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Jean-Luc Reichmann : Lynchage en pleine rue !

Publié le 23 mars 2019

Le drame s’est déroulé le 10 mars, vers 3 heures du matin à Reims. Les trois agresseurs se sont acharnés comme des bêtes féroces.

«Toutes les haines montent en ce moment, c’est insupportable ! », s’insurgeait Jean-Luc Reichmann au micro d’Anne Roumanoff sur Europe 1, le 13 février. La discrimination et la violence gratuite sont des fléaux que l’animateur connaît bien pour en avoir lui-même fait les frais. Son angiome, cette tache couleur lie-de-vin s’étalant sur son nez, lui a en effet valu, enfant, tant de moqueries et d’humiliations qu’il en a même fait un livre, T’as une tache pistache, paru en 2015 chez Michel Lafon. Le monde n’a hélas pas changé depuis ! Le présentateur des 12 coups de midi ! vient d’en faire l’atroce constat.

Il n’est cette fois pas question d’insultes ni de torture psychologique, mais de coups d’une brutalité inouïe ayant entraîné la mort d’un garçon de 23 ans promis à un bel avenir. Ce jeune homme était loin d’être un inconnu pour Jean-Luc. Bastien Payet avait en effet laissé un souvenir impérissable à la télévision. Candidat aux 12 coups de midi !, ce natif de Bétheny, près de Reims, avait échoué aux portes de la finale, le 26 juin dernier. Mais avant de quitter le plateau, il avait interprété en direct un slam de sa composition, bouleversant, dans lequel il évoquait les moments de bonheur partagés avec son père, puis le manque lorsque ce dernier avait quitté la maison, ne revenant que six années plus tard, pour les 17 ans de son fils.

Cette incroyable prestation avait profondément ému Jean-Luc, lui-même à la tête d’une joyeuse tribu de six enfants avec sa compagne Nathalie. « J’ai les frissons qui sont montés, mais alors ! On peut vraiment faire une ovation à Bastien ! » avait-il déclaré.


Un peu moins de neuf mois plus tard, ce ne sont pas des frissons d’émotion mais d’horreur qui ont dû saisir le présentateur lorsqu’il a appris l’horrible nouvelle.

Ce dimanche 10 mars, Bastien Payet, sauvagement agressé en pleine rue, au cœur de Reims, a succombé à ses blessures au centre hospitalier de la ville où il avait été admis en urgence.

Il est environ 3 heures du matin, ce dimanche 10 mars, lorsque le jeune homme, accompagné de deux copines, remonte la rue Jeanne-d’Arc de la Cité des sacres, quand il croise trois étudiants en BTS, dont l’un est visiblement très éméché. 

Comme l’a raconté un ami de la victime à nos confrères de France 3 Grand Est, les filles, qui marchaient devant, ont fait les frais d’une réflexion déplacée. Bastien, voulant prendre leur défense, aurait alors dit à l’auteur de la phrase indélicate : « On ne va pas rentrer là-dedans. »

Il n’en a pas fallu plus pour déclencher la colère du trio qui s’est alors jeté sur le malheureux, le rouant de coups de pied et de poing sur le corps et à la tête.

Les secours et la police, tout de suite alertés par les jeunes femmes, ont eu beau arriver très vite, le mal était fait. Sans connaissance, Bastien a été transporté en urgence à l’hôpital pendant que les policiers arrêtaient l’un des assaillants demeuré sur les lieux de l’agression. Ce dernier se trouvait, selon le procureur de la République de Reims, « dans un état d’alcoolisation avancée. »

Quant aux deux autres, ils ont été interpellés le lendemain après-midi. En garde à vue depuis, chacun se renvoie la balle, rejetant sur les deux autres la responsabilité des coups qui ont coûté la vie à leur victime. L’enquête devra déterminer la cause et le(s) coupable(s) de cet acte meurtrier.

Dans la ville de Reims, où Bastien suivait un cursus universitaire en droit, l’émotion est très vive. La barbarie gratuite de cet acte, commis en pleine rue, a choqué tout le monde. À commencer par les nombreuses personnes que côtoyait le jeune homme très impliqué dans la vie associative de la région. Membre des Ateliers slam.com, « Boust », comme l’avaient surnommé ses camarades, était aussi secrétaire et entraîneur du club de football de Saint-Brice-Courcelles, commune de l’agglomération rémoise.

Depuis l’annonce de son décès, les hommages se multiplient. Une marche blanche est prévue le dimanche 24 mars à Bétheny, pendant que les témoignages de sympathie s’accumulent. Parmi eux, celui de Christian Quesada, le champion hors catégorie des 12 coups de midi !, présent lors de la prestation de Bastien en juin dernier. « Assassiné lâchement par trois enc… à qui il reprochait des paroles déplacées envers des amies filles… Honteux, quelle tristesse ! Pensées à sa famille et ses proches !! », s’est-il indigné. 

Choqué, Jean-Luc Reichmann a, lui aussi, exprimé sa peine. « Ta voix s’est éteinte après que tu as été roué de coups dans la rue. Cet acte de violence est insoutenable, inadmissible, inacceptable. Toutes formes de violence sont intolérables ! », s’est insurgé l’animateur. Pensait-il également au jeune Marin, agressé à Lyon à coups de béquille sur la nuque, pour avoir pris, en novembre 2016, la défense d’un couple qui s’embrassait sur la voie publique ? Un acte courageux que ce jeune homme de 20 ans paye encore puisqu’il souffre de lourdes séquelles et d’importantes lésions cérébrales.

Bastien Payet aura, hélas, eu moins de « chance ». Mais, comme le confie Jean-Luc : « Tes paroles résonneront encore longtemps sur notre plateau, dans nos cœurs, et tu resteras une étoile scintillante, un exemple de la jeunesse bienveillante à l’égard de l’autre. C’est vers toi, tes proches et toute ta famille que mon cœur se tourne aujourd’hui. »

Lili CHABLIS

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