eux émotions et angoisses et vont du mieux qu’ils peuvent au bout cette avant-dernière.

C’est néanmoins en état de choc qu’ils achèvent cette Nuit d’ivresse où hélas l’horreur est à l’affiche.

Les spectateurs découvrent alors ce qui vient de se passer, mais heureusement, la police est là et la salle peut être évacuée dans le calme.

Hommage

À peine sorti de scène, Jean-Luc Reichmann n’a qu’une idée en tête : rassurer les siens, ainsi que les proches de son public, qui, on le comprend, doivent être alors morts d’inquiétude.

Il est environ 22 h 30 quand le comédien, son casque de scooter sur la tête, se filme avec son téléphone dans une vidéo qu’il poste sur son compte Facebook, donnant, d’une voix chargée d’émotion, des nouvelles apaisantes : « Il y a des événements à l’Opéra et c’était pour dire à tous les amis de La Michodière qu’on était bloqués mais que tout allait bien pour tous les spectateurs, que l’on a vécu le spectacle le mieux possible. »

Conscient d’avoir échappé au pire, l’animateur n’en partage pas moins le chagrin et la douleur des victimes et de leurs familles : « On est de tout cœur avec les personnes qui ont été touchées par ce qui s’est passé ici », conclut-il, bouleversé.

Bien qu’ils aient été particulièrement marqués par cet odieux attentat, Jean-Luc et ses acolytes ont cependant tenu à assurer la dernière de leur pièce.

Par professionnalisme, mais pas seulement.

Comme l’animateur l’a en effet fait savoir sur son compte Twitter, cette ultime Nuit d’ivresse, au goût bien amer, c’est en hommage aux victimes et à leurs familles qu’ils l’ont jouée.

En y mettant, on s’en doute, tout leur cœur…

Lili CHABLIS

À découvrir